‹ La tour du nord [microforme]Chapitre 26 sur 34 · FER · texte numérisé non relu

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Ecoute, Alonzo...

MorrÂno.—Que vous importe ?

FERNANDO.—Vit-il encore ? Est-il heureux ? Oh! de grâce! qu'il me s6it donné de contempler-encore une fois son visage, une seule fois, moñ Dieu... d’entendré une parole de sa bouche !...de déposer un baiser sur ce front, autrefois si beau ! et de mourir ensuite | “

MorTaAno.—Signerez-vous l'acte que je vous ai demandé ? |

FERNANDO.—Au détriment demon fils ?.… Jamais!

MorTano.—Eh bien, jamais vous ne reverrez votre fils.

FERNANDO.—Ingrat! Ne crains-tu pas qu’un jour l'homme que tu nourris près de toi, qui t’encourage au crime, que Ricardo, plus méchant que toi, ne te brise, comme tu m'as brisé toi-même ? Tremble, malheureux, car il estiau ciel quelqu'un qui voit tes crimes et qui les compte, quelqu'un qui écoute les gémissements de l’igfortune, qui en recueille les larmes ! Et: quand la mesure sera pleine, malheur, malheur à toil… (Ton solennel.) Mortano! devant ce Dieu, seul témoin de ce qui se passe ici, en ce Moment solennel, écoute mes dernières paroles, car, je le sens, je vais bientôt mourir! Devant ce grand Dieu, tu n’es que mon valet, et je suis toujours ton maître, le comte de Stella! Eh bien, ce Dieu a parlé, dans ses livres saints, et il a formulé de terribles menaces contre les serviteurs infidèles! Tu frémis à ce mot! Au milieu de mes souffrances, j'ai toujours étouffé les paroles de malédiction qui aHaient sortir de ma bouche : j'étais retenu par le

- bien que tu faisais à mon fils ; par reconnaissance, -—

j'ai toujours excusé ton crime... Mais, aujourd’hui, sur le bord de la tombe, alors que tu me refuses la dernière consolation qu'un homme puisse désirer sur la terre, j’élève la voix, misérable ! (il lève la main) et;-devant Dieu, je te matrdist CMortano sort.)

: SCÈNE II dernie m m’avo

FERNAND (seul).—Je A6 sais quel pressentiment france me dit, au fond du cœur, que je vais être aujour- conso) d’hui délivré de tous mes maux. Ces fers tombe. gnatic ront-ils de mes mains? La liberté mé sera-t-elle merci enfin rendue ?.. Mes Jeux reverrent-ils encore la du côt lumière du jour ?.…. Oui, l'espérance rénaîft dans sins, € mon âme abreuvée d’amertume et broyée par la Æ cabine souffrance. Je me reposerai encore dans les bosquets : fleuris ; j’entendrai encore le doux chant des oi: : eaux, et je respirerai, près de mon fils, l’air pur et bienfaisant de ce beau ciel d’Espagne, que mes regards n’ont pu contempler depuis vingt ans. O mon fils! mon bonheur et ma joie, l'espoir, le seul espoir de ma vie, mon Alonzo, je te reverrail… Ah! si l’horreur' de ce cachot ne m'a pas encore fait mourir, c’est que Ja pensée de mon fils m'a soutenu jusqu’à ce jour, Depuis vingt ans, son beau visage m'apparaft dans chacun de mes rêves, et à, il me parle, et je lui réponds, et lorsque mes lèvres monse vont déposer un baiser sur son front rayonnant, je nuit l’entends murmurer à mon orelile ces paroles con- ° 6 solantes, qui me transportent et qui m'enivrent : . x ALO! ‘ Mon père, ayez confiance: un jour, nous nous ét je v reyerrons |...” Mais non, c'est une illusion! Par- cette t: don, mon Dieu, pardon de ce moment de faiblesse, se de ce rêve insensé! Je vous ai promis-de placer ma Bon Joie dans ma souffrance, et je veux continuer cet ‘ Seul, d enfer jusqu’à l’heure, qui ne peut être éloignée, où. M à vous vous m'appellerez à vous? dent là, oui, €’est à, ” ALOR assurément, que je reverrai mon:Alonzol... Je vous: à. inquié! remercie, mon Dieu, de ces fers que vous m'avez Avis donnés! Je bénis les murs de cette prison, témoins \ de mon martyre. Ne me rendez jamais la liberté.

— mon Dieu, car la souffrance est la voie qui mène; je sera sûrement à vous ! Non. je ne désire plus revoir ce qu'il -n fils bien-aimé, pour qui cependant mon Ame son-. faire, n pire, nuit et jour !.. (Avec effort). Ce sera Ïà mon. Si vou:

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