SCÈNE VIII
ce qui est des inquicludos, tout le monde en a, quand ce ne serait que dans les Jaoibes... (Seteearit, et quittant ta l<zbli! ainsi que mademoiselte Legascon.) Pour ma part, j'en ai plusieurs!..
MAUEVOISB1.LE LEGASCON.
Dans les jambes ?
iMiospr.B.
Non... autre part... Preiniornnient, une femme mariée qui m'adore et que j'aime ; secondement, une jeune fille à marier que j'adore et qui m'aime, faites l'addition.
MADEMOISELLE LEGASCON, O/uirl.
Deuj rivales !
raosi’Ea.
Si bien que plus je calcule, et plus je voudrais sortir de celte arithmétique d'inquiétudes... MADEMOISELt.e LEGASCON, à part.
El moi donc!
PKOSPEa.
. Si j'épouse la jeune fille qui m'aime et que j’adore, je suis marié, et cet étal est fertile on désagréments... on est à l'attache, on no peut aller nulle part, même à l’estaminet, sans avoir son épouse à ses trousses... Donc, vaut mieux rester garçon '... mais alors, on n’a pas non plus de postérité... à ses trousses... et ma race s'éteindrait..* cc qui serait dommage...
MADEMOISELLE LEGASCON.
Ab ! oui!
PBOSPER.
Donc, vaut mieux sc marior!., mais les eufanls qui en résultent déchirent leurs culottes, font enrager petite maman, petit papa, et ils nous demandent leurs élrcnnes... donc, vaut mieux rester garçon !.. Mais être privé d’une pelilefcmmo qui vous appartient, qui vous appelle Bichoi ou Loulou, qui vous apporte vos panlouQlcs et qui raccommode vos gilots !.. Oh ! le mariage est bien tentant!., mais quand la petite femme vous fait... oh! le mariage est bien terriblo!.. Enfin, voilà où j'en suis... je flotte entre le rist et le zest, oiUre le oui et le non.
Air de Henri ly en (amitié.
Cela vraiment n'a pas le sens commun :
Je suis tenté comme feu saint Antoine ,
Comme un baudet qui resterait à jeun.
Ayant à scs cAlés deux gros boisseaux d’avoine!
Bref, chaque jour, oui, je flotte incertain Entre une épouse, entre une amie.
Comme un badaud, qui Hutte le matin Entre sa canne ou bien son parapluie.
Voyons, parlez, dois-je courir après l'épouse légitime d'un autre... ou faut-il que je donne ma main?..
MADEMOISELLE LEGASCON, lut prenant la main.
Oui, donnez !..
PROsPEn, à part.
Eh bien! elle la prend pour elle!
MADEMOISELLE LEGASCON.
C’est pour vous tirer...
PHOSPEn.
Le bras... je le sens de reste.
MAOenulSELLE LEGASCON.
Non... votre bonne aventura... une consultation par la chiromancie...
PtlOSPER.
Cbiro quoi?
MADEMOISELLE LEGASCON, tenant toujouTS la main de Prosper,
Mancie... ou l'art d'indiquer la marche des événements par l’inspection des lignes...
PROSPER
Oh ! vous me chatouillez !
MADEMOISELLE LEGASCON.
Prêlez-moi toutes vos oreilles.
PROSPER , à part.
J’ai bien assez de lui prêter ma main... ficblro ! comme elle la serre!
MAnEMOISELLB LEGASCON.
Je vois d'abord au fond de votre paume... une bien belle paume !
PROSPER, à part.
Voudrait-elle m'empanmer ?
MADEMUISi.LLE LEGASCON. ^
J'y vois, dis-je, la lettre majuscule M parfaitement bien conformée, cc qui signifiu ; mariage, avec une femme parfaitement bien conforméo aussi I
PROSPER
Je me marierai donc ?
MADEMOISELLE LEGASCON.
Infailliblement, mais pa.s avec celle que vous vous croyez.
PROSPFJt.
Vous croyez? et avec qui donc?
MADEMOISELLE LEGASCON.
Avec la personne que j’aperçois dans colle ligne.
PROSPER
Air de La famille de l'apothicaire.
Dans une ligne de ma main.
Vous voyez ma femme... à quel signe!
■lAOeUOILELLE LEGASCON.
La ligne est uii guide certain :
On peut tout voir dans uue ligne.
Hier une buiiiie d'eufants A me consulter se résigne...
J’ai vu qu elle avait liais amants...
PROSPER
Eh ! quoi I trois amauls '
MADEMOISELLE LEGASCON.
Dans la ligne.
