ACTE SECOND
Le dernier crime.
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u,châtean PE PTE e l'espérais, Mais voilà s fers, et, ni ni les ténèson refus.
entends-tu ?
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us ne verrez ALONZO, BONIFACIO. ee
Ps, j'espère.
ALONZ0.— Avec quél plaisir, mon cher Bonifacio, je revois ces lieux, que j'ai quittés depuis si Jongtemp$ ! Hélas! c'était sous ces marronniers que ma bonne mère aimait à s’asseoir, tandis que je folâtrais sous es yeux. dans les prés fleuris. C’est là aussi. que tant de fois elle me fit des leçons de vertu. in qu’elle m’apprit À me confier en Dieu, à tout attendre de sa main bienfaisante ! C’est là encore qu’elle m’inspira l'amour de la patrie et l'attachement au roi que je sers! J'étais bien jeune alors, et depuis, | Dieu m'a retiré cet ange, que je connus à peine. Les années m'ont paru hien longues depuis cette époque." Encore ri mon père, ce pauvre père, dont j'étais l’idole, m'était resté, pour consoler :mon {cœur! Mais non, Dieu m'a tout enlevé! Ce château mêMe. qui eût été pour moisi précieux en souvenirs, ces biens, tout a passé en d’autres mains. :
BontFAcIO — Allons, seigneur Alonzo, ne vo 8 désolez point comme cela: nous SA VONS- LOU: COM: bien Mme la comtesse ‘était bonne, combien -M. le comte vous aimait. Quel malheur que nous les, ayons perdus! Mais ne pensons plus à cela, sei- Là gneur chevalier; je suis si content de "à revoir! ‘.
e veux que:
nce, monsei- | on cœur), et ut. (Ils sor-
. ALONZO.—Je suis heureux de ta joie, mon brave Bonifacio : je me rappelle toujours avec plaisir mes premières années. Oh! je #'aimais bien alors, et, après mon malheur, ton affection toujours m’a rappelé celle de mon père. Bonifacio, oh! je n'ai pas changé à ton égard.
Bon1FACI0.—Ni moi non plus, mon cher Alonzo.
Mais, pardon ! monseigneur, sije me permets encore cette familiarité d'autrefois; mon affection pour | vous est si grande, et je ne vous ai pas vu depuis si longtemps!
ALONZ0. — Changeons de propos. Le comte de Mortano, mon second père, me paraît accablé sous le poids de bien grandes inquiétudes. Sais-tu quel peut èn être le sujet? Ce matin, lorsque,je suis arrivé, il m’a reçu d’un air froid et glacial: il m'a paru mêmeirrité contre moi. Je crois cependant n'avoir rien fait qui puisse lui déplaire.
BonIFACIO.—Oh ! non, il est comme cela, à présent: toujours solitaire et taciturne. On le voit rarement sortir, et jamais il ne visite les paysans. Ricardo seul a droit de l'aborder.
ALONZO.—J'’ai toujours éprouvé de l’antipathie et de la répulsion pour ce Ricardo. Il me semble être le mauvais génie du château. |
BoxtrAcIo.—Il est devenu la terreur de la contrée. Avec lui, on n'est jamais tranquille et l’on tremble toujours.
ALONZO.—Y a-t-il longtemps que le comte est devenu soucieux, inquiet ?
Bontracro.—Depuis un an environ. Mais, sortons,
monseigneur, allons sous ces marronniers qui vous rappellent tant de souvenirs. La fraîcheur de leur ombre vous délassera des fatigues du voyage, et j'ai bien des chose$ à vous communiquer.
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BoNtFAcI0.—Vous avez raison : ce que j'ai à vous communiquer ne doit pas aller à d’autres oreilles qu'aux vôtres, monseigneur. Asseyez-vous ]à ; je { vais tout vous raconter. ï :
Depuis quelque temps, comine je vous lai dit M. le comte est tombé dans une tristesse qui le rend irritable et soupçonheux à l'excès. Chaque jour, ce sont des enquêtes, des perquisitions, des interrogatoires, des emprisonnements. On n’est en sûreté nulle part: tout ce que l’on dit, tout ce que l’on fait peut fournir matière à une accusation et faire croire ä un complot. Ricardo favorise encore par sa méchanceté cette noire mélancolie du comte et semble avoir pris À tâche de lui faire voir partout des attentats où des conspirations contre sa propre vie. Chaque nuit, on voit rôder dans la campagne des figures sinistres, En sorte vraiment que ce château semble muüdit. Le jour, c'est M. le comte, c'est Ricardo qui nous tourmentent : la nuit c'est bien autre chose : ce sont les revenants.
