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qu’une expérimentation personnelle réduite. Cette expérimentation est, croyons-nous, une des plus difficiles qui soit, ce qui explique les résultats discordants qui ont été publiés :
Si l’on veut étudier les réactions de l’os exclusivement en rapport avec la nature chimique d’un C.E. à son contact, 1l faut :
— Eliminer toute réaction due au traumatisme opératoire sur l’os (résorption par seul phénomène congestif (Leriche), mécanisme de réparation spontanée d’une perte de substance, etc.). On connaît la fragilité du tissu osseux vis-à-vis du forage, de l’enclouage, ete. (Werner Block) ;
— Eliminer toute réaction due à un traumatisme
exercé par le C. E. (Mobilité de celui-ci, pression sur l'os) ;
Ne tenir compte naturellement que des cas à évolution aseptique, en se souvenant « qu’infection » ne veut pas dire toujours « suppuration » ; inversement, une suppuration peut être aseptique ; 1l faut donc un contrôle bactériologique constant ;
— Se souvenir que les lésions de l’os évoluent très lentement ; elles peuvent se réparer par places alors qu’elles progressent encore à d’autres endroits. On peut reprocher aux expériences de Zierold de ne porter que sur un court laps de temps, deux à six semaines.
— Ne pas oublier dans l’interprétation des résultats qu'au niveau d’un os, la réparation d’une lésion en entraîne de nouvelles, exemple, la porose
d’une extrémité osseuse fracturée précédant lapparition du cal.
— Enfin, les décalcifications nécessaires pour les les examens microscopiques, très longues tout au moins pour l’os de chien, font souvent disparaître bien des réactions cellulaires.
Les réactions du tissu osseux vis-à-vis de C. E. inclus reproduisent le processus que nous avons étudié au niveau des tissus plus simples.
a) Au contact d’un C. E. inclus dans une brèche osseuse plus large que lui, se forme une capsule conjonctive d’enkystement tapissée intérieurement par les éléments cellulaires qui caractérisent une zone de désintégration.
Pour une raison de place, cette réaction manque si le C. E., vis ou plaques a été exactement fixé au contact de la substance osseuse.
b) C’est exclusivement la réaction de diffusion qui nous occupera, puisqu'elle seule caractérise la sensibilité d’un tissu vis-à-vis d'un C. E.
Les conclusions que nous avons formulées en étudiant des C. E. divers inclus dans le muscle ou le. péritoine, permettent de prévoir que ceux qui ne s’accompagnent d'aucune réaction de diffusion (ébonite) doivent être indifféremment à l’os ; inversement, les C. E. qui nous ont déjà montré une réaction de
pro
diffusion importante (acier) sont susceptibles d’être mal tolérés par l'os.
Si la désintégration du C. E. met en liberté des produits toxiques et si l’effet partiellement protecteur d’une capsule d’enkystement fait défaut, les lésions de l’os doivent être plus importantes. En ce sens, l’ostéosynthèse sous-périostée est peut-être une erreur puisque la rugination du périoste supprime un tissu conjonctif aux dépens duquel se formerait la réaction d’enkystement.
Le comportement de l'os vis-à-vis d’un C. E.
soulève deux problèmes :
— D'une part, l’action du C. E. sur le maintien au niveau d’un os normal et adulte, de son fardeau calcique ;
— D'autre part, l’action du C. E. sur un milieu ossifiable. C’est le cas du cal et cette dernière question à peu près seule a été très étudiée.
19 Action du C. E. sur le tissu osseux adulte.
a) Nous avons vérifié qu’autour d’inclusions d’ébonite ou de caoutchouc exactement insérées dans un tunnel osseux, 1l n’y avait aucune tendance à la résorption de l’os ;
b) Autour du bronze d'aluminium, dans les mêmes conditions, nous avons trouvé une légère tendance du tissu compact à la porose ;
c) Cas du fer et de l’acier.
— Toujours dans les même conditions d’expérience, nous avons vu des chevilles d’acier aseptiques
et sans action traumatisante provoquer en deux mois un élargissement, parfois considérable, des canaux de Havers et la formation de lacunes de Howship.
Zierold a signalé l’équivalent au contact d’acier pauvre en carbone, inclus dans un os spongieux.
