II. — LES TRAUMATISMES OPÉRATOIRES
Sauf dans le cas d'urgence, le chirurgien a la possibilité de choisir les conditions les meilleures; il peut limiter l’acte opératoire à son strict minimum, alors que les traumatismes accidentels frappent n'importe où dans des circonstances souvent défavorables et que leur action est plus complexe. Aussi, les résultats sont-ils généralement heureux et encourageants. Il y a cependant un risque imprévisible qui limite les indications opératoires.
Ici encore, le siège du traumatisme joue d’une première importance.
Opérations extra-génitales. — Plus l'intervention est “éloignée de la zone génitale, moins on doit craindre une influence nocive sur la grossesse. L'intervention sur le sein joue à tort ou à raison d’une mauvaise réputation.. Les opérations pratiquées au moment de choix, le pourcentage d’avortement est alors réduit. Il n’est que de 6 % pour l’appendicite au quatrième mois. Même dans un cas de splénectomie pour rupture, la gestation est allée à terme (obs. 30). |
Opérations génitales par voie basse
Les chirurgiens redoutent d'intervenir sur la zone génitale inférieure, riche en vaisseaux et en nerfs. Une nocivité particulière n’est pas démontrée. Les opérations sur le col utérin ont un pronostic favorable (obs. 31, 32), leur répétion semble plus dangereuse.
Dans les manœuvres intra-utérines qui lèsent l'œuf, l’interruption de la grossesse suit plus ou moins immédiatement le traumatisme, ce qui n’a rien de surprenant. Mais combien est-on étonné de voir la grossesse résister à des injures aussi graves : l’introduction d’instrument avec ou sans perforation utérine, des tamponnements, des injections, n’ont pas interrompu la grossesse-obs. 33:34:35: 37,139) 40; 42 1434514048 5152} Dans d’autres cas de même nature, la réaction ne s’est faite qu'avec un retard de plusieurs mois (obs. 36, 38, 44, 47, 49, 50, 53). Alors, l'œuf a été atteint, mais insuffisamment, et la lésion s’est aggravée dans la suite. Dans deux cas (obs. 54, 55), la grossesse est allée à terme malgré le curetage pratiqué par un médecin.
Pour expliquer les phénomènes de cette grande tolérance utérine on peut supposer que l'œuf ait échappé à l’agent vulnérant et qu'il se soit agit d’utérus particulièrement impassibles.
Par voie haute:
On aura que rarement à intervenir par annexistes (obs. 56) ou kyste de l’ovaire (obs. 57). D'une fréquence croissante sont les myomectomies qui donnent de très bons résultats (obs. 60). Le pourcentage d’avortement n’est que de 8 % au troisième
mois. Les fibromes pédiculés donnent le moins de réaction. Même la cavité utérine a pu être ouverte sans interruption de la grossesse (obs. 59). ROULLAND (obs. 58) pouvair perforer la poche des eaux, mais l’écoulement de liquide amniotique s’arrêtait vite et la gestation allait presque à terme.