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a —Ton imagination t'égare, mon ami. Ce u me racontes ne peut êtr É d' | peut être que l'effet d’un rêve.
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BoniFaAcIo —Non, monsieur le chevalier, vous Qulez voir que ce n'est pus un rêve. C'était il ny a 75 encore 8iX Mois, je ne sais plus quelle circonsance in avait conduit dans les souterrains du ch4eau. Comine il pero longtemps que je n'avais 'isité la tour du Nord, tenue fermée depuis la mort
le vo le Ï tre père, bien qu'il s'y passe, dit-on, souvent
Mais, sortons, iers qui vous heur de leur u voyage, et uer. |
d’étranges choses, je voulus profiter de la circonstance pour y pénétrer. Je tenais à la main un trousseau de clefs: j’en essayai plusieurs, avant d'en trouver une qui pût ouvrir la porte de fer qui donne sur la galerie. Enfin la porte céda. et je me trouvai dans une grande salie, sombre et délabrée, n'ayant pour tout eublement qu'une table et un fauteuil. J'étais à peine arrivé au milieu de l’appartement, lorsque tout à coup il me sembla entendre un brüit dans la salle voisine de celle où je me trouvais. La peur me saisissant, je me blottis derrière le fauteuil.
À peine étais-je caché, que je vis entrer un vieillard tout décharné: sa démarche était pesante, ses mains étaient chargées de chaînes, un long mantgäu noir couvrait ses épaules, et son visage s’enca t dans une chevelure et une barbe blanches.\ El s’avançait, les bras croisés, vers le fauteuil. Non, je ne me trompe point, monseigneur, c'était bien les traits et la démarche de votre père; il avait ce front plein de dignité qui inspiruit le respect autrefois. Oh! je l’ai bien reconnu … J’étais plus mort que vif; une sueur froide inondait tout mon corps. Je voulais crier: les paroles expiraient sur mes lèvres. Cependant, après quelques instants, le spectre s’éloigna, sans pruférer une seule parole, mais poussant de profonds soupirs, qui retentissent encore à mes oreilles. Je regagnai aussitôt la porte. que je refermai sur moi; mais j'avais l’imagination tellement troublée qu'il me sembla entendre, en ce moment, une voix qui s’écriait : ** Oh ! qui que vous soyez, ayez pitié de moil... ” — Je me hâtai de quitter les souterraits; mais je détachai la clef qui m'avait introduit dans la tour du Nord, et je l’ai eonservée depuis, espérant, un jour ou l’autre, avoir occasion - d'éclaireir ce mystère — — ==
ALONZO.—Mon ami. tout ce que tu me racontes m'intéresse vivement. Mais je n'ai jamais pu croire aux histoires de revenants. Ton imagination, sans
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Bon:
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BoxtFacI0.—Seigneur Alonzo, je ne suis point un enfant. Ce que j'ai vu dans la tour du Nord est bien réel; c'est bien l’ombre de votre père. |
ALONZO (8e levant et se promenant, soucieux, rêveur. Bonifacio se tient debout).
.(4 part.) L'assurance de cet homme, les choses singulières qu’il me raconte, le mystère qui semble couvrir toutes les actions du comte de: Mortano et ses rapports avec moi, me font craindre mille choses. Le comte, mon protecteur, serait-il coupable, comme on le dit tout bas, à la cour du roi?.. Je doiïs et je veux tout savoir, puisque je suis venu dans ce but. (Haut.) Ecoute, Bonifacio, je tiens à examiner moi-même le phénomène qui t’a si fort effrayé. Ce soir, tu me remettras la clef de la tour du Nord: je veux passer la nuit dans les appartements dont tu viens de me parler.
BoniFacio.—Vous voudriez vous exposer, monseigneur ?
1 me racontes ais pu croire rination, sans