ILE D
aux numla^et SaiDl^Jacques, près de
Savone, où commerirentles Apennint* Alors la chaîne de l'Apennin se relève toujours en augmentant par un mouvement inverse. Elle longe toute la presqu'ilejusqu àTextrémitécla royaume de Naples. Les Apenoios sont des montagnes da second ordre. LJnc partie de leurs eaux se rendent danslc Pô ; le reste coule cLins l'Adriatique et la Méditerranée.
» De renboocbitre da Yar à cdle du Lisouo, diamètre de la demi-circonférence, il yu cent Tingt-cinq lieues de vingt-cinq degrés, ce qui donne à la demi-i-irconférence des Alpes, si elle était régulière ,cent quatre-vingt; mais à cause des sinuosités on en compte plus de deux cent trente; ainsi tous les points des Alpes sont éloignés de Parme de cinquante à soixante lieues*
■ Depuis Parme jusqu'à Rome i\ y a quatre vingts lieues, et depuis Rome jusqu'à l'extrémité de la Basilicate, où remonte le golfe de Tarente, quatre- ▼inglrquinze lieues {et jusqu'il Refcgio, ettrémitéde la botte, cent vingt lieues; ainsi depuis le Saint-Gotbard jusqu'à Rcggio il j a deux cent cinquante lieues.
» Les cinquante lieues du nord jusqu'à Parme pourront être regardées comme continentales; les deux cents autres fonnerontîa presqu'île qui commencera à la hauteur de Parme, et aura dans toute son étendue environ .quarante ou cinquante lieues de large ; car de livoume à Rimini il y a cin* quante lieues; de Teracine à Tcrmoli quarante lieues ; de Naples à Manfredonia quarante lieues ; de Monteleooe à Breodisi , soixante lieues.
• De Reggio à T9aples la carte.de poste marque cent scuxantOidix lieues, de Naples à Rome soixante lieues, ce qui fait deux cent trente; de Rome k
ELRE. 17 Parme quatre-ringt-douse lieues; de
Parme au Saint-Gothard cent lieues, ce qui ferait de Sainl-Golhard h Rcirgio quatre cent vinj^t-deux lieues de poste.
En en ùtaut un dixième, il resterait trois cent quatre-vingts lieues; nous n'en avons compté que deux cent cinquante différence, cent trente, ou un tiers, entre !a distance astronomique et les grandes routes qui sont obligées de suivre les contours des montagnes, et de passer par les grandes TiUes , et dans le calcul desquelles on est forcé de con* sidérer les pentes et les difficultés des chemins, comme aussi les privilèges que demandent les localités et qu'établissent les maîtres de postes.
» La partie de l'Italie contenue dans le demi-cercle a cinq mille lieues carrées. A partir du diamètre de ce demicercle, l'Italie se prolonge en forme de botte qui, ayant deux cents lieues de longueur et quarante à cinquante lieues de lar<;eur, donne depuis Purme jusqu'à u gol fe de Tarente huit mille lieues carrées; la Sicile avec la Sardaigne, deux mille lieues carrées: total, quinze mille lieues carrées. Ainsi, près des deux tiers de l llalie sont répartis sur une ligne prolongée, environnée de tous c6tés des mers Hèdil«rranée ei Adriatique.
• Cette singulière configuration a incontestablement contribué aux destinéesdecc beau pays. Si la presf|u'île, au lieu de quarante à cinquante lieues de large, avait eu quatre-vingt-dix ou cent lieues, et avait été moins longue de moitié, le point central aurait été plus rapproché de toutes les extrémités; les intérêts seraient devenus plus communs ; la nation, répandue sur déplus petitesdislances, aurait eu plus d.'aoiformité, dleauraitluttéavec plus d'avantage contre les actes qui tendaient à la nuMcder, et la force d'ad- •
ti L'ITALIE.
