SÉRIES
Sur les perforations faites sur la ligne de jonction qui
réunit les % des
deux arcs.
A °/0 sur la
ligne de jonction.
Se trouvenl A gauche.
t les centres A droite.
Puis Müller pratique en ces points déterminés des couronnes de trépan d’un diamètre de deux centimètres ; il déchire la dure-mère aux endroits trépanés et colore au bleu de méthyle les parties du cerveau qui apparaissent par la perforation.
Sa méthode lui a permis d’étudier à quels points du cerveau correspondent ces 38 trous, et, en outre, de rechercher des
lignes spéciales correspondant à des points plus particulièrement intéressants. — Il a appliqué son procédé sur 14 crânes, mais dans les 4 premiers, les trous ont été faits d’une façon différente et les résultats ne peuvent être comparés. Dans 2 autres crânes, les lignes de jonction ont été placées un peu en avant, de façon à éviter les sutures , mais de permettre néanmoins de comparer les résultats. Total 483 trous. (V. fig. 3 et 4).
Les 10 individus étaient 6 hommes et 4 femmes de 17 à 71 ans. Il a obtenu des résultats un peu variables à cause :
1° Des variétés individuelles :
2° De la déformation du cerveau dans le décubitus dorsal, déformation qu’il a étudiée spécialement ;
3° De la situation variable de l’inion.
Procédé de Zernov (1890).
Plus récemment encore Zernoy a employé un procédé qui nous paraît se rapprocher beaucoup de celui de Mùller. Il donne les contours de n’importe quelle partie du cerveau rapportés sur un réseau analogue à celui des cartes géographiques. On détermine ainsi chaque point de l’encéphale à l’aide de degrés de longitude et de latitude Zernoy a construit un encéphalomètre à cet usage et établi des tables permettant de déterminer la partie du crâne correspondant à tel ou tel point du cerveau.
Position des centres de trépanation de Muller sur la surface du crâne (fig. 3) et du cerveau (fig. 4). Les centres de trépanation sont numérotés ; en outre, les chiffres au-dessous du trait dans les cercles de la figure 3 indiquent à quelle hauteur en centièmes de la ligne de jonction se trouvent ces centres. Les deux arcs horizontal et sagittal sont divisés en dixièmes aux points marqués 10, 20, 30, etc., et les divisions correspondantes des deux arcs sont reliées par les lignes de jonction sur lesquelles se trouvent les centres.
Procédé de Féré pour les enfants.
Féré, en 1877, pour l’étude du développement du cerveau considéré dans ses rapports avec le crâne, a employé un procédé spécial :
Chez les enfants , après avoir dénudé le crâne, il enfonce dans les fontanelles des chevilles destinées à maintenir les rapports du cerveau et du crâne, puis il incise la membrane interpariétale, le long de la ligne sagittale en dehors de la faux du cerveau et sépare le pariétal du frontal jusqu’au ptérion et de l’occipital jusqu’à l’astérion. La dure-mère est incisée sur les mêmes lignes. L’écartement des pariétaux que l’on peut ainsi obtenir suffit pour voir le sillon deRolando et la scissure perpendiculaire externe. Pour étudier leurs rapports , il suffit de mesurer les distances qui séparent le sillon de Rolando du bord de l’os frontal , et la scissure perpendiculaire externe du bord de l’occipital. Pour la scissure de Sylvius , il faut détacher complètement le pariétal du temporal, ce qui, d’après Féré lui-même, est très peu satisfaisant, parce qu’alors « rien n’empêche plus l’affaissement » du cerveau.
Procédé de Dana (1889).
Dana s’est également servi d’un procédé spécial pour les enfants (5 observations).
Il commence par dessiner la position théorique des scissures sur le cuir chevelu. Il fait un trou directement dans le cerveau aux différents points dont il faut établir les rapports, et injecte un liquide de teinture. La moitié de la calotte crânienne est alors enlevée, les points d’injection étudiés en rapport avec les circonvolutions, et l’on mesure les distances des points obtenus aux points théoriques.
