ILE S>'EI.BE
Ity a environ «leux ans, je me trouvais h l'île d'Elbe, dans la petite ville tic Voito-Fcrnijo. Par éi^ard pour le public, je passe sous silence les motifs qui m'a- Taient amené là; jedenwsàl'histoire et àmoi'inéniedeles donner, si, comme Napoléoo, j'y fusse venu en aouv«yaiB à la suite d'un traité avec 1rs monarques de la sainte-alliance ; mais j'cLais iltibarqué tout-à-fait bourgeoisement d'une modeste felouque portant quatre homnesd*équipage. Peut-étre yenais-je de Corse, peut-être a rrivais-je d'Espagne ou d'Alger. Laseulechoseque jepuisse TOUS dire, est que jçme préparais à ùa voyage d'Italie.
J'étais d^à sur les états du grandduc de Toscane, car les traités de i8i5 lai assurent la possession de l'Ile entière et de ses dépendances. Les cartes de Danville dési|;ncnt l'île d'Klbe sous le nom iïllya. Possédée d.ins les temps plus reculés par une colonie ^'recquc, élletOdiln,aTecrÉtrarie,aa pouvoirdes Romains. Ses mines de fer avaient dès lors une grande célébrité. Elles furent d'un grand secours lorsqu'aprc-s la défaite de la Trcbbia , il devint urgent de renouveler le matériel d'une armée à opposer i Annibal.
"Virgile leur a consacré une mention {.£iuid,g lib. lo, V. 17a) t
. atl Ilfa treetntot,
Imimlm intxluuutu Ondybum gvuma rutattU, des nélaas «rtU mine fieonde,
1It«, qui pour ceinture a l'empire de l'onde , Y joint Unis ccntâ guerriers exercés aux combats.
On ne retrouve plus de mention de l'île (Tlilbc jusqu'au onzième siècle, où on la voit figurer dausles dépendances de la république de Pise. Vers lago les Génms en dépmsédàrent les Pisans et la cédèrent aux Lucquois, moyennant une redevance annuelle de8,5oo livres. Peuaprc's, cependant, les Pisans en tirent de nouveau lu conquête; et, pour s'assiuvr la 6délité des babitans, ils leur accordèrent de nombreux pri»
▼iléges. A l'époque où Pise fut vendue au. duc de Milan par Glierardo d'Appîano, ce dernier se réserva la seigneurie de Piombino, et parmi d'autres possessions celle de l'Ile d'£lbe. Plus tard nous Toyons Coemel"., due de Toscane, olfrir h Charles-Quint des sommes considérables pour la cession desélats de Piombino et dercltc île, et n'obtenir (jiie la seule villedc Porto-Fcrrajo, encore fut-ce sous la condition de la fortifier et de la défendre contre les Français, arec qui l'empereur était en fiucrre. L'arcbitecte Beîluzi de Saint- Marin fut cbariié du travail. On y ajouta beaucoup aj>rès lui, et Kapo.
léon , pendant ses dix mois de souveraineté, y fit faire encore des améliorations.
La rade de Porto-Ferrajo est grande et belle, le port petit, mais sûr. La ville est peuplée de a,ooo , 3 à 4oo personnes , non compris la garnison , qui est de 4 ^ Soo hommes. La mcmtée qui y conduit, pratiquée dans le roc, est très-rapide. Le bas des coteaux est
91 vrr.
«•ses bien cultivé j e'est la udUenre partie de Itle, qui n'at qa'im groupe de montagnes.
II s'y fuit uu petit vin passable , blanc eu plus t^rancle partie, dont on exporte les trois quarts, au contraire du grain, dont oa ne i^celte pas pour le quart de la cootomiDatioii. U y a quelques oliviers, quelques pAturages, très-peu de fourrage sec. La viande se tire de la Toscane : on voit un petit nombre de boeufs pour le labourage, des chèvres et des brebis. On trouve quelques perdrix rouges, peu de lièvres, moins eneoic de lapins, prodigieusement de myrtes , d'autres jolis arbrisseaux, et des plantes très-odoriférantes. L'île donne du bois à brûler au delà de son usage; on en exporte beaucoup pour Gènes. Il n'y a que très-peu de plages; celle qui est au fond du golie de Porto-Ferrajo est très -marécageuse, on y a fait des .«salines qui sont d'un grand produit.