hérence, qui a consUliié rAnglelerre, du BreMÎMi, IbuniiMaienl en «boo-
la France et r£spagne| aumiiagi sur dance tout ce qui est nécessaire pour
riUilie< le matériel d'unegrandemarine. Gènes,
• Les côtes de la rivière de Géncs Pise, Venise , ont été les premières
sont de cinquante lieues ; la presqu'île puissances maritimes de l'Eimipe dans
«eDVirCMi deux cent cinqnantelieue* de le in<^eiK4ge. cAtes de cbnque oAlé* La base , depuis «L'Italie, battue de tnris côtés par
Reggio à Tarente et au dd.i, n cent la mer, n'a de frontières de terre qu'à
lieues , ce qui ferait six cent cinquante peu près deux centsiieues , c'est moins
lieues pour le littoral de la péninsule que le tiers des frontières de la France;
italique. Les câtes de l'état de Ye- et encore en front serait-elle défendue
nise jusqu'à FinmeoBt trente lieues } par les barrièrei les plus fortes qui ceUes de la Sicile deux cent cinquante ° puissent repousser les nations, lieues ; la Sardaigne deux cents lieues; » Lltslie, ayant dix-aepi à dis-boît
l'Italie a donc un littoral de onze à millions de population, compris ses
douze cents lieues, c'est-à-dire égal à deux grandes îles, pourrait facilement
celui destlcsbritaimiques, qui est aussi avoir une armée de deux cent miUe
de douxe cents lieues, et presque le honnncs. Dans l'état actud de soni^rH
double de celui de la France, qui n'est culture, die se fût difficilement pro*
que de sept cents lieues. curélescheTauxnécessaires;maisdans
> Les villes de Nire, de G^ncs, de le moyen-âge elle en produisait beau-
Livourne, toutes les petites villes sur coup, et si celte nation eût toujouM
les côtes des deux rivières de Gènes, été militaire, elle eût continué la cul-
sont très-peuplées. La population de tore des diemmx.' Zifaples et de toutes les villes du royau- % La bravoure des troupes italiennes
me, celle d'Ancône et de toutes les ne peut être mise en doute à aucune
petites villes tie la Romagne, enlin époque. 11 suiHt de nommer Rome ef
celle de Venise, celle des côtes de Sar- tous les coudolticri du moyen-âi:e, et
daigne, de Cagliari, et en Sicile celle de nos jours les troupes de la répu»
de Païenne, Syracuse, forment une po- blique cisalpine on du rojaume dl-
iMilation maritimed'oiiegrandeimpo^ talie, etc., etc.
lance. » Appelée par sa position et l'éten-
■ Les mdes de Ventimiglia, de Vado, due de ses côtes à être la dominatrice de Gènes, de la Spezia, de Porto- de la Méditermnée, l'Italie n'nurait à Tern-ijo, du golfe de Naples, de Ta- craindre d invasion que par les Alpes, rente, d'Ancône, de Venisej cdles plus faciles à défendre que toute autre de b Sicile, celles 4« llstiie, de la frontière de l'Europe. Une vingtaiae Dalmatie, de Ragttse, des bouches de places fortes, grandes et petites, du Cattaro, 'appartiennent toutes à suffiraient pour intercepter tous lcsdé^> l'Italie bouchés des Alpes.
■ Si toutes ces parties eussent été » Tant que l'Italie a été livrée à cUcréunies en un seul grand état , il e&t même, et que llnflneDoe de l'Allemaété une des puissances maritimes du gne et delà France n'a été qu'auxiliaire premier ordre. Les chanvres de In val- et n'a pas du tout maîtrisé lltalie, die lée du Pô, les bois de l'Apennin, s'est divisée en trois masses qui sont ceux de rislrie , les fers de l'Ile d'Elbe , les divisions géographiques naturelles.
ILS D*ELBI. 19 • » I*. Au nord, k valléa du com* » i*. J?onM, |i«r MstouTenin, por ce
prenant tous les pays qui Tenentleuri qu'elleest déjà et par sa poaUioo, pourennx dans le Pô. Ils sont sur un même rail aspirer à redevenir encore la capîuiveau, et peuvent communiquer entre taie derelte belle contrée. Elle se troucux. C'est la Belgique cl la Hollande verait à cent trente lieues de tous les dt l'Italie , et Venise est Âmst^am. points de lu frontière des Âlpes où l'I' Ils comprennent le PiénMnt, la. Loin- talie peut être attaquée parla France ÎKirdie,' let légations et la république ou l'Alleouigne; elleseraitàcent lieues de Venise. desextrémitésméridionalesduroyaaine na". Au milieu de la pcninsul»^, d'un de N;iples el des cAles de la Sicile, un, côlé la Tosrane, el les étals du pape à peu moins de celles de la Sardaigne.
l'ouest de l'Apennin; c'est la vallée de Paris, la capitale de la Fraure, est à
TAmo et du Tibre. De l'autre, tout let soixante lieues de ses frontières du
pajs situés à l'est de l'Apcuoin, entre nord (i), à quarante lieues de la Bfan-
la vallée du PA et la froatiire napoli- che , à cent lieues du d^e de Gascogne,
Inine. Kn totnîilé, ils comprennent le à cent cinquante lieues de la Méditer»
prand-duché de Toscane, les étals de ranée. La malsaineté de |'air, l'infer-
l'église et la république de Lucques. tililé de ses environs, le manque d'un
■ 3\Enfia, au midi, le royaume de grand port et d'une rade à portée, Naples, qui a toujours fiiit une division seraient les grands dé&uts de Rome géographique et politique distincte. prise pour capitale.
