A PAUL VERLAINE
TANT qu'on verra Cypris diviser l'univers En deux égales parts d'accalmie et d'orage, Par sa double influence enseignant, d'âge en âge, Qu'elle est née autrefois du flot changeant des mers.
Aussi longtemps, les bois frémiront de tes vers, Aussi longtemps, d'épis, d'olive et de feuillage, De myrtes odorants, de lauriers toujours verts, Les Filles de Mémoire orneront ton ima^e.
Les pâtres, de vin pur, du lait de leur troupeau. De miel, honoreront le tertre où tu reposes, Et feront dire au soir aux rustiques pipeaux
Ou'au mépris des vils biens qu'enfante le Potose, Ton courage héroïque, épris des seuls travaux, Sut mériter la fleur que le Pénée arrose.