Llle a quelques fontaines de bonne eau , mais ne possède qu'une aenle petite rivière qui passe dans le voisinage
de Jiio, le plus considérable des quatre ou cinq villai^es entre lesquels se répartit le reste de la population, évaluée à environ 8,000 ftmet. Les babilans de Rio sont presque tons occupés k l'esploitation d'une mine de fer qui forme la principale richesse elboise , et que les géologues s'accordent à regarder comme l'une des plus curieuses par ses acciiieus, 1 une des plus riches et du metlleur fer. Cette mine, dans quelques partijss, a la dureté du fer même, autant de poids, beaucoup de brillant; elle est sulfureuse et quelquefois vivement colorée.
Gomme dans l'exploitation ancienne on n'avait pas l'usage de la poudre , et que la matière était très-abondante,
on ae contentait de prendre la terra et les parties aisées à rompre ; aujoui^ dirai on fait le contraire.
La piche du thon , qui se pratique dans le Thonaire du golfe de Porto- Ferrajo, donne aussi un produit important, et le spectacle m'en a beaucoup diverti. Voici la disposition des choses, d'après l'habitude de ce i^sson qui entre toujours dans le golfe par le côté gauche. La drague , qui est un filet de cordes à grandes mailles, prenddeoecâié gauàieenentmit|.
et s'étend en forme de baie sur unir ligne courbe à plusieurs centaines de toises en avant dans le golfe ; la partie supérieure toujours très au-dessus de l'eau, mais l'inférieure atteignant le fond. £Ue reste tendue environ trois mois de suite, dont juin et juillet fimt partie. A son eztiémité soni quatru chambres successives qui oomnumiquent de l'une à l'autre. Lorsque le thon arrive, souvent par bandes et à la queue les uns des autres, il ne cber^ cbn ni à vaincre la réristsnce qu'il trouve, ni à rebrousser; mais il dévie dans la direction du filet tant qu'il arrive à la première chambre , d'où il ne peut sortir que pour entrer dans la seconde, et ainsi de suite. On le laisse s'amasser ainsi quatre oU cinq jours. Veut-on fairo la pèche; à l'aide de bateaux on tend un filet k l'extrémité â^la quatrième chambre, et on ouvre à cette extrémité une porte qui communique avec filet. Si l'on veut juger de la quantité de thons qui sont entrés dans les diambres, et si l'agitation de l'eau empêche de les voir, on la calme en jetant dessus de l'huile.
Si le poisson est trop lent h passer de la rbambre dans le filet, on le bâte en jetant de la terre derrière lui.
Au moment où l'on tire le filet de Teau, des hommes armés de longues
iLfi h
perdjcs à crocliels assomment ces animaux, et les accrochant plusieurs en même temps, les uns par le dos, les ;iutres |>ar la gorge, les jeltent dans . le bateau derrière eux.
L'expédition fut prompte et le carnage aflreux; ce coup de filet était de Tinj:t-rin({ mille livres de poissons. On en a vu «juchjuefoisdequarante niillclivres. Les plus ^ros thons pesaient (quatre cents lirres ; le poida ordinaire était de deux cent cinquante livres «t le pins petit de soixante-quinze. Je les ai vu prendre tous sans en excepter un.
On les amena aussitôt h Porlo-Ferrajo ; on les jeta d;uts l'eau sur la grève. On les éventra, on les vida, on niità part les laitances, les foies, les œufs, lesouTes, les poumonset le oonir. Les premières par^ ties, comme les plus délicates, s'arrangent dans des corheilles hien enveloppées de tiges de myrte A-ert; les autres s'entassent à nu dans la felouc^ue, séparément du corps des thons^ dont on la remplit, après avoir pesé et enregistré le tout avec une adresse et une célérité qui étonnent.
11 est difficile aujourd'hui de causer avec un Elbois sans t^uc la conversation n'arrive aussitôt sur INapoléon.
On Tons montre le cbâteau du gouverneur qu'il habi ta ( pl a n ( h e r • . ) . C 'es t un bâtiment fort simple, avec deux ailes, et à detix claires, dans une position qui domine la ville, entre les lurls Falconc et Stella assb sur deux rocs quelque peu plus âevés, et à peu de distance de chacun d'eux. Au midi le regard plane sur la viUe et les monlacnes de l'intérieur; au nord sur Piombino et la côte d Italie jusqu'aux montagnes de Lucques-, et à l'ouest sur les lies environnantes. La plus petite barque ne peut se mettre en mer sans être vue. Pas un aenl arbrisseau ior cette hauteur rocheuse, qui s'a-
£LfiB. i3 ▼ance dans la baie en promontoire ou en péninsule, à rexcepliou d'un figuier dans le jardin extrêmement resserré du palais. Les maisons et le roc pelé, les bastions et les murs du rempart, tout est d'un blanc qui fatigue les yeux et finit par leur faire mal.
