FIO. 6. - LA DUSSE AUX SERPENTS ^ » FIO. 6. - LA DÉESSE AUX SERPENTS
DE cNossos (FACE) ^^^ empruntées de cnossos <oo«)
aux êtres des profondeurs de la mer ou à la plus suave poésie de la flore, d'après les fresques du palais de Cnossc, notamment de la paroi aux touffes de liliacées, d'après les incrustations aux brillantes couleurs et l'orfèvrerie aux contours sinueux.
Les fouilles de Schliemann à Mycènes et celles d'Evans à Cnossos nous ont fait connaître d'une façon très suffisante le vêtement égéen et ce vêtement a évoqué des comparaisons avec la parure parisienne de ^*^' f- - reconstitutions de jupes de mode éoéENNE nos xviii* et xix« siècles. Ce furent d'abord la statuette de bronze conservée au musée de Berlin, ensuite des idoles en terre cuite ou des fragments de
Statuettes en ivoire provenant des acropoles de Tirynthe et de Mycènes, puis
les documents éblouissants de Cnossos : la Déesse
aux Serpents (fig. 5 et 6), les modèles de viicmenis (fig. 7), ex-votos en faïence', h fresque des danseuses,
La femme igimne est vôtue d'un corsage cousu i qui dessine les formes de la gorge; elle se plaît à serrer fortement sa taille dans une ceinture de cuir ou de métal; elle porte une jupe en étoflFe à grands dessins (carreaux, fig. 8, ou arabesques, fig. 5, 6 et 7) ou à surfaces brodées, ornée de volants et s'élargissant dans le bas (fig. 10). Sur le devant de la robe, nous voyons parfois, au milieu des volants ondulés, comme un petit tablier décoré d'une broderie exquise (fig. 5 et 6).
Il ne semble pas que la Grèce d'Europe ait suivi fidèlement cette mode ; on a signalé dés cette époque une espèce de chiton aux lignes plus modestes. Peut-être l'un est-il l'habillement indigène des simples, l'autre fastueux et de mode étrangère, celui adopté par les puissants. Un petit vase corinthien du Musée du Louvre nous
%*« x-^« tv, v«o pi^ ^ VÊTEMENT ÉQÉEN
montre, dans la
représentation d'une ancienne divinité asia- ' tique*, la lointaine réminiscence du costume de la Déesse aux Serpents de Cnossos (fig. 9). L'art égéen paraît avoir été étouffé en plein épanouissement par l'invasion des Doriens et semble disparaître dans le remous des peuples chassés par les envahisseurs; c'est du moins l'explication la plus plausible que l'on puisse donner de ' ^'^ la nuit artistique épandue aux xii-viii* siècles
FIQ. 9. — DÉESSE ASIATIQUE [^ /
SUR UN VASE CORINTHIEN DU LOUVRE avant 1 ère chrétieune.
1. Les idoles primitives en bois (Çoava) étaient prohnblenicnt revêtues de riclies robes brodées, et on oflfrait dux sanctuaires des robes. Pausanias (VIII, 5, )) nous transmet une tradition selon laquelle Laodicée, fille d*Aeapénor, roi de Tégée, un des héros homériques, aurait envoyé de Chypre un péplos au sanctuaire d'Athéné, à Tégée.
2. On la connaît sous le nom é'Art/mis Persiqtte; mais M. Studnicxkay voit la Nymphe K\Téné et pense à une origine purement grecque (Kyréné, p. 145).
Lb Musée. )6
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Studniczka et Helbig ont patiemment reconstitué, daprés les textes et les monuments, le costume hellénique d Tépoque de l'épopée d'Homère. L'influence de l'Asie se faisait fortement sentir : on aimait le luxe des couleurs et des formes bizarres : les femmes attendaient avec impatience les pacotilles précieuses des marchands phéniciens; elles employaient aux brode-
ries et A la confection des vêtements les
esclaves sidoniennes.
Helbig a tracé de main de maître la description de la toilette féminine telle qu'elle apparut aux Achéens, en Asie Mineure, sous l'influence phénicienne, et telle que probablement ils l'implantèrent alors chez eux.
