LA MATINÉE CHAMPÊTRE
J'AI fait claquer les deux volets contre le mur, Aussitôt le jardin, tout bourdonnant de fleurs, Est entré dans ma chambre avec un frais murmure- D'eau vive, et ce qu'il a de lumière et de fleurs.
L'herbe, sous la poussière, étincelle de pleurs. Pas un nuage, au ciel, n'en interrompt l'azur, Les coteaux, sur qui traîne une molle vapeur, Frémissent au soleil d'un bel or déjà mûr.
La servante, au milieu des verts carrés de buis, Se remue au verger et fait grincer le puits. Tout le poulailler piaille et le chaume roucoule,
La bêche matinale est active aux penchants, L'arbre remue, un oiseau passe, une eau s'écoule, Et j'aspire la bonne odeur qui vient des champs.
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