Dans l'été, la chaleur est éloufTinte, à moins que la brise de lamer ne vienne un peu rafraîchir l'air.
C'est k qui racontera mille petits détails sur les habitudes de Napoléon, ses occupations et ses plans pour l'administration de son empire en miniature ; mais au moins ces causeries oUrent de l'intérêt , et je les ai entendu répéter par dix personnes, toujours avec un nouveau plaisir. Son activité surnaturelle ne l'avait point abandonné. Pendant sa traversée de France, il s'était occupé de la forme d'un pavillon national pour sa nouvelle souveraineté, et il l'avait fait exécuter par les marins de la frégate anglaise PUttdauitdy tliUr^ndcjHm le transportait. (On se rappelle qu'à Fréj us, lrouv;uit deux fréirates , l'une française et 1 autre anglaise, il monta de préférence sur celle-ci , ne voulant pas qu'il fût ditqu'un vaisseau français eût servi h le déporter.) Avant de m ttre pied à terre, il envoya arborer ce pavillon sur le fort et le fît saluer par la firégate.4 son entrée en rade.
Voici quel était son genre de vie: il se levait h deux heures du matin et travaillait jusqu'au jour. Il s'occupait jsurtout de l'histoire de France et de recherches sur rÉizypte. Le jour venu, il sortait h pied ou à cheval , selon le temps, pour aller visiter les routes ou les constructions auxquelles il faisait travailler ;ce futlong-temps à sa maison de campagne, San-Martino, environ à trois milles do la ville. A neuf beores il rentrait pour le déjeuner, qui seoom-
■4 L'IT posait d'an ou deiut plais , el se tcrmioait par une tasse de café. Le tlcjeuner lîni, il se recouchait pour une couple d'heures. Il restait cnsuitejus- (j[u'au soir dans son cabinet, recevant les étrangert , expédiant des aflâiret, dcmnaiit-des andiênoes, préparant des travaux, et peut-être méditant déjà ces belles proclaniations par lesqu^es il saltu» la France à son retour.
Dans la soirée il allait, accompagné de Bertrand ou de Drouot, prendrerair à San-Martino on à Lonigooe, sans suite et toajdurs en Toiture. Il dînait à huit heures, et jamais seul. 11 plaçait à côté de lui les pcrsfinnes de distinction ; mais la place d'en face restait toujours vide. 11 go&lait de pluaieors phta avec une rapidité exUéme, et se les faisant passer sans la moindre interruption. Il terminait par un coup ou deux de vin de France. Le Chambertin était son vin favori. L'apparition duqifé était le signal pour m lever de taUe. Une demi-heure au plus suffisait pour le repas. S'il y avait des dnmes, il leur faisait les honneurs.
Dans ses momens de belle humeur il étendait cette faveur à tout le monde.
D'autres Ibis il restait i>ensif , sans ouvrir la bouebe, et personne alors ne lui adressait la parole. Après dtner on passait dans le petit jardin derrière le cIlAteau, et l'on restait h causer jusqu'à la nuit. Il se relirait à onze heuxes, mais sa mère ou sa soeur Pauline (on se rappdie qu'dlee vinrent passer qndqne temps auprès de lui) restaient jusqu'à ce que tout le monde eût quille.
Le dimanche à midi il assistait- réj:ulièrement à une messe, où loules les autorités de l'tle ne manquaient pas de se trouver, et qui se disait au château. Elle était suivie d'un lever o& il adressait la parole h chacun en passant en revive le cercle entier. L'ancien lieu-
tenant d'artillerie n'avftît point peidir les us monarchiques contraclés aux'
Tuileries.
A son arrivée dans l'île il était ou ne peut plus impopulaire parmi les indigènes, qui jusqu'alors avaient eu peu à se louer de la Franeo; son adresse et sa libéralité triomphèrent bientôt de cette répugnance. Son premier soin fut de réformer et d'améliorer , d'ordonner des routes et de faire bâtir. En quelques semaines un théâtre fut construit, oà les Elbois purent trouver à se délasser le soir; une vieille t-i:lise fut transformée en une vaste caserne; une chaussée carrossable fut exécutée à travers la ville et conduisit à l'extrémité de 111e ; d'autres furent tracées conduisant k plusieurs points importans. Cinq mille hommes furent constamment employés , à six paoli par jour , à ces diiiérens travaux. Le bon eiiet en fut promptemoit senti par les habitans , qui auparavant peut-être l'eussent à peine ptt croire possible. L'influence des étrangers empressés à venir admirer l'homme qui avait lonjr-lemps fait les destinées de l'Kurope, jeta daus le pays une certaine masse de capitaux.
