‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 8 sur 37 · INTERET DE LA QUESTION · texte numérisé non relu

INTERET DE LA QUESTION

L'influence du traumatisme sur la grossesse fut observée depuis toujours et déjà, dans l’antiquité nous trouvons des velléités de protection de la femme enceinte contre les violences extérieures.

Les anciens auteurs citent bien des cas où la grossesse a résisté à des traumatismes violents, mais ils ont plutôt tendance à s'étonner de cette tolérance utérine et ne donnent pas d’autres explications. MAURICEAU insiste déjà plus sur l’action souvent paradoxale et en général variable du traumatisme sur la grossesse.

Ce n’est qu'à partir de 1870, que nous entrons dans l'ère scientifique de la question.

Alors que B. VERNEUIL, VALETTE, PETIT se montraient hésitants et quelque plus sceptiques à l'égard de l’innocuité des traumatismes au cours de la grossesse, MASsOT affirmait déjà qu'ils ne troublent point celle-ci, et lui permettent d'évoluer normalement. Mais c’est surtout à GUÉNIOT que revient le mérite d’avoir insisté sur l’importance capitale de la prédisposition à l’avortement, tenant à des causes pathologiques, et de la susceptibilité individuelle. Ses conclusions sont encore aujourd’hui admises dans leurs grandes lignes.

Bien que TARNIER ne pût attacher d'importance à l’utérus irritable, inventé par GUÉNIOT pour les besoins de la cause, la notion de la susceptibilité individuelle s’est maintenue et semble trouver une confirmation physiologique par l'étude encore imparfaite du système neuro-végétatif.

Après l’avènement des découvertes de PASTEUR, et l’introduction de l’asepsie opératoire, les chirurgiens n’hésitaient plus à intervenir chez la femme enceinte et constataient que les dangers ne sont pas chez elle beaucoup plus grands que chez la femme en état de vacuité. Les progrès de la technique opératoire, le perfectionnement de l’outillage chirurgical, les soins anté-et postopératoires ont permis d'intervenir sur l’utérus gravide lui-même sans interrompre la grossesse.

Il ne semble pas, à priori, que notre sujet soit une question d'actualité. Les publications ne sont pas trop fréquentes et les auteurs obéissent souvent au seul désir de signaler une curiosité. Et, cependant, le problème est d’une assez grande importance pratique.

De nos jours, les bons résultats incitent de plus en plus d’élargir l’indication opératoire pendant la grossesse.

En effet, nombreuses sont les interventions pratiquées sur l'utérus gravide lui-même. N’est-il pas alors d’un grand intérêt de prévoir dans une certaine mesure au moins, la réponse de l'utérus aux facteurs traumatisants et de prévenir les répercussions fâcheuses possibies ?

La vie moderne et ses multiplés moyens de locomotion exposent fréquemment la femme enceinte aux traumatismes accidentels. Il est classique que l’on invoque une chute, un coup ou toute autre violence pour dissimuler des manœuvres abortives. Le

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public a tendance à exagérer volontiers l'influence de ces accidents sur la grossesse, et ça, souvent dans un but nettement intéressé. Mais faut-il pour cela tomber dans un autre extrême et conclure sans hésitation avec METZGER que le traumatisme accidentel n’a pas d’action sur l'œuf normal ? Cela semble un peu trop absolu.

Nombreuses sont les mesures sociales multiples, les conseils d'hygiène pour soustraire la femme enceinte aux traumatismes et pour garantir la marche normale de la grossesse ; mais, ne serait-il pas encore plus important de traiter à temps les états pathologiques qui créent la prédisposition à l’avortement, puisqu’il est généralement admis que le traumatisme n’agit qu’en facteur adjuvant ou occasionnel ?

Les accidents faisant souvent l’objet d'assurance, il convient au médecin expert d’être extrêmement circonspect et de savoir judicieusement interprêter les causes et les effets. À cette étude médico-légale, sera consacré un chapitre particulier.

Notre sujet étant ainsi limité et expliqué, il nous paraît utile de faire précéder nos observations par une étude physiologique et physio-pathologique des facteurs qui conditionnent et font varier les réactions normales de l’utérus gravide.

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