J'ai vu qu’elle avait trois amants,
Trois nouveaux amauts dans la ligue !
iO
Au surplus, js vais vous le faire voir plus clairement... je vais vous mettre la tête dans une chambre noire.
paosPKa.
Vons aller, mettre ma tête dans une chambre ? (Gaiement.) Et mon corps?
«ADEMOiSF.i.LE LF.CASCON, allant chercher une botte fermée à lai/uelle est adapté un (u6e conique noir, et la posant tur la table,
Soyer donc tranquille... vous fourrerer votre tAto là- dedans...
PBOSPF.a.
Ah! bien... je comprends... une lanterne magique. . (Il prend une chaise et s'assied, le visage, tourné du côté du cabinet où s’est réfugiée Cétarine.)
UADEUOISELLX LEGASCON.
Regarder bien ce fil... quand je vous dirai : Aller... voustirerer le fil et vous apercevrer celle que l'avenir vous réserve.
PBOSPER.
El il faudra que je l'épouse ?
liADElloiSEi,ui LECAScon, reprenant la botte et passant à gauche.
Avant quarante-huit heures, ou vous mourrer dans les vingt-quatre !
PROSPEB, se levant vivement.
Ah! mais... ahi mais... sera-t-elle jolie au moins?...
mademoiselle LRCAScOM.
Je la crois pas mal Vénus comme ça I pnosPEB, se rasseyant.
Si ça doit être uno Venu... voyons, coifformoi... (Mettant sa tête dans la botte.) Ah Dieu ! comme là-dedans il fait noir...
IIAUEMOISELLE LEGASCOM.
C'est de la magic blanche... Attention ! prenez le fil, et quand vous m'entendrez frapper dans la main ot dire ; Allez ! vous tirerez I. (Elle fait un détour et marche à petits pas en indiquant par tes gestes quelle se dispose à se placer devant Prosper.)
césARiME, entr’ ouvrant la porte du cabinet à droite, à elle-même ,
Je n'entouds plus parler.
MADEMOISELLE LECASooN. après avoir frappé dans
sa main.
Aller! (Au coup frappé par mademoiselle Legascon Prosper a tiré le fit et vu Césarine dont la porte (ut fait face. Mademoiselle I-egascon ne se pose entre Prosper et Césarine, quelle ne voit pas, qu’au moment où elle dit : Aller !„ En apercevant Césarine Prosper pousse un cri et se lève. A ce cri, Césarine referme nvement ta porte sur elle.)
• Mlle L. Pr.
Pr. Mlle l. Cés.
PROSPER, debout la tête dans la botte.
Ahl...
MADEMOISELLE LEOASCon, regagnant la gauche, à elle-même.
Il m'a vue!... que va-l-il dire? (Elle range la chaise de Prosper à gauche.)
PROPER, faisant de grands gestes avec la botte sur la tête ',
Ah! c'est incroy.vblo !
MADEMOISELLE LEGASCOM, l'obseTVant Gl’fC fnquiéluds, à part.
Il a l'air bien agité.
PROSPER, regardant du cdté où il a aperçu Césarine, et tirant le fil de la botte qu'il a toujours aur la tête.
Et plusnen !... complètement invisible!. . (Il relire la botte et la met sous son bras.)
MADEMOISELLE LEGASCON, à part.
Parbleu I il me tourne le dos! (Haut à Prosper.) Eh bien ! jeune bomme. comment la trouvezvous, votre future épouse?
PROSPER, sans l'écouter, à lui-même.
Césarine dans la lanterne!.. (Elevant la voix.) Ab ! quel phénomène!
MADEMOISELLE LEGASCON , avee joie.
Votre future?
PROSPER
Non... celte aventure... je la trouve bien désagréable ! (A part.) J'aurais bien mieux aimé voir Cécile !..
MADEMOISELLE LEGASCON.
Vous dites?
PROSPER
Je dis que me voilà joli garçon... être obligé d'attendre peut-être dix ans, pour qu'ello soit ! veuve...
HinEMOISELLE LEGASCON.
Veuve !... mais elle n'est pas mariée.
pRospKn.
l'as mariée !...
Jamais! (A part ) Est-ce que Cavagnoux se serait permis de lui dire?..
PROSPER
Du moment qu'il n'y a pas de mari là-dedans, et qu'il n'a aucun droit...
MADEMOISELLE LEGASCON.
Il n'en a pas... Je vous jure qu'il n'en a pas ! raospER.
Alors, nous pourrions nous marier tout de suite!
MADEMOISELLE LEGASCON.
Vraiment !
PROSPEB.
Tiens... qu' est-ce qui (lourrait nous en empêcher?... Quoique je fasse une réflexion. (A lui-
• Mlle L. Pr.