Nous pouvons encore décrire rapidement ici deux procédés spéciaux, l’un pour découvrir les régions motrices, l’autre pour la recherche du sillon de Rolando.
Procédé de Seeligmüllcr (1877).
Seeligmüller, pou r découvrir la région motrice , scie une bande d’os large de 4 centim., qui commence entre les bosses frontales et court vers l’occiput en suivant la ligne médiane et se termine à 3 centim. en arrière de la petite fontanelle. Ensuite, il opère sur chaque moitié du crâne deux sections plus ou moins verticales. La coupe antérieure commence à 2 centim. en arrière de l’extrémité médiane de la suture coronale et se termine à 1 centim. en arrière de l’extrémité latérale de cette même suture au niveau de la suture pariéto-temporale. La seconde coupe se trouve à environ 3 centim. en arrière de la précédente et court parallèlement à elle ou en convergeant un peu. Ensuite, il coupe à l'endroit de la suture pariéto-temporale les ponts d’os qui tiennent encore, et obtient une fenêtre qui découvre les régions motrices.
Seeligmüller par ce procédé doit fatalement se trouver toujours trop en avant.
Procédé de Cliiorugi (1886).
Chiarugi, en vue de déterminer le sillon de Rolando, emploie le procédé suivant :
11 cherche les deux extrémités de la scissure au moyen du procédé de Rroca, puis scie le crâne circulairement, enlève le cerveau, incise la dure-mère pour découvrir le sillon et voit si les fiches sont bien enfoncées dans les extrémités cherchées. S’il y a une erreur, il la note ; en tout cas, elle est insignifiante. Ensuite, il moule la cavité crânienne, et avant d’enlever la calotte, marque le moule, en passant une fiche trempée à
l’encre dans les perforations. Les erreurs notées précédemment sont reportées sur le moule.
Voulant à notre tour étudier la question de la topographie crânio- cérébrale, nous avons passé en revue les différents procédés employés jusqu’ici. Celui de Gratiolet ne pouvait nous arrêter, il a conduit l’habile anatomiste qui l’employait à des erreurs considérables. Celui de Broca est sans doute un procédé suffsamment exact, bien que prêtant encore à l’erreur, mais il ne met pas sous les yeux les relations complètes du crâne et du cerveau, et c’est pour cette raison que nous avons laissé de côté cette méthode et que nous avons employé un procédé graphique. Parmi ces procédés, le plus exact nous paraît être celui de Heftler, mais il est très long, très compliqué, exige beaucoup de cadavres, et nous lui avons préféré une modification du procédé d’ Anderson et Marins due au professeur Debierre et dont nous allons donner l’exposé.
Procéilé de l’autogravure cérébrale
(Debierre et Le Fort).
Ce procédé consiste à faire imprimer au cerveau lui-même ses sillons et circonvolutions sur le crâne. Voici les divers temps de l’opération. On fait sur une tête fraîche une incision au cuir chevelu allant d’une oreille à l’autre. Les deux lam beaux sont rejetés l’un en avant, l’autre en arrière. On enlève à la scie la moitié (gauche) de la calotte crânienne en prenant bien garde de ne pas entamer ni la dure-mère ni surtout le cerveau . La section horizontale du crâne se fait en suivant le plan glabello-iniaque horizontal; la section verticale à 1 centim. de la ligne médiane.
