‹ La Toscane au moyen âge; architecture civile et militaire (volume 2)Chapitre 20 sur 24 · TOURS SEIGNEURIALES · texte numérisé non relu

TOURS SEIGNEURIALES

Architecture gibeline, dont les tours seigneuriales forment le trait le plus caractéristique & le plus original, n’est plus représentée à Florence que par de rares édifices. Les tours qui portaient jadis dans les airs (i) les batailles aristocratiques de leurs maîtres ont été dérasées à l’époque du triomphe des Guelfes & sont toujours demeurées depuis sous le niveau inflexible qui leur avait été imposé. — Si les couronnements ont été partout dérasés, les soubassements ont échappé à la destruction en se mêlant parmi la multitude bourgeoise des maisons. On les reconnaît encore dans les vieux quartiers de Florence à leurs bossages soigneusement taillés, aux anneaux de fer qui les décorent, aux corbeaux (mensole) qui soutenaient les anciennes bretèches. Romani en a désigné un nombre considérable dans ses notes sur la topographie de cette ville; j’en ai vu encore beaucoup épargnés par les démolitions piémontaises, & j’ai rassemblé dans la pl. LXI celles qui m’ont paru offrir le plus d’intérêt.

Le palais Spini, qui sert aujourd’hui de mairie, peut être cité comme exception au dérasement démocratique; ses arcatures du sommet, ses créneaux, sont intacts & viennent d’être soigneusement restaurés. — On a même rétabli au lieu des croisées modernes les anciennes baies cintrées. — Les auvents du bas, pl. LXII, ont disparu; nous les avons rétablis d’après la fresque de Ghirlandaio (LXIII). Ce palais, on peut le voir sur le dessin dont nous sommes en partie redevable à l’architecte, se compose de plusieurs édifices successivement réunis les uns aux autres. Ces jonctions apparaissent même dans la façade par des lignes verticales qui interrompent les liaisons des assises. La pl. LXIII expose les détails du crénelage, la manière dont

(i) Voyez, pl. LXI, la reproduction d’une miniature du M. S. de ViUani à la bibliothèque Chigi.

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