‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 9 sur 37 · I. — La tolérance relative de l'utérus gravide · texte numérisé non relu

I. — La tolérance relative de l'utérus gravide

On connaît l'intolérance de l'utérus à l’état de vacuité. Etant peu abordable par l'extérieur, il réagit énergiquement contre les corps étrangers qui sont rarement tolérés sans troubles et généralement expulsés par l’orifice externe ou même à travers la paroi utérine.

Certes, l'utérus gravide n’a pas perdu ce pouvoir de réagir, bien au contraire, mais ce qui nous frappe avant tout, c’est sa grande tolérance vis-à-vis de l'œuf, corps étranger physiologique, qui s'implante dans sa paroi et suit dans sa cavité une longue évolution, accompagnée de modifications considérables tant au niveau de l’utérus lui-même que dans l'organisme entier pour être finalement expulsé.

Faut-il s'étonner de cette passivité utérine ? Peut être non, la grossesse est un état physiologique assurant la reproduction et la conservation de l’espèce. Admirons plutôt la prévoyance merveilleuse de la nature qui ne relâche qu’à regret ses secrets.

Des nombreuses théories ont été émises pour expliquer la tolérance de l’utérus gravide à l'égard de son contenu et le déclenchement du travail à un terme relativement fixe pour une même espèce. Toutes renferment des grains de vérité, mais aucune n’est encore entièrement satisfaisante.

Pourtant des faits intéressants sont définitivement acquis et permettrons de nos former une idée approximative de la physiologie de l'utérus gravide et en particulier les facteurs qui conditionnent sa tolérance et protègent l’œuf.

« Après sa fécondation, l'œuf prend son premier contact avec l'utérus, dit METZGER, mais il ne faudrait pas croire qu’il tombe dans sa cavité. Il ne quitte pas le contact de la muqueuse, il chemine dans la muqueuse utérine préparée pour le recevoir et y

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cherche sa place la meilleure. C’est normalement vers le fond qu'il se fixe. C’est actuellement une notion courante que cette fixation se fait par effraction. L'œuf pénètre profondément, il s’y creuse une loge et vous concevez que dès ce moment, si la muqueuse est saine, l'œuf bien enfoui ne peut se détacher même si l'utérus est fortement secoué. La solidité de la greffe est de plus assurée par la vigilance du corps jaune. Ensuite le chorion qui prend contact avec la caduque va s’agripper solidement en poussant partout des prolongements qui forment le chevelu villeux d'œufs jeunes. Toute la surface de l'œuf en est couverte. Si ce dispositif persistait, l’adhérence de l’œuf serait telle qu’à terme il ne pourrait se détacher. Quand la muqueuse est normale l'œuf supprime peu à peu ces crampons villeux. Le placenta va se former. Mais si la caduque est malade, l'œuf n’a pas confiance, il relâche comme à regret sa proie. L’atrophie des villosités est moins régulière, on trouve à terme des placentas anormalement étalés et adhérents, des placentas accessoires... Il semble donc que sur une muqueuse malade l’œuf compense la mauvaise qualité de la greffe en gardant un contact plus étendu et plus ferme. Le placenta n’est pas une sorte de vaste « pain à cacheter » dans la réalité, dans l'utérus il est largement étalé et aminci, ce qui facilite et multiplie les échanges et d’autre part rend plus intime la soudure du contenu à son contenant. Tel est un premier élément qui protège l’œuf en le solidarisant avec l’utérus. »

D’autres auteurs ne croient pas l’attachement des villosités tellement solide et y trouvent la raison pourquoi dans les premiers mois de la grossesse, avant que le placenta ne soit complètement formé et que l'œuf ne remplisse toute la cavité utérine, l'interruption de la gestation est plus fréquente qu’à d’autres époques. Tandis que l'œuf sain et l'œuf jeune se cramponnent à la muqueuse utérine, l'œuf mort ou malade, qui est essentiellement caduque « est tout disposé à quitter son habitation et à s’abandonner ». (M. le Professeur FRUHINSHOLZ.)

Non moins importante que les phénomènes de la nidation, est l'étude de l'organe gestateur lui-même, l'étude de sa musculature et de son innervation, l’influence des glandes endocrines.

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