‹ La torsion appendiculaire mécaniqueChapitre 9 sur 10 · NT M NS 4 RS · texte numérisé non relu

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tion. Les phénomènes inflammatoires et mécaniques étant intimement méêlés.

Ainsi dans les observations de Routier, de Leveuf, de Staude, de Takashima, ainsi que dans notre observation IV, l’appendice contenait un calcul. Le cas observé par Seubert est celui d’un appendice gangrené et perforé; celui de Mocquot, d’un appendice violacé, tordu, mais la lésion prédominante est la torsion d’une frange graisseuse.

Dans tous ces cas de torsions, il y a un processus infectieux qui a agi sur le méso-appendice, raccourcissant le méso, favorisant la torsion du fait de 10 rétraction du méso-appendice.

La torsion appendiculaire que nous avons voulu envisager est une torsion mécanique, sans lésion anatomo-pathologique. Elle tire tout son intérêt du fait que devant la répétition des symptômes et de leur évolution, que nous avons rapportés. dans les cas observés, on peut en faire un type clinique permettant le diagnostic.

Il s’agit d’enfants et de jeunes enfants; en effet, nos petits malades ont 4 ans, 5 ans, 2 ans et 6 ans.

La crise douloureuse est une crise appendiculaire typique, débutant deux, trois ou quatre heures après un repas substantiel, et survenant brusquement. La douleur est d'intensité variable. Légère, l'enfant gémit et se plaint de tout le ventre; forte, l'enfant crie, on ne peut le toucher qu'avec précaution.

L'enfant a des nausées ou bien vomit. Ces vomissements peuvent se répéter. Ce sont des vomisse-

ments alimentaires ou muqueux. Il n’y a pas d’élévation de température, le pouls est normal ou légèrement accéléré.

A l’examen, on peut constater une douleur élective au point de Mac Burney, ainsi que de la défense musculaire et de l’hyperesthésie cutanée.

Cette crise est une crise appendiculaire typique. Le fait important réside dans sa courte durée. En une heure, trois heures au maximum, la douleur a disparu; l'enfant ne se plaint plus, on ne constate pas de défense musculaire, et aucun point douloureux spécial. Il n’y a, à aucun moment, de la fièvre ou une accélération notable du pouls.

Nous ne nous arrêterons pas au diagnostic différentiel. En effet le jeune âge des malades et l’absence de température, le début brusque et l’évolution courte, cantonnent la discussion à la réalité de la crise appendiculaire.

Les éléments du diagnostic positif sont donc : /a crise appendiculaire typique (douleur, cri, vomissements, défense musculaire, hyperesthésie cutanée) survenant sans poussée fébrile, chez un jeune enfant, début soudain deux à quatre heures après le repas: d'évolution courte, durant de une à trois heures et se terminant par la disparition des signes précédemment constatés. |

Cette crise appendiculaire doit être authentifiée par un praticien qualifié, afin qu’il n’y ait pas de doute sur sa réalité. Elle comporte la sanction opératoire qui, montrant la torsion appendiculaire sur

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axe de l’artère bordante sans lésion anatomo-pathologique, confirme le diagnostic de torsion appendiculaire mécanique.

L’appendicectomie évidemment s'impose. On ne peut penser laisser tél quel cet appendice dont la torsion favoriserait l'infection, du fait de la tendance à l’oblitération.

Pour que la torsion appendiculaire puisse se produire, il faut sans doute, vu la rareté des cas observés des conditions particulières, une prédisposition spéciale de l’appendice et du méso-appendice.

Paître, Lacaze et Dupré, étudiant l’anatomie de -l’appendice, nous font remarquer que le méso-appendice de l’enfant est mince et transparent, « laissant voir les branches en échelle de l’artère appendiculaire ». Si le méso-appendice est court, il coude lappendice et lui impose des formes variées en demi-cercle, en spirale, en cor de chasse.

Leveuf déclare avoir rencontré deux fois sur cinquante cas, la forme particulière de l’appendice en spirale, sur l’axe de l’artère bordante, sans coudure, ni torsion.

Pour qu'une torsion appendiculaire puisse se réaliser, il faut la réunion de conditions mécaniques. La torsion ne peut se faire qu'en cas d’appendice long, d’artère appendiculaire courte, de méso-appendice court, étroit et maigre.

L’anatomie nous montre que ces conditions mécaniques existent chez l'enfant. L’appendice est un

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organe plus long relativement chez l'enfant que chez l'adulte. Le méso-appendice est mince et maigre, nous dit Paître.

Ces conditions obligatoires à la mécanique de la torsion pure, telle que nous l’avons envisagée, ne sont pas remplies chez l’adulte où le méso-appendice est épaissi et plus gros et où l’appendice a régressé depuis l'enfance.

Lorsque les torsions appendiculaires se créent chez l’adulte, elles sont le fruit de remaniements de tissus infectés pouvant donner toutes les formes observées. L'appendice peut alors présenter toutes les figures de la géométrie et rappeler soit le colimaçon, soit dans la forme en hélice, les armadires si fréquents sur nos routes du Midi.

La concordance de la remarque de Leveuf sur les appendices en spirale, avec les observations anatomiques de Paître, Lacaze et Dupré nous ont suggéré les hypothèses suivantes qui peuvent expliquer la pathogénie des torsions appendiculaires que nous avons observées.

Est-ce que nous nous sommes trouvés dans les observations relatées au début de ce travail, observations concernant toutes de jeunes enfants, devant ces appendices en spirale, en demi-cercle, en cor de chasse, dont la torsion en s’exagérant a déterminé la crise appendiculaire ?

L’axe de cette torsion est l’artère appendiculaire. Peut-on penser à des phénomènes congestifs qui modifiant la portée de la trame artérielle déterminent

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la torsion ? Ces phénomènes congestifs sont-ils dus à la digestion ?

Les observations que nous avons rapportées, l’études des remarques judicieuses des différents auteurs cités, nous font penser que la pathogénie des torsions appendiculaires peut être rattachée à ces causes, et qu’il faut sans doute leur réunion pour que puisse se produire la torsion.

Et ceci expliquerait la rareté du syndrome.

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