« lui figure iT Hélène ne correspœul guère au type classique : le corps puissant est babillé (Tun péplos bigarré^ richement orné, imprégné d'un parfum pénétrant, bien serré à la taille ; tendus sur les épaules, les bords supérieurs du vêtement retombent sur le sein où ils sotit attachés de chaque côté avec une agrafe iFor, Sur le bord s'étale le hormos dont Fambre rouge produit avec For des parties ccmstitutives du costume un vigoureux contraste de cotdeurs, La chevelure est disposée en nattes artificielles, La tite est peut-être surmontée d'un bonnet haut et
FIQ. 10. - ACOLYTE DE LA DÉESSE AUX SERPENTS ^'''*^'^' ^^^^^ ^" ''"''^" A''' ^'" bOUrrclct de
DE cNossos coideur, pendant que sur le devant brille
/'ampyx iFor. Le voile, parlant de la coiffe, couvre les épaules et le dos; fait de toile iTune blancheur éclatante, il est comme une douce apparition pour les yeux au mdicu du chatoiement des couleurs et du miroitement des métaux qui dominent sur le devant du péplos. Partout des formes conveîUionnelles et une magnificefice qui rappelle r Orient ; nulle part cet abandon plein de dignité et cette harmonie si simple qui caractérisent le véritable hellénisme, »
Cependant cette simplicité dormait au fond de la pensée hellénique et nous verrons les (irecs d1:uropc peu ;\ peu rejeter le faste encombrant dû d l'infiltration orientale et retenir seulement comme un parfum de la voluptueuse sensibilité asiatique.
LA TôiLînTR Des rnMMns GRncauns 287
L'Asiatique, de temps immémorial, a toujours préféré la femme indolente, surchargée d'ornements : il aimait, dans sa lourde sensualité, à voir la nudité sortant comme d'un écrin précieux; le Grec, au contraire, aimait les formes sveltes que dcvssinent des vêtements souples et enveloppants; tout ce qui cachait, môme momentanément, la beauté de la ligne lui répugnait. Là est le secret de la simplicité de l'habillement dorien et le germe de noble souplesse de la sculpture hellénique.
L'épopée homérique mentionne deux sortes de vêtements : le béanos RÉMINISCENCE DU OU péplos ct le phiiros. Le héanos, COSTUME HOMÉRIQUE j^^^ Je laiue carrée ou rectangu-
(VAS! ATTIQOf OU LOUVRE) . 1 l • 1 1
laire, était serré autour de la taille par une ceinture de cuir et ramené autour des épaules, où, dépassant d'un tiers la hauteur de la '^'°- f - costume italique
* ' » r D'ÉPOQUE TRÈS RECULÉE
personne, il était rabattu sur la poitrine et le dos;
on le maintenait sur les épaules et sur le côté ouvert au moyen d agrafes ou de points de couture — le péplos qu'Antinous donna à Pénélope avait douze agrafes d'or (jOd. XVIII, 292). Le pharos était une espèce de chemise; il était formé de deux pièces de toile carrées ou rectangulaires et d'égale grandeur, appliquées l'une contre l'autre et cousues sur les deux côtés jusqu'à une petite distance de l'angle supérieur. On serrait le phares à la taille par un cordon (î^civYj) et on laissait retomber une partie de l'étoffe au-dessus de cette ceinture formant bouffant par devant, tandis que le bas de la robe traînait par derrière (fig. 11). La tête était couverte d'un voile (kalyptra ou kalymna, fig. 11) et les règles de la convenance prescrivaient aux femmes de tenir le voile devant la joue lorsqu'elles conversaient avec des hommes. Dans l'hymne à Déméter, les femmes grecques sont désignées par l'épithèle PaOïiî^iovo^, qui indique la courbure profonde de la ceinture, et qu'il faut traduire : remarquable par sa taille svclte.
Au vn*^ et au vi^ siècles le vêlement grec par excellence est le péplos dorien en laine ; seulement, tandis que dans les rudes pays doriens, à Sparte surtout, on continue longtemps à porter ce costume directement sur la peau — d'où l'épithéte de pLovoiriiiXo^ employée par lluripide pour désigner une
jeune fille dorienne — en Attique, dès la première moitié du vi*^ siècle, l'infiltration du luxe ionien fit adopter souvent le chiton de toile en guise de chemise sous le péplos. On voit pourtant en plein VI* siècle des exemples attiques, où, malgré le plus grand luxe, les femmes ne paraissent pas porter de chiton sous le péplos (fig. 15, tirée d'un vase signé par Amasis. Cabinet de France, coll. de Luynes>.
A Corinthe, la vieille cité
phénicienne, sous les gouvernements opulents
des Bacchiades et des Kypsélides, on fabriquait
des étoffes pré-
FIQ. 13.