Frantz a rappelé qu’au contact d’une vis en acier les canaux de Havers étaient gorgés de particules ferrugineuses. Dans une de ses expériences (chien IV), après avoir fixé une plaque en acier doux bleuté par deux lames, à la surface d’un fémur non fracturé, fixation parfaite sans mobilité secondaire du matériel, 1l note au 70€ jour : « La lame compacte est très modifiée ; les canaux de Havers sont considérablement dilatés, en particulier, dans la couche superficielle. À ce niveau, la résorption osseuse est telle que la lame compacte prend une structure spongieuse...» À notre avis, ces lésions ne s'expliquent pas exclusivement par une pression exercée à Ja surface de l’os. Nous croyons que c’est à cette résorption de l’os au contact de l’acier,en particulier, qu’on doit attribuer en partie le déchaussement des vis d’ostéosynthèse, indépendamment de l'effet d’un mauvais montage mécanique.
A l’occasion d’une fracture ouverte de jambe que nous avions ostéosynthésée avec deux lames de Parham, en laissant la plaie ouverte, nous avons pu suivre l'effet toxique des sels de fer sur la vitalité de los :
Autour des lames, et s'étendant à quelques
NT ee
centimètres d'elles, l’os présentait après trois semaines un aspect noirâtre dû à son imprégnation par des sels métalliques. Après 40 jours, cette zone colorée s’est détachée sous forme d’un séquestre à contours irréguliers ;11n°y eut, par contre, de nécrose en aucun point de la surface de l’os qui avait conservé une coloration normale.
d) Quel peut être le mécanisme d’action de certains de sels métalliques vis-à-vis du tissu osseux.
— La présence contre l’os d’un foyer inflammatoire même aseptique entraîne-t-elle de la résorption par le seul processus de phénomènes congestifs ? (Leriche).
— Doit-on admettre que le tissu osseux qui n’est qu'un tissu conjonctit spécialisé se dédifférencie pour réagir contre la diffusion de produits toxiques.
— Il faut probablement dans la genèse de ces phénomènes faire intervenir les différents états sous lesquels se trouve calcium dans le tissu osseux. Cretin a montré qu'il y avait équilibre entre trois états : Ca soluble, Ca incomplètement fixé, Ca fixé. Toute disparition du Ca soluble s’accompagne d’une solubilisation du Ca incomplètement fixé, ce qui retentit enfin sur le Ca complètement fixé. Peut-être y a-t-1l des combinaisons chimiques ou des réactions entre les sels de chaux et les sels de fer.
29 Action d'un C. E. sur un milieu ossifiable. a) Nous rapporterons les conclusions de Zierold qui a publié le travail le plus complet sur cette
ni
question, en signalant les points où il se trouve en contradiction avec d’autres auteurs.
Dans la meilleure série de ses expériences, Zierold ouvrait une brèche dans un tibia de chien ; dans cette brèche, 1l introduisait une lame métallique telle qu’il existait un espace mort entre le métal et l’os. Après six semaines, il recherchait le degré d’ossification du tissu néoformé qui avait comblé cette brèche.
« L’OR, — l’ALUMINIUM, — la STELLITE, sont bien tolérés par l’os et empêchent peu la réparation. » Doisy avait déjà préconisé l’emploi de l’aluminium. Il faut noter que l’or et un métal doré ne sont pas la même chose, la corrosion dans ce dernier cas du revêtement, peut mettre à nu un métal moins facilement toléré (Millet).
« L'ARGENT, — le pLomB, facilement corrodés appellent une réaction plus importante d’un tissu conjonctif. »
« Le NickEL a un effet nuisible sur la formation de l'os.» Hey Groves avait conclu qu'il n'avait pas d’action empêchante et Potarka avait recommandé son emploi.
« Le MAGNÉSsIUM, à part l’action stimulante sur le tissu conjonctif retarde plutôt qu'il n’accélère la formation d’os. » Pour Hey Groves, le magnésium stimulerait la formation osseuse.
« Le zinc s'oppose à la formation d’os nouveau. » Lange conclut de même pour le fer galvanisé.
« Le cuivre stimule la production d’os quoiqu'il