‹ La tireuse de cartes vaudeville en un acteChapitre 16 sur 27 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

même.) Si ce n’est pas son mari, c'est donc son amant?

hademois'ei.le legascom, qui l'a entendu.

Du tout... c’est mon domestique.

PBOSPEH.

Votre domestique... à vous... ce vieux drôle P (H rit.)

MADEHOISELLE LECASCON, riOnl.

Oui, oui... c'est assez farce !

PEOSPEU.

Il faut ôtrc chez des tireuses do cartes pour croire à de parcilte.s choses:... Ah! c'est votre domestique !... (Il va déposer ta chambre noire, qu’il avait gardée sous sou bras, sur uns chaise au fond, contre la cheminée.)

SCÉNK IX.

Les mêmes , LEDUC ’.

LBDL'c, entrant par la première porte o gauche,

à lui-méme.

Midi juste !... enfin jo vais savoir do quoi il retourne?

paospEH, à part, se retournant.

Ah ! le voici ! (U descend la scène.)

MADEMOISELLE LECAScoN, apercevant Leduc,

à part.

Encore! Je vais le flanquer à la porte!

LEDi’c, voyant Pros/irr.

Tiens... vous voilà, jeune lampiste!

PBOSPEn.

Tiens! vous voilà aussi, vous! Ah! bien! bon! c'est bon !

MADEMOISELLE LEGASCOM, à tlU-méme.

lisse connaissent !...

LE non, O Prosper.

Vous avez vendu, la dernière fois, une bien mauvaise lampe à mon épouse!

pnosPER, O part.

Son épouse I (Haut, à Leduc.) .\h ! farceur, va ! vieux farceur!

LE DUC

Monsieur!...

PROSPER

Elle est tout de mémo bigrement gentille, votre maltres.sc!

LEDUC

Hein!... Ah ça! polisson !...

PROSPER

Il m'appelle polisson, ce domestique!

LEDUC

Il m'appelle domestique, ce poliscson ! (Courant après Prosper, qui st réfugie à gauche, et saisissant une chaise ; à mademoiselle Legascon, qui s'est placée entre eux.) Otez-vous, Madame, ôtezvous, que je l'assomme !

MADEMOISELLE LEGASCOM", suppliant.

Messieurs I mc-sieurs I (Prosper, de son cdté, a

•l. Mlle l..•l’r,

•• Pi . Mlle L L.

saisi deux chaises ; de l’une il s'est fait une arme, de l’autre un houclier. — Tableau. — Pote de Romulus , Tatius et IlersUie, dons l’enlèvement des Sahines.)

cÉSARiME, paraissant à la porte du cabinet de droite, qu’elle referme vivement après avoir vu Leduc.

Mon mari !

PROSPER, à Leduc.

Comment! vous n’èlps pas le subalterne, le groom, le laquais de Madame ?

MADEMOISELLE LEGASCOM, Hunt.

Lui !

PROSPER, à lui-méme.

Aussi, je trouvais ça bien invraisemblable... (Il replace ses chaises, ainsi que Leduc la sienne.)

MADEMOISELLE LEGVSCOM, O LeduC.

Ah ! j’y suis !... Il vous disait que votre maîtresse était bigrement gentille, parce qu'il vous

croyait mon domestique C'était de moi qu'il

vous parlait!

PROSPER , à part.

Plalt-il?

MADEMOISELLE LEGASCOM, riant, A Leduc.

Il vous confondait avec Cavagnoiix! (A Prosper.) Mais Mon.sienr ne s'appelle pas Cavagnoox! V’ous confondez avec Cavagnoux !

PROSPER. à part.

Je confonds avec... C'est elle, au contraire, qui me confond avec toutes ses bêtises!

LEDUC, à mademoiselle Legascon, qui lui parle bas.)

Eh bien ! oui, c'était une erreur... 11 se trompait. (Elevant la voix avec intention.) Mais qu'il ne s'avise plus do se lrum|ier comme ça! Voyons, voyons, Mad.ame, reiivoyez-le... et procédons vite... (Confidentiellement.) Où est le moka? MADEMOISELLE LEGASCOM, lui désignant le pot sur la cheminée.

Dans ce pot.

prosper’, passant prés de Leduc, çui va chercher le pot.

Est-ce que vous croyez que j'ai peur?

LEDUC, te retournant avec le pot, qu'il pose sur ta table.

Mais allez-vous en donc. Monsieur. (Prosper repasse vivement a gauche, et va pour sortir.) MADEMOISELLE LEGASCOM, bas en l'arrêtant.

Son.... (Lui montrant la cuisine.) Dans ce cabinet... J'ai les choses les plus importantes à vous dire.

LEDUC, qui s'esi assis prés de la table.

Je n'ai pas trouvé ma femme chez moi I PROSPER, 6as, à mademoiselle Legascon.

Sa femme!

MADEMOISELLE LEGASCOM, bat.

Puisqu'ils sont mariés!