Ces honnêtes insulaires crurent recevoir une nouvelle existence ; et pour la première foia probablement s'imaginèrent que leur imperceptible rocher occupait une place import ntc sur le globe. Parmi les voyageurs anj^lais seulement, On compte en neuf mois 867 présentations.
En visitant un endroit où il se plaisait, dans sa pose favorite, les bras croisés sur la poitrine, \\ venir conlempler la mer, je me rappelai l'ode sublime que M. de Lamartine devait adresser plus tard au captif dUnd* son Lowe. Le monarque elbois étaitil en effet autre chose qu'un captif ^
ILE b
t'ile d'ElbeVétâii que raTant.icÂne de Sie.-Hâèoe.
Tu eepeudjnt de ce sublime faite.
Snrc* rocher dcMct jeté pir U tempcte.
Tu vi» tes ennemis Jecliircr Ion inantiMU ; Kl le tort, ce seul dica qa'adoM tou audace , PMir dttBÎira fiif car t aceonki ctt Entre It Uàm et IcUmbcM.
Obéirai m'asmit donné d'y aonder ta pensé*
Lorsque le souvenir de t.i jçrjr.ilcnr p i^m <i Vouait comme an remord» t'aMailhr iuiu du bruit, El qno, ko bn» crabét mr ts hrfepottrino.
Sur ton front chauve et na qM la pensée tncUne L liorreur passait connno la nuit 1
Tel qn'an patteor» dcbont, sur lu rive profonde Voit son ombre de loin se promener sur l oude, Et da flanve ongeos laivre en flottant le conrs t
Tel. du Kororactdésert i)c ta graïuicur ^uprc■lne , Uaxis l'ombre du p^Mv tu te rlicrctiui» toi-mcme; T« nppelaîa tea andena jonra.
Ils passaient devant lui comme de» ilota sablimea Dont l'ail voit anr !«• mcra étineeW lea dmett
Ton oreille ('i iiutait leur bruit lurmonieux ; Et d un rt-llrt de <;loiro eilairant ton visage, Chaque flot t'appurtïiit une briibnte imafe Qm ttt anivaia loog^lemps dea yens.
Je n'ai jamais lu san» allendriaseinent le passage suivant du Mémorial de Las-Cases, a Napoléon nous disait
• que pendnnt son séjour à l'tle d'KIbe
■ ( il .Mvail cnnsprvé les couleurs Irico- » lorcs ) , son pavillon était demeuré m le premier de la Méditerranée. Il étiiit
• sacré, disaitHl, pour les Baribares-
• ques, qui d'ordinaire faisaient des a présens .tux capitnincs, en njou-
■ tant qu'ils acquittaient la dette de
■ Moscou.
• Le ^rnnd- maréchal nous disait » que quelques bâtinens réunit de
• celte nation étant Tenus mouiller à » Itle d'El]>e, y avaient donné beau* » coup d'inquiétude. On avait inter- » roiré ces trfns-là sur leur intention ,
■ et fini par leur demander nettement
■ s'ils «raient quelque projet hostile ;
• ib avaient répondu: Contre le )^nnd
ELBE. t5- » Napoléon ! ah! jamais. Nous ne fai- ■r sons pas la guerre à Dien.
• Quand le pavillon de Ttle d'Elbe a entrait dans un des ports de la Mé-
• diterranée, Livourne excepté, il y » était reçu avec de vives acclamations; » c'était la patrie qui semblait reve-
• nir.
a Tout est gradation dans ce monde,.
» concluait l'empereur. L'île d'Elbe,
» trouvée si m;iuvaî«e il y a un an , » est un lieu tie délices comparée à a Sainte-Hélène. Quant à Sainte-iié- > lène, elle peut défier tous les r^rels a à venir. ■
Comme je l'ai déjà dit, je me préparais h un voyage dans l'Italie. L'Ile d'KU c était une sorte d'avant-poste , un point de station préliminaire d'où je planais en quelque sorte sur la péninsule entière. Ma pensée l'embrassait dans son ensemble. Alors me revint en mémoire un travail que Napoléon dicta un iour il Las-Cases.
