‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 34 sur 37 · I. — Pour atténuer la réaction · texte numérisé non relu

I. — Pour atténuer la réaction

1° TRAUMATISMES ACCIDENTELS a) Prévention

S'il n’est pas toujours possible d'éviter les traumatismes, la femme enceinte doit prendre toutes les précautions pour ne pas s’y exposer. Elle évitera l’excès des rapports sexuels et les voyages, surtout effectués en voiture mal suspendue, et au moment correspondant à la période des règles, en particulier à l'approche du terme. Lorsqu'un voyage est absolument nécessaire, il est prudent de faire prendre à la femme, un lavement laudanisé avant le départ.

b) Menace d’avortement

On aura recours au traitement classique par le repos et les calmants de la contraction utérine. Le repos au lit doit être absolu. On facilitera l'évacuation des matières par des laxatifs ou des lavements, car l’encombrement rectal favorise la congestion utérine.

Pour diminuer l’irritabilité utérine et pour calmer les contractions, on s’adresse surtout aux opiacés. On donne quinze à vingt-cinq gouttes de laudanum dans un lavement d’eau tiède de 40 à 50 centimètres cubes que l’on peut répéter plusieurs fois par jour. Pour aller vite, on préfère la morphine dont l’action est plus rapide et on injecte un à quatre centigrammes en vingtauatre heures.

Comme indication seconde, d’aucuns emploient encore le viburnum prunifolium sous forme d’extraît à la dose de quatre à six grammes en potion (LONGO).

La femme ne se lèvera que plusieurs jours après cessation de toute menace d’avortement.

Bien entendu, toutes les complications chirurgicales du traumatisme seront traitées suivant les règles habituelles.

2° TRAUMATISMES OPÉRATOIRES

Ici la conduite à tenir est d’une importance extrême. Il en dépend souvent les bons résultats ou les échecs, La pratique et la théorie donnent un certain nombre de facteurs qui permettent de choisir un moment opportun à l’intervention, d'empêcher la mise en jeu de l’irritabilité utérine, de diminuer les excitations

opératoires et de calmer les contractions utérines.

a) Avant l'opération.

Il faut éviter d'opérer pendant la période correspondant à la date présumée des règles.

On peut préparer les malades, surtout les femmes nerveuses, avant l'opération.

HELLENDALL attribue ses heureux résultats à cette préparation : il donne soit O gr. 50 de véronal et O0 gr. 04 de pantopon, soit O gr. 04 de laudanum et O gr. 0006 de scopolomine.

b) Pendant l'opération

a) ANESTHÉSIE. — Il ne semble pas que l’anesthésie joue de rôle. Tous les anesthésiques agissent en inhibiteurs de la contraction utérine, mais il peut avoir aussi une action nocive sur le fœtus, plus prononcée pour le chloroforme que pour l’éther. On choisira donc plutôt l’anesthésie à l’éther (HELLENDALL). WILLE recommande l’anesthésie locale.

b) TECHNIQUE OPÉRATOIRE. — On ne saurait assez insister sur son importance surtout dans les interventions partout sur la zone génitale. L’excitation mécanique de l'utérus est un danger pour le fœtus. Il faut éviter tout traumatisme inutile de l’utérus et des annexes. On choisira la voie d’accès la plus indiquée. Ne pas extérioriser l'utérus puisque le refroidissement provoque des contractions, ni tirer sur le ligament, puisque l’élongation des pédicules peut réaliser la mort de l’enfant par ischémie.

L’hémostase doit être bien soigneuse pour éviter les hémorragies post-opératoires qui, en augmentant la tension intra-utérine provoquent des contractions.

On suturera la paroi utérine au fil de lin et on péritonisera à l’aide d’un surjet au catgut.

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