■ Dans cette définition, la Romagne Si l'Italie finissait avec les du- <'oil faire ]iartie de l'îlalie du nord, chcs de Parme, Plaisance et Guaslalla, j arcc que c'est une plaine qui continue c'est-à-dire si elle ne comprenait que la plaine du Pô. la vallée du Pô etn'avait point de pres-
•Maistootecettegrandepopulation, qu'Ile, alors Mâan serait su capitale
professant la même religion, jouissant naturdle; encore seraiKe un grand
également des douceurs d'un cUmat défaut quecette ville ne pût avoir la li-
très-lempéré, ayant le même langage, gne du PA pour se défendre contre les
la m^me littérature, doit s'influencer invasions de l'Allemagne. Mais, dans
réciproquement, et Unir par s'agglo> l'agglomération du peuple italien, Mi-
mérer comme Pont fait les divers rojau- lan ne saurait devenir sa capi taie , étant
mes britanniques, les diverses pro- trop rapprodiée des frontières del^-
vincesde l'Espagne, celles delà France, vasicn, et trop âoignée des autres ez«
comme le feront peut-être un jour trémités exposées aux débarquemens. celles de l'Allemasinc. Les parties ita- »3*. Dans ce dernier cas, Bologne
liennes ont eu et ont encore plus de rait infiniment préférable, parce que,
choses communes, entr'elles que n'en dans le cas de l'invasion, les frontières
avaient tbu|es odles-là. forcées, die aurait encore pour dé-
» Si jamais ce grand événement avait- fcnse la ligne du PA, et que sa position
Jieu, qudle serait la capitde? l'iL-ilie , géographique, sescanaux, la mettenten
par sa confi|ruration , n'a pas de ville communication immédiate ou prompte
centrale. Serait-ce Rome, Milan, Bo- avec le Pù, Livourne, Gènes, Civita*
lojme ou Florence ? Gènes ni Venise * „ . . , . ,
, z j M f') Napoléon mesure tor la carte, arec le
lie sauraient y prétendre, dles sont ^ ^ ^^^^^ un* unir compt* d«
trup aux extrémités. ^nosiiêi ém
V«ccliia.lcs|MWtesdelaRoiiiagDe,Aii> début. C'était dn latin ^utl ni'e&t
cAne et Venise^ et qu'elle est beaucoup fallu rdire et non de l'italien. Et puit,
plus rapprochée des côtes de Naplei. j'avouend qu'en réritable Parisien je
• 4". Si l'Italie finissait au royaume sacrifie parfois à la mode. La toge
(Ie]Nap1es, et que la partie du royaume romaine, l'autel et la pnlère antiques
^e Naples et de la Sicile pût venir avaient perdu de leur crédit 4ant la
remplir le vide qui la sépare de la piiUic. Lt moywt'dge, avec M 'râbe
Coifse, alors seulement Florence poni^ fourrée, wa chaperon, sa cbaufture à
rait prétendre à être la capitale de ITin- Imigue pcnntc, sa fare barbue d
lie, parce qu'elle se trouverait dans une son poi^ard font fureur. Suivons
position crnlr.ile. • la mode, et commençons par une
Maintenant sur quel point de l'Ila- deccs belles républiques italiennes du
lie allais^je me diriger d'abord? Force noyen-4ge. Quele TalderAmo reçoive
m'était de raioncer à lanarebe que sût mon premier salut ; bonneur à la patrie
religieusement chaque honnête ton- desMédiciset de Benvenuto Cellini ! mfe dans son pèlerinage : Chambéry, Le lendemain une felouque me re-
Turin, Gènes, etc., et la légende con- çut en compa^^nie des ihons que j'avais
sacrée. Pas moyen de m'abatlre de la vu pécher la veille. Une quinzaine de
cime des Alpes sur le royaume sardi- paula fut le prix convenu pour mon
nois , à la numière d'un aigle, on d'un passage à Livonme. Le uneeo sovf*
loord^ent/oman, qui a en soin pendant fiait de l'arrière et nous donnait bon
un mois d'apprendre par cœur à Paris espoir de faire en six heures ce trajet
les trois mots qui composent pour lui d'environ soixante milles. Par malheur
le fond de la langue italienne : Came- la mer vint à se courroucer et le vent
rien, pranxo^ stanza. D'ailleurs cela à changer; et ce ne fut qu'après vingt
m'e6t ennuyé fort, pour arriver II des benres que nons atteignîmes notre
mœurs vraiment italiennes, de passer destination.
