‹ La tour d'ivoireChapitre 21 sur 42 · LE BIJOU INDISCRET · texte numérisé non relu

LE BIJOU INDISCRET

ELLE foule au jardin, où saigne un pâle automne, La pensive avenue où sanglote un jet d'eau. La douleur l'a courbée au poids de son fardeau Et fait que, sur sa tempe, un peu d'argent frissonne

Son beau front, divisé par un double bandeau, Se ride ; un long deuil flotte autour de sa personne,. Les soupirs ont tressé l'immortelle en couronne Avec le chrvsanthème, ornement des tombeaux.

A sa broche, où sourit un jeune homme avec charme, J'ai deviné soudain la source de ses larmes, Une même tristesse ici-bas nous unit,

Les beaux yeux disparus m'inquiètent encore, Et, broyant du passe la dépouille jaunie, •Comme Elle, je m'isole au souvenir des morts.

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