« La lecture d Arcolc a réveillé l«t idées de l'empereur sur ce qu'il appelait le beau thédlrê ée tItaJie, Il nous a commandé de le suivre an salon et nous y a dicté durant plusieurs heures. Il avait fait étendre son immense carte d'Italie qui couvrait la plus grande partie du salon, et, couché dessus, il la parcourait à quatre potes , un eompaa e( on crayon rouge »
la main, comparant les distances h l'aide d'une îon|îue Cccllo, dont l'un dinous tenait une des extrémités. • C'est comme cela, me disait-il, riant de la posture où je le voyais, qu'il faut toiser un pays pour en prendre une idéejuste et* faire un bon plan de câm- * pagne. »
■ Ce qu'il a dicté petit servir de base à un très-beau morceau de géojjraphia politique stiri'Italie ; le voici :
» L'Italie est une des pltu bdles par-.
tiet 4e rEuro|»e, c'est une prcs'ju'ilc environnée à Tooest, au sud et à l'est, ])ar la Méditerranée et l'Adrintique.
Elle est Loruée du cùté du continent par la cbaioe des Âlpes , monlajjncs les plus hautes de rfiorope , d'oùdescepdent les rivières qui forment la vallée du Pô et se jettent dans l'Adriatique.
Celle chaîne la sépare de la Suisse, du l'Allemai:;ne et de la France. Elle forme un dcmi-cerclc depuis le nord-ouest jusqu'au nord-est. Ce demi-cerde peut être considéré comme décrit de Parme pris pour centre; son extrémité de gaucbc passe sur remlmiiclnircdu Var, son milieu sur le Sainl-Gotijard, et son extrémité droite sur l'embouchure du Lisonao. Yoilà lesbomesnaturellm du continent de Tltalie.
* En dedans de ces limites se trouventlcs builliniTcs suisses, la Valtelinc, iinc]iartic.<lu Tyrol, pays tous sur le penchant des Alpes, vers l'Italie, qui enfoptainsi géo;;rap!ii(picnient partie, bien qu'ils ne lui appartiennent pas politiquement. C'est uneespèccdecompenaaûon pour le duché de Savoie, partie politique de l llalie, bien (ju'clle lui soit géoi4> a|ilii<^ucnienl tout-a-lait étrangère, puisi^u'elle est auddà des A)pes,et que toutes ses eaux déversent dons le Rhôoe.
m Du côté de Test, Mont-Falcone , le comté de Gorire et une partie de rislrie, ont toujours l'ait partielle l'Italie, Lieu (^u en dehors de notre demicercle. 11 est Tisii qu'une autre limite naturelle serait encore de suivre la chaîne des Alpes de la Caraiole, qui prend au-dessous d'Idna, et arrive jusqu'à Fi urne. •
» La JDalmatie, les bouches du Caltaro, soumises i la république de Ve»
nise depuis plustenrs siècles, ont toujours été considérées comme faisant partie de l'Italie, mais géographiquc-
ment elles appartiennent à l'Illyne.
11 en est d'elles comme de la Savoie.
» Les deux îrrandes îles de Sicile et de Sardaigne font aussi partie de l'I*talie.
» Lltalîe à l'ouest est séparée de la France parle Var, les monts Viso, Genèvre, Cénis, Saint-Bernard et Si m-
]»lon. Elle est séparée au nord delà Suisse par le Simplon et le Saiut-Gotiiard i çutin le Brenner, le col d.e Tar- Tis et le Lisonso, la séparent des états héréditaires de la maison d'Autriche.
■ L'Italie confine avec la Provence cl le Daupliiné, provinces de France.
Elle confine avec leTyrol. !a ('arintliie, la Carniule etl istrie, provinces d'Autriche.
» La France communique avec 11talie en passant le VarauK environs de
Nice;de làon i;airne Gènes et Florence, ]iarle chemin de la Corniche, et Turin ])ar le col du Tende. La France communique encore avec 1 Italie par les cols des monts Genèvre, Cénis et du petit Sain t-Bernard.
» La Suisse communique avec l'Italie ])arles cols du trrand Saint-Bernardfdu Siniphjii et du Saint-Guthard.
> L'Allemagne communique par les cols du Brenner, de Tarvis, et parles divers débouchés du Lisonzo.
■ Le Sainl-Golhard est le col le plus élevé des Alpes. A pai tir <lc ce col, les autres vont toujours en baissant; ainsi le Saiut-Golhard est plus haut que le Brauier; celut>ci que les montagnes de Cadore ; les montagnes de Gadore que le col de Tarvis et les montagnes de Carniole. De l'autre côté le Saint- Golhard est plus haut que le SimpIoD; le Simplon plus ha ut que le Saint-Bernard j le Saint-Bemjypd jdus hant que leMbnt-Cénis; leMont-Génis que le col de Tende. Depuiscelui-ci , les Alpes continuent à Laisser et finissent enfin