Ponts portatifs démontables
i'our donner une idée de ces ponts, cpii ont obtenu des Diplômes d honneur à toutes les Expositions auxquelles ils ont liguré , nous ne pouvons mieux faire que de citer quelques extraits du remarquable i-apj)orl présenté à la Société d’Encouragoment pour l’Industrie nationale, I>ar M. Schlemmer, Inspecteur général des Ponts et Cbaussées, ancien Directeur des chemins de fer.
L eminent rapporteur s’exprime ainsi :
Parmi les mgénieurs-conslnicleurs (jui oui contribué aux progrès conlem])oraiiis (les constructions inétalliipies, M. KilTel occupe rnn des premiers rangs par son viaduc de (jarabit, dans le centre de la France, et son grand pont sur le Uouro, en Portugal.
Dans la communitxilion (pi'il vient de faire à notre Société, il aborde un tout antre ordre d idées (jue celui des grandes ouvertures des ponts, pour faire iraliser un nouveau progrès des constructions mélalliijues. 11 reju’end le problème si intéressant des [lonts portatils économifjues.
La lechercbe de la conslrnction d'un ponl portatif économicpie, composé d’éléments semblables pour des portées dill'érenles, jirésenle un intérêt considérable.
La solution de ce problème permet de créer un matériel pour les armées en campagne et, plus généralement, de constituer une marchandise (|ue l’on [leul appro- ^isionnel en magasin et, par suite, tenir à la disposition immédiate des besoins, en substituant a des solutions spéciales à clia(|ue cas particulier une solution générale.
Le problème ne laisse pas de présenter des diflicultés.
11 s agit, en etlel, de construire un ponl simple, composé de pièces d’un très petit nombie d échantillons dillérenls, de manière à en faciliter le montage sur place et à peimeltie de 1 etlectuer sans avoir recours à des plans de montage et en employant les ju’emiers ouvriers venus.
11 faut fpie les pièces soient h'gères individuellement, afin de pouvoir être Iranspoilées, sans dilticulles, dans les pays les pins dépourvus de chemins. Le ponl lui-même, dans son entier, doit être d'un poids très faible, de manière à ne pas nécessiter des supports de tondations disj)endieux et à pouvoir, dans la plupart des cas, être posé simplement sur les berges des deux rives convenablement préparées.
L assemblage des dilïérenles pièces composant le pont doit pouvoir se faire au mo\en de boulons, afin d’éviter tout travail de rivetage, (jui nécessite nn outillage spécial et un jiersonnel expérimenté pour etlectuer le montage.
.Maigre cela, le ponl doit présenter une rigidité comparable à celle des ponts rivés, et ne doit prendre (pi une faible flèche sous le passage des plus lourds chariots.
Lutin, le lam^age du pont au-dessus des rivières doit pouvoir se taire rajiidement et sans e.xiger aucune installation spéciale.
(. (*sl dans cet ordre de conditions (pie .M. Kill’el a étudié son système de ponts
APPENDICE
poiialifp, en acier, dont un nombre considérable de spécimens sont employés en France cl à rélran*^er et, nolamment, dans nos colonies.
La disposition fondamenlale du syslème consiste à composer les deux poutres fifarde-corps d’un cei lain nombre d’éléments trianfj;ulaires identicpies les uns aux autres, adossés et assemblés entre eux.
C»>s éléments (fig. 87) sont des triangles isocèles dont la base, les cotés et le montant
sont composés par de simples cornières, (pli sont assemblées au moyen de goussets solidement rivés à l'atelier. Chaque élément forme ainsi un ensemble indéformable.
Toutes les cornières composant l’élément sont orientées dans le même sens, c’est-à-dire (pie les ailes de ces cornières sont toutes tournées du même c<jté. Les éléments olïrcnl donc, sur une face, une surface jilane et peuvent, jiar conséquent, être adossés les uns aux autres, dans le plan médian de la poutre.
Fig. s7. — Klément triangulaire d'un pont dkmontarlk.
Différenls types. — Les types les plus enijdoyés jusqu’à ce jour peuvent se classer
ainsi :
1“ Ponts-routes avec platelagc en bois (fig. 88; de 3 m de largeur jusqu’à afi m de portée, et de \ m de largeur jusqu’à a'i mj de portée;
2“ Ponts-routes à jdatelage métallicpie pour chaussée empierrée, de 3 m de
largeur jusqu’à r>\ m de portée, et de, 3,80 m de largeur et ao m de portée;
3“ Ponts militaires pour le passage des troupes et de l’artillerie, de 3 tn de largeur jusqu’à 9.\ m de portée (voir fig. ()i);
V Ponts pour voie Decauville, jusqu’à ai rn déportée;
5" Ponts pour chemins de fer à voie de 1 m juscpi’à 22 m de portée;
(■)“ Ponts pour le rétablissement
des chemins de fer à voie normale, jusipi’à '1.”) m de portée (voir lig. 8());
7" Passerelles |)Oiir piétons et bêtes de somme.
Sans entrer dans la descri]ition détaillée de ces types, nous signalerons les applications (pie la Compagnie d’Orléans vient de faire des ponts de ifi 771 et de w, du type 11® t’>, sur sa ligne de Ouestemberl à Ploiu-mel, au rétablissement de la circulation des trains sur des déviations provisoires, pendant la réfection de trois ponts sitiKîs sur la rivière d’Oust (voir fig. (jo). Les trois ponts à réfectionner étant de la même ouverture, les ponts Hilïel établis sur la première déviation sont successivement démontés et reporti'-s aux deux déviations suivantes.
