FIQ. 23. — COIFFURES 6UR 0E8 VASES ATTIQUES DU V« SIÈCLE
manches ; c'est probablement le xàvSuç perse. Sur un vase de la collection
Canessa, une jeune femme, probablement une esclave, est habillée d'une robe cousue, d longues et étroites manches (fig. 22, comparer avec le costume de la jeune fille qui assiste à la toilette symbolique d'Hégésô sur la célèbre stèle attique au Céramique d'Athènes). Mais quelquesuns de ces vêtements étrangers paraissent avoir été adoptés par des Athéniennes capricieuses ; on cite un beau lécythe athénien au Louvre représentant une femme vêtue de deux tuniques, celle de dessous, distincte par sa couleur, à longues manches fermées aux poignets. Le V* siècle vit se développer sous mille formes diverses la mode du kékryphale, espèce de foulard de soie, de toile ou de laine, souvent de couleurs brillantes, qu'on enveloppait autour de la tète (fig. 23). L'épithète M(Xy](T(oç qui est jointe quelquefois au mot xexpu^aXo; paraît indiquer une origine ionienne. On le portait en forme de bonnet à sac (^sakkos), de fronde (spbetidané, ou quand il était noué au front formant fronde par derrière, opistbosphetiJoné), de casque, etc. Souvent la chevelure était parée de bandelettes ou retenue par une résille de soie ou de fils d'or. Q^iand les femmes prenaient part à des fêtes religieuses, elles piquaient dans les plis du kékryphale ou dans les spirales des bandelettes, des feuilles ou des fleurs des plantes chères aux dieux.
Le IV* siècle fut pour la Grèce un siècle de gloire artistique, mais le ni* siècle vit commencer la lente agonie de l'art grec. Le costume purement grec dans sa simplicité pleine de charme se retrouve heureusement préservé dans certaines contrées. Des fragments d'un voyage en Grèce attribués à Hérakleidès et écrits entre 260 et 247 avant J.-C. (Fragtn. bist. graec. de Muller,
X j 111 1 . FIQ. 24— MONNAIE
II, p. 225, etc.), donnent des détails intéressants sur la toilette demétaponte des femmes thébaines, voisines des Tanagréennes, célébrées par la poétesse
LA ToiLirrrE des fommi-s grecques
mVMWJ^SlJ.^A^L^MV^Kii).^J^^^
Corinne et dont les fragiles statuettes de terre cuite nous donnent une si charmante vision.
« Lci partie de leur Jnmation — dit Fauteur de ce voyage — qui fonne voile au-dessus de leur tête, est disposée de telle sorte que le visage est réduit aux proportions (Fun petit masque; les yeux seuls sont à découvert et tout le reste est caché sous le vêteweut. Elles portent une chaussure mince, basse et étroite, de couleur rouge; ces bottines sont si bien lacées que le pied semble presque nu.
Leurs cheveux sont blonds, ramenés en
touffe sur le sommet de la tête; les indigènes donnent à cette coiffure le nom de Xa[XTca6(ov, petite lampe. » Une monnaie de Métaponte nous donne un charmant exemple de cette coiffure (fig. 24.)
Mais peu ^ peu le goût inné des Grecs pour la simplicité s'efface devant l'influence du luxe asiatique. On a dit que l'art grec s'est éteint en souriant et en faisant l'éducation du monde. A partir du in^ siècle, on peut dire que le génie grec a émigré de la Grèce, et en émigrant il s'est paré de ce luxe oriental contre lequel il avait tant lutté. La magnificence de Pergame, l'opulence du Bosphore, le luxe spirituel d'Alexandrie, le faste syrien et la gaie somptuosité de la Campanie ont surgi au souffle de l'âme grecque expirante.
Transportons-nous en Italie, dans cette riante Campanie qui resta si long-