• Mlle L. Pr. L.

•• Pr. Mlle L. L.

PROSPER, à lui-même.

Mariés à présont !

LEDUC, c intinuanl sa pensée, à haute uotx.

Et qu'est -elle devenue? où est-elle?..

MADEUOISELLF. LEGASCON, l'Os à l’rOSpeT , «tl /ui 10-

Jitjuant le ca'jinet Je droite.

Elle est là !..

PROSPER, gagnant tout doucement ta porte de la cuûâne. à lui-même “.

Césanne !.. (Goternnit.) Ah! je comprends la lanterne!.. (Il entre dans ta cuisine, dont il lient ta porte entrebâillée.)

MADEMOISELLE LEGASCON, allant à la porte de sortie, quelle rnlr'ouvre, et parlant au dehors.

Au revoir. Monsieur!., bien le bonjour. Monsieur !..

LEDUC, sori ont de sa préoccupation, se levant et regardant autour de lui.

Bien!., il a disparu!.. Entre nous. Madame, «'est ce même jeune homme que Je suspecte I MADEMOISELLE LEGASCON.

Quelle bêtise !..

LEDUC

Et que je tuerai... si je le trouve sous le même toit que mon épouse !

PROSPER, à part.

Fichtre ! {Il s'enferme vivement dans la cuisisse.)

LEDUC "

Mais le marc va me dire... failes-le s'expliquer...

MADEMOISELLE LEGASCON, Ù part.

Au fait, c’est un moyen pour lui prouver qu'il se tronqie, et faire liler sa femme. (Haut.) Vous voulez qu'il s'explique... vous allez être satisfait.

LEDUC

Et comment ça va-i-il opérer?

MADEMOISELLE LEGASCON.

D'une manière bien naturelle... c'est simple comme bonjour !.. Si votre femme vous trompe, vous verrez les choses les plus extraordinaires... Par exemple... le diable!...

LEDUC

Ah ! diable !.. et ses cornes ?..

Avec ou sans ses cornes!

LEDUC

Et si au contraire ma femme m’est fidèle?..

MADEMOISELLE LEGASCON.

Alors, VOUS ne verrez rien... Ni cornes... ni... LEDUC.

Dieu ! si j'allais voir!...

Air de Jeannette.

Si le nuire est bav.vrd.

Devant lui je m'incline :

• Mlle L. l* •• r. L.

•• BUe L. l.

Puisque le marc devine.

Faites parler le marc.

Pour qu'il ait ta puissance Que lui dunne votre art.

Exprimez de ce marc Jusqu'à la qninlcssence.

Bref ! pour qu'il dise tout, (bis.)

Poussez ce marc a liuut!

HADEMOISEDLE LEGASCON.

C’est bon... c'est bon... Mettez-vous là... (Elle la fait asseoir enire le mur et la table , de façon à ce qu'il tourne le dos au cabinet où est sa femme.) Baissez-vous... et prenez garde (jurj la vision ne vouséchappoi (Elle tousse comme pour donner un signal à Césarine.)

Limuc, regardant dans le fond du pot.

Qu'est-ce que c'est que ce noir?..

MADEMOISELLE LEGASCON.

Votre marc do café !

LEDUC

Dieu I comme il sent le tabac !

MADEMOISELLE LEGASCON.

C’est qu il a subi une opération chimérique.

LEDUC

Chimique, vous voulez dire I

MADEMOISELLE LEGASCON.

Silence ! (Lui recouvrant la tête avec un pan du tapis de la table.) Et regardez bien atlentivcincnt ce qui se passe là sleduns... Je vais faire mon évocation. (Musique mystérieuse.)

LEDUC, la tête sous le tapis.

Allez, mais dépêchez-vous... car cette oJeur-U me monte au nezl

MADEMOISELLE LEGASCON, après avoir toussé de

nouveau avec intention , se tournant du côte

où est Césarine.

Imprudenta épousa, madama Leduca... filez vite !

LEDUC, dlsniuant.

Atebum I

MADEMOISELLE LEGASCON.

Dieu vous bén... (Dans ce moment, Leduc relève sa tête toute noircie par te noir de fumée. Effrayée à cette vue.) Ab! c'est le diable! (Elle se sauve par la porte de sortie.)

CÉSARINE, sortant de son cabinet.

Le diable!.. (/Iperceoant Leduc qui s’est lève et est au milieu de la chambre.) Ah'... (Elle se sauve à son tour par ta même porte.)

LEDUC, furieux.

Ma femme !

PROSPER, sortant de la cuisine.

Qu'est-co qu'il y a?., (t'oyant Leduc.) Ah !..

LEDUC, l'apercevant.

Ah! les misérables! Ensemblo!.. (Il le poursuit. Prosper s'enfuit au dehors. — Il va se jirècipüer sur ses pas, au moment où Cavagneux accourt au bruit, par la deuxième porte a gauche. Ils se jettent l'un dans l'autre, et en regardant à la

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