L(!S épreuves, sous le passage des trains, ont donné le résultat le plus satisfaisant, constaté par le piocès-verbal dressé par les ingénieurs du contrôle de la Compagnie d'Orléans.
Fig. 8S. — CofiM-; en travers d’ln dont- route
DÊMONTARLK AVEC PLATKLAGE EN ROIS.
(Type du pont colonial.)
APPKNDICK
Le rapport conclut ainsi :
Los (lévcloppoments qui précôdenl nous paraisseiil établir lo inérilo do la solulion que M. Eilïol a Irouvoo au dillicile problème de la conslruelion des poids porlalifs économiques, et de la voie toute nouvelle (ju’il a imaginée pour amonor de très beureuses applications de l’art des coustruclious métalliques; c’est iuconlcslablemont nu progrès dont M. Lilïel nous semble devoir être félicité.
^ otrc Comib; des constructions et des beaux-arts n’hésite pas à vous proposer d adresser a .AI. Eitlel et à ses collaborateurs des remerciements et des félicitations au sujet de la communication dont il vient d'ètre rendu compte.
A la suite de ce rapport, la Société (rLncouragcment a dé
cerne a
Fig. 9). — Po.nt militaire.
:rt()
APPENDICK
M. Eiffel le prix quinquennal Elphège Bande, attribué à l'auteur des perfectionnements les plus importants au matériel et aux procédés du fiénie civil des travaux publics et de rarchitecture.
Nous donnons coinine exeiu|)les de l’application de ces ponts à des rivières de grande largeur :
i" Le pont de Donfj-NInjen (Cocliincliine) (voir tig. 93). Ce pont, de 66 m de longueur en trois travées, est établi très économique-
à vis en tonte noyés dans le remblai, et au-dessus de la rivière sur deux palées formées cbacune de quatre pieux à vis en fonte entretoisés. Son platelage est en bois;
2” Le pont de Rach-Lang (fig. 92), en trois travées avec chaussée empierrée reposant sur des piles et culées en maçonnerie.
Ces ponts, d’un emploi si commode, ont reçu un nombre considérable d applications, tant en Europe qu’aux colonies.
b.n b rance, le Ministère de la Guerre les a adoptés pour le service des arni(‘es en campagne. Ils sont également en usage dans les armées russe, austro-hongroise et italienne.
Le type pour remplacement des voies ferrées va jusqu’à une portée
ment; il repose aux extrémités sur deux pieux
Fis. ‘j:C — l’oNT de Dong-Nhyën.
AIMMvNniCI-
:{il
de 45 ni cl a él6 ndoplr par les Coinpa^niies I<:sl el Orlrans, el
par le (u'iiie militaire en llalie et en Kiissie, après de sérieuses éludes comparatives avec des j)onts d’anlre syslèim' (voir lig.
— Édifices publics et particuliers,
La maison Liffel a conslrnit, en dehors dos ponts dont nous n’avons rap|)elo fjii une faible partie, un ofand nombre d’édifices |uiblics el particuliers, tant en bb’ancc (pi’à l'élrano('r.
Kig. yi. — Gare de I’est.
Nous mentionnerons seulement :
De nombreuses halles de slaltons, notamment à Toulouse, Aoen, Saint- Sébastien, Sanlander, Lisbonne, etc.
Des éijlises, notamment Nolre-Dame-des-Cbamps, Sainl-Josepb, le Temple Israélite de la jdacc Royale, à Paris, etc.
Des usines d f/uz, (elles rpie celles de Clicby, y compris le «;,-and viaduc pour le décliarp^ement des bouilles, celles de Rennes et de VaniK'S, ainsi que celle de la l’az (Rolivie).
Des marchés, tels (pie celui des Capucins, à Rordeaux.
Des édifices particuliers, tels que l’école .Mon^e, un(‘ parlie des nouveaux magasins du Don Marché, l'iiiilcl du Crédit Lyonnais, le niusc'e Caillera, le Casino des Sables-d'OIonne, les bàtimenis de la douane d’Arica i Pérou), la gab'rlc des Reaux-Arts à l’Exposition de 1867, etc.
Gare de Pesf. — Il y a lieu de s'arrêter sur d’autres constructions plus caractéristiques, nolammeni la i/are de Pest (fig. (j,,! fut, à la
suite d’un concours, traitée par la Société autrichienne des chemins
APPENDICE
«le Ier «le l’Klal, avec la maison Kilîel comme entrepreneur ^énc*i-al,
pour une somme à lorlait de 2.822.000 fr.
Fig. 9,").
I’aviu.on dp; la Vili.e de I'auis
L’IOxroSITION DK 187K.
Celte gar«‘, très d«l‘corative et d’une très belle construction, couvre une siirlace de 13.000 //d et a ('t«'“ étudiée, dans tous ses détails d’architecture, par le constructeur, sous la direction d«; M. de Serres, directeur de la Société. Elle est particulièrement intéressante en ce qu’elle présente l’un des j)remiers types de l’association du métal et de la ma(;onnei‘ie, et que les
Fig. 90. Façade drincidale de L'K.xrosiTiON de 1878.
éléments de décoration sont principalement rormés jiar les parties métalliques de l’ouvrage, i*endues apparentes.
I^arillon de la Ville de — En tyjie de construction analogue a
été réalisé sous la direction de M. Houvard, arcliilecle, dans le bâtiment si élégant et si remarqué «jui tigurail au centre de l’l'.]x))osition de 1878 et «jui servait à V Eaposition de la Ville de Paris 1 tig. 95).
Parade principale de l'Erposido/i de 1878. — l'bilin, nous rappellerons «pie c’est M. l‘u(T«d qui eut l’bonmmr d’étre chargé de la construction de