La dure-mère est mise à nu , puis incisée sur son bord sagittal à lctml/2 ou 2 centim. de la ligne médiane , et deux
fentes perpendiculaires à cette première incision sont pratiquées l’une à la partie antérieure, l’autre à la partie postérieure de la membrane fibreuse, de façon à pouvoir ainsi en écarter un panneau. Le cerveau est examiné avec soin , on reconnaît toutes les scissures et sillons après avoir délicatement détaché la pie-mère , et , réappliquant sur le cerveau la dure-mère bien essuyée, on dessine à l’encre à sa surface , à mesure qu’on en recouvre le cerveau, les sillons et circonvolutions avec lesquelles elle est en rapport. La dure-mère doit être replacée très exactement dans la position qu'elle occupait d’abord , opération qui demande le plus grand soin. Pour empêcher que le cerveau ne se déforme , on laisse le plus de dure-mère possible en avant et en arrière ; celle-ci le maintient. Quand tous les sillons et toutes les circonvolutions sont dessinées sur la dure-mère, on recoud cette membrane et on repasse les premiers traits avec une couleur grasse. La voûte du crâne bien essuyée est remise en place, et en retournant la tête , on obtient sur l'endocrâne le tracé des sillons et circonvolutions. Les traits sont repassés à l’encre , et l’on pratique des perforations au moyen d’une drille armée d’un foret le long des sillons que l’on désire étudier. On obtient ainsi sur la surface externe du crâne le tracé des sillons et des circonvolutions; mais, pour éviter toute erreur, nous nous sommes toujours servis du procédé de contrôle suivant :
Le crâne est remis en place ; on enfonce par chacune des perforations de petites fiches en fer ou en bois dans la substance cérébrale , et le crâne de nouveau enlevé , on examine l’endroit où les fiches sont tombées.
Si les fiches sont tombées exactement dans le sillon , on le dessine sur l’exocrâne en se guidant sur la ligne générale des perforations. Si les fiches sont tombées à quelques millimètres du sillon , on reporte sur le crâne la distance, mais augmentée
proportionnellement au rapport des diamètres crâniens aux diamètres cérébraux.
On obtient ainsi sur la surface du crâne la représentation exacte des circonvolutions cérébrales sous-jacentes.
Nous avons appliqué ce procédé de recherches topographiques sur 20 sujets d’âge et de sexe différents. On verra plus loin les résultats que nous avons obtenus.
C’est le procédé courant dont nous nous sommes servis ; mais sur certaines têtes, et pour être plus sûrs que le cerveau ne subissait aucune déformation pendant l’opération , nous avons suivi une méthode différente qui, du reste, nous a prouvé que notre procédé général était bon et que nous pouvions entièrement nous fier à lui. Cette méthode consiste à mettre à nu la dure-mère comme précédemment ; mais , au lieu d'abattre un panneau de cette coque fibreuse pour mettre à jour la surlace du cerveau , nous lui faisons simplement une fenêtre rectangulaire le long du trajet approximativement connu du sillon de Rolando. Cela fait, nous déchirons la piemère avec précaution pour mettre à nu le sillon ; et celui-ci une fois bien reconnu , nous traçons son siège exact sur le petit pont de dure-mère que nous avons abattu ; puis, nous relevons ce pont ; nous le suturons soigneusement au reste de la dure-mère, et il ne reste plus dès lors qu’à suivre la ligne précédemment tracée à l’encre avec le pinceau trempé dans un mastic coloré pour obtenir l’impression du sillon sur l’endocrâne. On peut successivement opérer de la sorte, on le conçoit, sur les autres scissures. Le procédé n a qu’un tort, c’est d’exiger beaucoup de temps. Nous avons encore opéré différemment pour atteindre une précision plus grande. Le pont de dure-mère précédent une fois rabattu , nous découvrons la scissure que nous voulons mettre à la lumière en déchirant la pie-mère ; puis, avant de remettre ce pont en place, nous le faisons tremper un certain temps dans de l’essence de térébenthine, ou mieux de l’éther, nous l’étalons sur un petit liège sans le tirailler et lors-
qu’il est evenu transparent , nous le suturons comme nous faisons dans notre procédé ordinaire. 11 laisse alors voir à travers lui le sillon cherché, et il ne reste qu’à le dessiner à sa surface avec le pinceau chargé de matière colorante. On peut aussi remplacer le panneau de dure-mère que l’on abrase alors complètement par une baudruche transparente qui laisse voir la surface du cerveau comme au travers d’une vitre.