par la filière des mœurs /ranco-procin» Que toutes ces plages du Siennois ciales de la Savoie , et par celles semi- et de la Toscane sont désertes et trisanglaises de Turin. les! Les eaux de la mer sont jetées au Commencerai s -je par Naples? c'é- loin diins les tempêtes, et les alj^ues tait bien séduisant. La me de Tidkde poussées en avant sur le rivage se cor^ se4^n>ulait devant roôi avec ses hril- rompent et s'exhalent en Tapwirs em» lans magasins de fruits et de fleurs, postées. 11 y a des bois maigres et les jolies petites boutiques ambulantes rares dans quelques parties; des ma- «ie ses limonadiers, ses cabriolets d'une rais dans la ])lupart. On ne voit que forme si singulière, ses lazzaroni, etc. peu d'habitations entre Piombino et Maie, d'^n outre côté, les antiquités Livoome, et pas un seol irillage prodauiquB$ de Pompâ «t d'Hercule- cbe de la mer. Ce n'est que très-avant num avaient quelque chose de solen- donsles terres qu'on en remarque enfin nd qui m'effrayait nnpeu pour on deux ou trois qui oDtfair misérable.'
Une tottr avancée dans la mer ia rétablir à quelque dtstaooe de Tentrée côté de l'ouest est celle du Fnnal. Sa âe la Bocca^ bassin où l'eau n'a que ' forme ressemble à celle de deux tours dix ou douze brasses de profondeur, et qui seraient l'une sur l'autre. Les ma- ou se tiennent les petits bâlimens. La nos, poursedifijjcr, ne manquent point dnrse ou darsène est comme un second de remarquer non plus une quatrième port, ou si l'on Teut la partie du port tour qui se dessine dans le lointain au qui est la plus avancée dans lji ville* nord-ouest. Elle est à cioq milles du C'était lik que se tenaient jadis, ton» praud port, dans un pelittlot presque à jours prèles' à partir en course, le» flftur d'eau , ((ui n'a fjue 5o à 60 toises cin(( lalères du i^rand-duc. de diamètre: ou la nomme J/e/o/ia au- £n mettant le pied sur le quai, je trefoisilfcmaffa. Cette tour est carirée,- me trouvai face à face avec le seul et sa grande blancheur la fait aperce- objet d'art qui, à Livoume, mérite voir de fort loin. On prétend que la d'être remarqué : c'est la statue en reine Elisal)clh la fil construire après marbre de Fcrdin m i I"., érigée par la perte de deux vaisseaux anglais qui C(5me II son fils; elle est de Giovanni se brisèrent sur des écueils, dont l'îlot del'Opera. Le prince est représenté deest environné de toutes parts k plus bout sur un piédestal, a^aut une main d'un quart de lieue de distance. appuyée sur le côté et tenant de l'aulra
Quelques bàtimens venus du Levant un bàlon de commandement. Le mouétaient à l'ancre auprès du Moleto^ vement en est maiHjué, le dessin et , petit môle isolé en avant du port, et l'exérution sont mauvais ; mais il y a faisaient patiemment leur quarantaine heureusement pour accessoires quatre sous le canon d'une assez belle tour, à esclaves dont les figures sout trèslaquelle on donne le nom de ilfAraoceo, bonnes. Us sont de bronse, nncbalnés et qui sert de magasin ï. pou4re. Elle aux angles du piédestal, comme ceux est blanche et plus élevée qu'une se* que l'on voyait h l'ancienne slatue de conde tour à demi ruinée , sn voisine, notre place des Victoires à Paris, Toutes deux sont assises ■-ur des ro- avant «jHc), et à la première statue de cbers environnés de la mer, à peu de Henri IV du Pont-!Neuf. Leur gran* distance et au nord de la ville. denr est bien au-dMSUS de nature. Ha
Le mouillage de la rade, depius un refN^ntent quatre Africains nus, de demi-mille de la ville jusqu'à deux diflTérens âges. La composition en est milles au large, est excellent. excellente, surtout celle des deux vieil-
Le porta environ 3oo toises de long lards, r|uoi(ju'elle ne soit pas dans le et 1^6 pieds d'eau dans les eodroits les goût de 1 antique (comme le fait obpltts profonds. Il est sujet à des atter- server ntfvement Delalande dans ton rissemcns auxquels on remédie pair ouvrage)» A l'en croire, les modèles * l'emploi du bateau dragueur. ^ dePierreTacca,8urlesquelsoeibronset
Lors de l'arrivée de notre felouque , ont été exécutés, étaient encore supédrscanols, chargés de forçats, se dispo- rieurs en beauté. C'est l'avis, dit-il, saient à remorquer cet appareil pour de notre statuaire Pi^ale,qui les avait
a» LITALIL.
vus dans r.ilcîicr d'cin sculpteur, lis toile, cinq coupons île quelques aune tiennent bcnucoup,' pour le tlcssin, clcs de drap, plusieurs douzaines de cljccxccUcns ouvrages de Rubcns } les têtes mises, bas, mouchoirs, gilets de ila- <mt une belle expression de vÎTe don- nelle, déroulés, «moncelés sur la cornleur accompa^piée de résignatiou. La mode, la table, les bras du canapé el tétc du nègre surtout m'a semblé jusque sur les jambes de mon excel" parfailP. lencc. Que fair« ? 11 w me restait qu'h Si jadis la chrélicnlc molesta les capituler; je sortis du cotuîtat prodébris de la race Hébraù£uc aux quatre priétaire de quelques babioles de plus, coins du globe, certes les juifs de Li- dont en vérité je n'avais nul besoin, ▼oame peuvent se flatter d'avoir pris et qui ne servirent qu'à grossir mon
'sur ma personne une belle revanche bngnge, déjà assea embarrassant, quoi-
des mauvais procédés de nos pères. Je que fort modeste,
n'oublierai de ma vie les insinuations, Je dois convenir que, malgré le çain
obsessions, tribulations, persécutions que mon vendeur ne manqua certaine-
, qu'il me fallut subir de la part de leurs ment pas de faire, je n'ai jamais vu,
marchands ambulans pendant le court dans aucun de nos baxars, des produits
trajet duportoThAtcl, où un matelot me semblables k un aussi bas prix. En
conduisit. Une douzaine de ces fiizures Angleterre même, et en fabrique, je les
ne cessa de s'agiter et de bruire autour aurais, j'en suis certain, payé plus
de moi : Son exccUencc{\a politesse ita- cher : ce qui s'explique par les encom-
licnne ne concède pas moins aux bremens fréquens de marchandises
amonrs-proprcs ) , s<m excellence ne qui ont lien dans les maisons de corn*
r^usera pas fies tissus magnifiques? mission de Livoume.
(Un antre m'oflrait des foulards; celui- Messieurs les juifs sont en grand
ci faisait sonner h mon oreille une nombre dans la ville. On en compte
montre à répétition ; celui-là alonjreait jusqu'à vinizt mille sur la population
ou refoulait avec coquetterie les tubes entière, qui est de soixante. J'avais cd>
d'un binocle. Et tout cela était véri« tendu vanter leur synagogue comme
table anglais; on le doonul pour rien, la plus bdle qui fAt au monde, et je
Henretise An^eterre ! la terre entière m'empressai delà visiter. Elle est bien
est un marché pour tes innomlirahles au-<îe5sous dr sa réputation; c'est un
produits. Retranché enfin derrière une carré long, <lont les deux côtés et une
porte de chambre, je commençais à rcs- des extrémités sont entourés d'un por-
pirer;étêndnsur le canapé, j'appelais tique. Au-dessus règne une tribune
drmesvceuxl^heure du souper ik la table grillée et réservée aux femmes. Les
dliAte; je me croyais sauvé: vain hommes se tiennent en bas sous le por-
cspoir! tique et dans le reste du temple. Ils
J'entends gratter timidement :\ ma .«;ont assis, comme d ms les ('i:lises ca-
porte. J'étais ii cette époque un voya- tholiqucs et protestantes, et ils causent
geur novice, plein de candeur et de entre eux ainsi que les catholiques fran*
confiance; le mot entrez s'écha|)pe de çais à l'église. Tout le monde conser-
ines lèvres; aussitôt l'un de mesdouse vait le chapeau sur la téte comme h. la
bourreaux de la rue, il avait nom BouiBe.Il J avait un grand luxe d'éclai-
Matathias, s'insinue dans ma retraite, ragcenbougies. Au milieu s'élevait une
En un clin d'œil voilà trois pièces de chaire carrée où le rabbin, les épaules
LIVOUHNE. 13
coitvci lcs A'uûc i:r;iutlc pict c ilVloilc, Tnsc.inc nvail dès long-temp» devancé
cli:u)U>it de riichrru avec une voix l.i France.
jisscz belle. L'a?scîn!)]cc cnlièic rt'uoa- Le tableau suivant, trace parle pré-
dait: cela rcsscmhbùt beaucoup à notre sidenl Uesbrosses, reste encorece qu'on
plaiiMhaDt. M. Val c : v , i] uî m trouvait a dit de mieux au sujet de Livoume t à LÎTOame dans les grandes chaleurs, « Figurex-Tous une petite ville de
vit aux mains du rabbin unlooi; éven- |ioclic, loute neuve, jolieàmettredans
tail vort , semblable à celui de nos une taba lien;. Klle<Iébule aux veux des
vieilles marquises <b' roinéilie; évrn- voyajrf'urs par (les forlilications , con-
t4'iiiilonliliai.sail uuircfjucnlctbru^anL 5lruil.es et eutreleuues avec une ])ro>
usage. Les juifs de Livoume sont, prêté charmante; elles sont de briques
comme ceux de presque tous les pnys, ninsi que la ville entière. L^fossés, re* *
des commerça ns fort riches pour la -vêtus de mâme, sont remplisdcreaade
plupart. Pliifî des trois quarts des [iro- mer. On entre par une tue large et
priétés foncières leur appartiennent ; Ionique tirée au cordeau, à laquelle
on s'en aperçoit de reste à la clterté aboutissent deux portes. Lesjuiisde-
des loyers. Leurs femmes, parmi les- meurent dans le quartier de la ville qui
quelles il y en a de fort jolies, rappel- est h gauche, moins agréable que celui
lait beaucou)) les Es|)ai;nales pour le delà droite, où l'on a creusé des canaux
genre de beauté. Les bommes se < is- pleins de l'eau de la mer, comme à
tini^uent par leur intelligence et leur V^enise, et bordés de quais de part et
amour pour les lumières. L'enseigne- d'antre.
ment mutuel a été introduit âaot leun » La grande rue est interrompue par
écoles de pauvres. une place carrée fort vaste, terminée
Lorsque le grand-duc LéopohI rendit d'un bout à la principale église catho- « cetéditlibéralquiassimilaiten Toscane liqne, il Duomo. Celle église, peu retous les propriétaires, dcquel(jiie pays marquable pour l'Italie, a meillcuremietdequelquereligionqu'ilsfusstnt,aux ne <[iil' bien des cathédrales de ma mêmes honneurs, il arriva uue chose connai.'ssance, ne fût-ce que par son assez singulière. Un juif respectable riche plafond peint et doré, et par ses fut nommé, à la pluralité des voix , ma-' marbres de brèche violette ( i ). gistrat municipal de Livoume; les > La plupart des maisons de la ville prêtres lui refusèrent la place que sa étaient d'abord ])cinles à fresque, ce diijnitélni donnait dans les céréiiionies qui devait faire un lort joli eflet; mais religieuses, et ils adressèrent des te- le voisinage de la mer, ennemie nalumontrances au souverain. Sfata celui-ci relie de toutes peintures, les a presdécida que la présence d'un homme que enllèremcSnt eOhcées. vertueux , qui m jugeant les hommes • Chaque nation a l'exercice de sa représentait en quelque sorte la Divi- rdigion. Je ne vous parle ni de la $ynité sur la terre, ne profanait point le najçogue, ni de l'éulise des Arméniens, culte qu'on lui rend. U fut prononcé qui n'a rien de sinj^ulier que des inque le privilège contesté ne pouvant scriptions de lombes écrites de façon être un objet de scandale, le juge en
jouirait comme d'nn drmt nersoimel, ^ ^ ^ . .
* , . 11- • 1' • V (0 On appelle bi^he nti agrégat pierreux,
nuiis sans être oblige d assister « ces ^ frapnens qui ont ane origiiw com.
cérémonies. Eq tolérance religieuse, la mane avec la pierre qui les anit.
(|u'il fundniit ^Ire pis que démon pour les lire; ninis l'église grecque a quelque chose <lans sa forme qui mérite de s'arrêter. Le chœur est entièrement séparé et fermé, on ne le voit quli trairers les jalousies. La nef est faite, non comme cdle de nos ^lises, mais précise ment comme un chapitre de moines, sans aiilrl , chapelles ni autres ■omemens quelcoui^ues , que quelques méchantes pdntures k la grecque et une tribune dans le haut. »
La seule rectification à faire à ces détails est dans 1 'arrrois';emenl énorme de la population, accroissement que favorise l'abandon lait aux particuliers du terrain des fortificaticHM et d'autres emplacemens des environs. LitV>ume est appelée, dit-on, à égaler Florence en étendue; mais il y aura toujours bien loin d'une ville que INI. ^'alery proclame avec raison la plus indoctc de toute l'Italie, malgré sa prospérité matérielle et sa dTillsiH tien anglaise ou américaine* à cette Florence si ridie en nobles souvenirs, et en monumens splendides.
