LA PERVERSE INGÉNUE
L'enfantine Amarante en habits de bergère, De bleuets et d'épis couronne son front nu. Elle compose, à la façon de Deshoulières, Des vers légfers d'un tour galamment ingénu.
Sa candeur effrontée offre, au premier venu, En exemple, l'ardeur des tourtres familières, Mais l'amour qu'elle chante, elle ne l'a connu Ou'à voir se becqueter les oiseaux des voiières.
Elle met en couplets le coucou de Tircis, Le Cageot de Sylvie, et c'est d'un air novice Qu'elle soupire après Sylvandre, au Clavecin,
Elle ajoute, les veux animés d'un feu tendre :
«, O transports des amants, il n'est pour vous comprendre
« Pleinement, que le cœur que je porte en mon sein ! »
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ISSE
LA belle Issé récite un hymne à la Nature, Et, mariant le chanvre à son chant grave et doux, Pince la harpe assise entre ses deux genoux ; Tout le cristal épars du boudoir en murmure.
La mode est au sérail, elle en a la parure ; Un turban orgueilleux retient ses cheveux fous, Sa veste de sultane, aux vives chamarrures, S'anime du beau sein qui palpite en dessous.
Elle chante. L'or fin des cordes transparentes La dérobant, fait sa beauté plus enivrante, L'armant d'on ne sait quel mystérieux attrait ;
Telle est Diane au bain, s'enveloppant de pluie, Telle encore on nous montre éclipsée, éblouie, Vénus, sous un brouillard qui flotte et disparaît.
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