La tombe d'un ancien Egyptien
Etudier les funérailles d’un Egyptien est peut-être le meilleur moyen de se rendre compte de ce que pouvait être sa vie. En effet, sa préoccupation constante était de s’assurer le plus tôt possible une sépulture toute prête pour le moment indéterminé de sa mort, et l’on peut presque dire, sans être taxé d’ exagération, qu’aussitôt né il se préparait à mourir. Arrivé à l’âge de raison, — et l’âge de raison arrive vite, en Orient, — tout Egyptien prenait sans perdre un moment ses dispositions pour la construction de sa tombe et songeait à la faire le plus durable possible.
A l’entrée d’une galerie des carrières de calcaire situées au sud du Caire, en face de rancienne Memphis, et connues sous le nom de Carrières de Tou-
1 Discours de réouverture du cours public d’égyptologie, prononcé le 11 mai 1886 à la Faculté des lettres de Lyon. Ce cours, brillamment inauguré par M. E. Lefébure, le 26 avril 1879, fut interrompu à la suite d'une mission en Egypte confiée à ce savant par M. le Ministre de l'Instruction publique. M. Lefébure devint directeur de la Mission archéolog que française au Caire et, à son retour en France, fut nommé professeur suppléant de M. G. Maspero, au Collège de France. Il avait déjà réussi, bien qu’il fût resté relativement peu de temps à la Faculté, à former plusieurs bons élèves d'égyptologie. Les interruptions du cours et l'absence de leur maître éclairé furent cause que plusieurs d'entre eux , infidèles à l'archéologie égyptienne, poursuivirent une autre voie. Puisse la réouverture des conférences ramener aux études egyptoiogiques quelques-uns de ces jeunes travailleurs.
Ann. G — X