J'allais oublier une amélioration de la plus haute importance. Livourne , privée d'eau potable, en était réduite à se servir de eitemes. Le gouyeme» ment s'est déterminé récemment à j conduire une source d'eau très-bonne, éloij.'née <lc douze milles et provenant des mon laques de Golognola , .par le moyen d'un aquédiw.
Pour ceux -^i ont encore foi & la contagion de la peste, et le nombre en est grand, malgré la division d'opinions qui commence à s'élever à ce sujet [^armi des médecins notables, le lazaret est un monument h visiter, n est impossible de n'être pas firappé de Vintdligence qui a présidé à cette construction. Le lieu est commode, les bAlimens sont Tastes, les distributions
bien entendues. Tout y paraît pris ei»
grand et mis dans l'ordre le plus convenable à l'objet. Ces détails, et ceux des lois de la police que l'on y doit observer, sont curiewt. On y trouve diverses sortes de magasins sous voûtes pour les marchandise» les ])]us précieuses : celles à odeur séparées de celles qui n'en ont pas; les plus salines toujours à part : celles d'aucune cargaisu»
ne se ctmiondent avec celles d'une autre; les étrangers également séparés
des marchandises et les uns des autres.
Tout esit prévu, itis([u;i des prisons, des raeliols pour les dilict enles clas.ses et les diflérens états. Les loj^emens des officiers, desadministraieurs sontbeaua et-commodes. De grandes citernes four»
Dissent l'eau au moyen d'une pompe placée au milieu de la cour. Un canal de navigation sert à voiturer les marchandises à la ville.
L'entrepôt général des huiles excita aussi mon admiration. Afin d'épargner l'entretien de la quantité de tonneaux qu'il faudrait pour les conserver, on a fait un maçrasin d'une grandeur prodigieuse, tlans lequel on a sonj;é fi la solidité et à l'utilité plus qu'à la décoration* Les vo&tM en lotit basses; on a pratiqué dans toute leur étendue des caves, ou pour mieux dire de petites cuves de quatre pieds en carré, de maçonnerie , doublées d'ardoise , et que l'on fermeàclef ; on les remplitd huile, et elle s'y conserve parfaitement. Les marchands, moyennant une modique rétribution , y serrent leurs huiles , et ne les en retirent que pour les vendre.
Le corail est le principal objet defa> brication h Livourne : celle matière se tire des côtes de la Sardaignc et de la Corse , et surtout des environs de Bi«serte, sur la côte d'Afriqtie. On est étonné de la quantité de mains par lesqu^es il ùcâlL que les grains de corail
passent avant J cire fuçoDiiâl}On les di- Decharm;.nles niaÏMinsde caïupugoe vise (l'abord en quatorze nuanccsdifTé- couvrent le Montenero, à quelques rentes , (huit voici les noms : i . scliiiima milles de Livourne ; l'éijlisc tic la Matliiu/iguc, -i.. jior di sans^ue^ 6. yrimo tioDe , ol^et de la vénération populaire, sangue, ^.seeondo tangue ^ S.larxo est remaniiuble par m belle Toe et par snnguot ^ ttnunoro , 7» moro , 8. nero , la richewe et la variété de set marbres. g.strafine^ lO. JO/rra^e, 11* car- Une plage aride, appelée l'^rr/ensa, bonettOy l'i. paragono, li.cstremo, sert de promenade, et réunit , nprèsle i^. passaestrcmo. Après cela on les rouclier du soleil , toutela brillante 80taille de longueur, d'autres ouvriers ciclé ce Livourne. lenrdflDiieatliifOTnieeBlesarnHidissant Le point d'<»ù Livoume et aim port sur une roue de grès cannelée. H y en a se présentent le mieux , est un lieu ap« qui ne sont occupés c[u'à les percer, ce pelc les Trois-Toursy au nord de la qui se fait avec beaucoup d'adresse et ville ( Pl. II ). La premièrede ces trois de propreté; d'autres h les assortir, tours est celle du /T/rtrj:occo dont nous Pour leur donner le poli on les frotte avons déjà parlé; on la nomme ainsi a les uns contre les autres, en lesremuant cause du manoeeo ou lion en Jimtê dans des sacs de cuir, où Ton a mis au- d<mt die fut couronnée. La seconde paravant un peu de