III. — LES TRAUMATISMES PASSIFS
Corps étrangers préalables à la grossesse. — Les corps étrangers intra-utérins ne sont pas rares, mais peu communs sont les cas où une grossesse se soit développée en leur contact et ait atteint le terme. Ce sont les corps stériles inoffensifs et non traumatisants qui s'adaptent bien aux conditions locales, tels que des tampons de coton ou de gaze (obs. 61, 63) ou même un placenta, reliquat d’une grossesse antérieure (obs. 62).
L'observation 64 signale cependant qu’une épingle à cheveux a séjourné pendant quatre grossesses consécutives dans la cavité utérine, un fil d'argent dans l'observation 65.
Dans ces quatre cas, aucune réaction d’intolérance ne s'est manifestée pendant la gestation !
Corps étrangers contemporains à la grossesse
L'introduction d’un corps étranger dans l’utérus gravide constitue déjà à elle seule un traumatisme grave qui interrompt le plus souvent la grossesse. Quelles doivent être les ressources de la tolérance utérine lorsqu'un tel corps séjourne sans action nocive dans sa cavité ?
Dans la plupart des cas, cette tolérance n’est que temporaire (obs. 69, 70). Les femmes des observations 66, 67, 68 menèrent leurs grossesses à terme sans aucune réaction et avec le placenta apparurent les corps étrangers.
RELATIONS DES COMPORTEMENTS UTÉRINS AVEC L'ÉPOQUE DE LA GROSSESSE L'époque où survient le traumatisme a son importance. Qua-
trième et huitième mois seraient le plus dangereux. Théoriquement, on devrait admettre que c’est surtout à la fin de la gros-
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sesse que l'interruption doit survenir. MASSOT trouve que lPavortement par traumatisme est fréquent dans l’ordre suivant : deuxième, troisième, quatrième, huitième, neuvième, cinquième, sixième, septième mois. Nous n'avons pu contrôler l’exactitude de ces chiffres. II est démontré pour les interventions chirurgicales que le deuxième, troisième, quatrième mois constitue le moment de choix avec un minimum de risques d’avortement.
On peut diviser, au point de vue accident, avec SEITZ, la grossesse en deux périodes, l’une comprenant les quatre premiers mois, l’autre tout le reste, surtout les trois derniers mois.
Ce n’est que vers la fin du quatrième mois que le placenta est nettement individualisé et que l’œuf remplit toute la cavité utérine. L’agrippement des villosités choréales est relativement fragile dans les premiers mois. Tout l’organisme féminin et surtout la sphère génitale est en transiormation sous la dépendance du système neuro-végétatif.
Le maximum de toutes les interruptions traumatiques a lieu dans les qtatre premiers mois (70 %). Le troisième mois tient le plus haut pourcentage avec 40 %. Quant aux traumatismes à incriminer, il s’agit surtout de chocs, secousses, sauts, chutes, augmentation brusque de la pression abdominale.
Dans la seconde moitié de la grossesse, ces traumatismes ne jouent qu'un petit rôle, tout le système est devenu plus stable. Le danger provient d’autres facteurs. La proéminence du ventre trouble facilement l’équilibre statique de la femme enceinte et le poids augmenté accroît la violence d’une chute. Si les accidents sont rares à cette époque, cela tient aux précautions que prennent alors les femmes. La vulnérabilité de l'organisme gravide est augmentée, de même la tendance aux hémorragies; mais le plus exposé est l'utérus lui-même, qui est devenu un organe abdominal et ne peut plus fuir devant l'obstacle.
Les réactions sont alors différentes suivant les parties atteintes: