SCÈNE XII
MULLER, MOLDA.
MULLER, R lui-même.
Oui, oui... je serai fort... mais je voudrais bien le voir à ma place!... Allons, mon pauvre Muller!... il faut te cuirasser, mon ami... Voici le diable!,..
MOLDA entre, avec un petit panier au bras, dans lequel il y a un couvert, deux verres, une tranche de pâté truffé, une bouteille de cbampagne et une assiette de fruits.
Cet excellent M. Raab... En voilà un bon juge... Oh! il m’a bien renseignée... Il m’a dit qu’on avait jeté un sort à mon mari... et j’ai là... tout ce qu’il faut pour conjurer le sort!... (Elle montre le panier.) Il parait que c’est souverain!... et si cela ne suffisait pas... il y a moi!... Oh! ça... il a beau dire... c’est bien peu de chose. Mais je n’oserai pas... parce que, quand on
LA TIMBALE D’ARGENT
n’a pas l'habitude... (Elle R mis le courert. Elle regarde son msrl, qui suit ses mourements nrec effroi.) Essayons... Eli bien, monsieur Muller?... (Muller marmotte, comme s'il faisait sa prière.) Voilô OÙ nOUS en sommes arrivés... à nous séparer... (Muiier marmotte plus fort.) Et pourtant... si VOUS le vouliez... (Elle marche vers lui. — Il se détourne. — a part.) Il ne veut pas me regarder... Mais alors, s’il ne veut pas me regarder... ce n’est pas la peine d’avoir fait tant de frais!... Monsieur Muller!
Molda !
MOLDA.
Pour quelques heures que nous avons encore à passer ensemble... vous pourriez bien...
MULLER
Quoi?
MOLDA.
Je ne sais pas, moi... Est-ce que vous n’avez pas faim, monsieur Muller?
, MULLER
Oh! oui, tout de même.
MOLDA.
Il a faim!... il a faim!... Oh! comme il s’yconnalt, M.Raab, Eh bien, si vous ne voulez pas regarder votre femme... il ne vous est pas défendu de jeter un coup d’œil sur la table.
MULLER
Non, c’est vrai... je peux regarder une table... Tiens! qu’est-ce que c’est que ça ?
MOLDA.
C’est du pAlé de grives avec des truffes! (Muiier se recule »v»c effroi. )
MULLER
Je n’ai jamais mangé de ça... des truffes, ça me fait peur...