pierre-ponce pul- est cette tour à {zauclje, dont il ne vérisée. Ces !?rains s'enfilent comme de reste plus qu'environ la moitié ; il ne loDLTs chapelets; c'est dans cet état qu'on reste que la base de la troisième plus les débite. Les grains les plus gros se rapprochée de Livourne. vendent aux Turcs , qui s'en font des Un jour que je me promenais en cet boutons ; ils sont comme des balles de endroit avec un jeune Pisan de mes pistolet. amis , « Regardes bien ces ruines, me Les Aniilais ont un cimetière parti- dit-il, voilà tout ce qui reste de l'aoculier f[ui est hors de la ville. Malgré cien Porto-Pisano^ qui fut le port de l'excessif éclat de ses marbres, qui , se- Pise, à l'époque où la florissante Pise Ion l'expression de M.yalery, lui donne était comptée pour la troialème réun peu l'air d'un grand atelier de mar- publique maritime de l'Italie: Yenife brier, son aspect me toucha. «Il est dif- et Gènes étaient les deux autres. G'éficile de ne pas se sentir ému en con- tait au douzième siècle. Les Pisans se templaot tous ces tombeaux d'étran- trouvaient alors à la t»îte de la confcgers, de voyageurs morts loin de leui déralion des Maremmcs ( on donne le patrie. H règne èsKûê la plupart éat. nom de maremme^ contracté du latin inscriptions une concision, une sim- maritimaj à toute la partie de la pUcité de douleur qui attendrit. Quel- Toscane située le long de la mer). Le ques-uns de ces voyageurs, pleins de • territoire de Pise s'étendait sur toute ■ jeunesse, d'espérance , amis des lettre? la cf^te, depuis Lerici jusqu'à Piomet des arts, allaient demanderdes jouis- bino, c'est-à-dire depuis le golfe de la sances, des souvenirs à la terre qui les Spezia jusqu'en face de l'Ile d'Elbe. Ce a dévor&. La plus célèbre de cet qui ne signifie pas, il est vrai, que tombes n'est pas toutefois très -mé- toute cette contrée dépendit îmmédialancolique , c'est celle de l'écrivain et tement de la république , mais seuleromancier satirique SmoUet, mort à cia-' mentquetoulesles petites villesct tous quunte-un ans, consul à Livourne. » Icscbâtcaux s'étaient missouslaprolcc-
a6 LIj tion de cette cilé puissante. Ces petites comiQunautés faibles, mais restées libres danB leur administnttoo , avaient consenti à faire narcher leurs milices sous les étenriards dePise, et à se BOU- Tiicltroaux décisions de ses consti!'?, nu IK u lit! rrcniirir aux armes lorsqu rlUs auraient entre elles (|uel(£ues dilicretis.
—Mais je ne vois pas ici l'ombre d'un port. — n est arrivé ce qui est arrivé aux ports de Luni près de la Sj>czia, d'Ostia à l'embouchure du Tibre, d'Hadrîa à l'ctiiboucbiire du Pô, que t^cs circonstaiircs politiques et des révolutions pb^ siqucs uni peu à peu fait disparaître. Vers l'an i uc)u les ennemis de la république de Pise travaillèrent à combler l'entrée du port. Ln fortune contraire rmprclia depui.s les Pisans de le ren lrc à sa splcndnir prfmièrc.
Plus tard le travail de 1 homme cessant d'apporter le moindre <Aslacle aux atterrissemens, les vaisseaux d'abord , et bientôt les barques elles-mt^mcs cessèrent d'y trouver une station. Au quinzième siècle commença la ])rospérilc de la petite ccAeZ/c de Livournc qui était presquecontiguë , etquelcs possesseurs du riche Porto-Pisano avaient jadis cru pouvoir négliger. On croit que le marquisat de Livoume , propriété de la ma ison d'Est , avait été donné en i lo.l par la reine Ma tilde à l'arcbevéqucde Pise.
En 1431* Livourne, alors aux mains des Génois, fut vendue par eus à la république de Florence. Le port que la nature y avait formé commençait à devenir intéressant, car les auteurs observent f|uc l'acquisition que les Florentins avaient faite de Pise en i4o6 était regardée comme inutile, jusqu'au temps où ils y réunirent le château de Livoume. i Les écrivains de l'époque rapportent que l:i joie des babitans de toutes les classes fut inexprimable le jour où