AVANT-PROPOS
peuvent toujours être retrouvés en consultant la monographie de la Tour dans les nombreuses bibliothèques qui la possèdent.
Je comprends dans l’ouvrage actuel tous tes faits de 1900 concernant la Tour, mais, néanmoins.! je crois devoir faire précéder leur exposé d’un chapitre relatant les origines de la Tour et le faire suivre d’un court résumé des travaux scientifiques antérieurs., d'une annexe contenant les calculs dynamiques des nouveaux ascenseurs, et enfin d’un appendice renfermant une notice sur les travaux e.xécutés par mes établissements industriels de i86j à i8ço.
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PUEMIÈRE PARTIE
LA TOUR AVANT L’EXPOSITION DE lilUO
CM VIMTRE I
ORIGINES DE LA TOUR
§ 1. — Projets antérieurs.
Sans remonter à la Tour de Habel, on peut observer que l’idée même de la construction d'une Tour de très grande hauteur a depuis longtemps hanté l’imagination des hommes.
Cette sorte de victoire sur cette terrible loi de la pesanteur qui attache ITiomme au sol, lui a toujours [laru un symbole de la force et des diflicultés vaincues.
Pour ne parler que des faits de notre siècle, la Tour de iiidle j/ieds, qui dépassait par sa hauteur le double de celle ijue les monuments les plus élevés construits jusqu’alors avaient permis d’atteindre, s’était posée dans l’esprit des ingénieurs anglais et américains comme un problème bien tentant è résoudre. L’emploi nouveau du métal dans la construction permettait d’ailleurs de l’aborder avec chance de succès.
En effet, les ressources de la maçonnerie, au point de vue de la construction d’un édifice très élevé, sont fort limitées. Dès i|ue l’on
LA TOI U Kl FF LL EN 190 0
iil)orde ces griinclcs hauteurs de mille pieds, les pressions deviennent tellement considérables que l’on se heurte à des impossibilités pratiques (pii rejettent l’édifice projeté au rang des chimères irréalisables.
Mais il n’en est pas de même avec l’emploi de la fonte, du 1er ou de l’acier, (jiie ce siècle a vu naître comme matériaux de construction, et qui a pris un développement si considérable. Les résistances de ces métaux se meuvent dans un champ beaucoup plus étendu, et leurs ressources sont toutes dilTérentes.
Aussi, dès la pi-emière apparition de leur emjiloi dans la construction, l'ingénieur anglais Trevithick, en 1H35, {irojiosa d’ériger une imnumse colonne en fonte ajourée de i.ooo jiieds de hauteur (304,80 m), aynnt 30 m à la hase et 3,60 m au sommet. Mais ce projet fort peu étudié ne reç;ut aucun commencement d’exécution.
La première étude sérieuse qui suivit eut lien en 1874, à l’occasion de l’hixposition (h* IMiiladelphie. Il fut parlé plus que jamais de la Tour de mille pieds, dont h' projet (décrit dans la Hcvue scientifique La yalare) avait été établi jtar deux ingénieurs américains distingués, MM. Clarke et Itecves. bille était constituée par un cylindre en fer de 9 in de diamètre maintenu ])ar des haubans métallif[iies disposés sur tout son jionrtour et venant se rattacher à une base de 43 m de diamètre. Malgi'é le br.uit fait autour de ce jirojet et le génie novateur du Nouveau Monde, soit rpie la construction jiarùt trop hardie, soit que les capitaux eussent manqué, on recula au dernier moment devant son ('xécution, mais cette conception était déjà entrée dans le domaine de l'ingénieur.
En 1881, M. Séliillot revint d’Amérique avec le dessin d’une d’our en fer de 300 //i, surmontée d’un foyer électriijue pour l’éclairage d(‘ Paris, proji't sur le caractère jiratique duquel il n’y a pas à insister.
MM. Pourdais et Séhillot reprirent en commun l’idée de cet édilice, mais leur Tour soleil était cette fois en maçoniu'rie. Ce projet soulevait de nomlireuses objections ipii s’a[)pliquent d’ailleurs à une construction quelconque de ce genre.
La difticulté des fondations, tes conséquences dangereuses qui pourraient résulter, soit des tassements inégaux du sol (tassements qui, dans le cas d’une Tour en fer, n’ont aucun inconvénient sérieux), soit
oinr.iNKs DE EA Torn
'des tassements inégaux des mortiers et de leur j)rise insuflîsanle au sein de ces gros massifs, les difficultés et les lenteurs de conslruclion qu’entraînerait la mise en œuvre du cuhe énorme des maçonneries nécessaires, ainsi (jue le prix considérable de l’ouvrage, — toutes ces considérations nous ont donné la conviction (ju’une tour en maçonnerie, très difficile à projeter théoriquement, présenb'rait en pratique des dangers (d des inconvénients considérables, dont le moindre est celui d’une dépense tout à fait disproportionnée avec le but à atteindre. Le fer ou facier nous semble donc la seule matière capable de mener à la solution du problème. Du reste, l’Antiquité, le Moyen Age et la Denaissance ont poussé l’emploi de la pierre à ses extrêmes limites de hardiesse, et il ne semble guère possible d’aller beaucoup plus loin que nos devanciers avec les mêmes matériaux, — d’autant plus que l’art de la construction n’a pas fait de très notables progrès dans ce sens depuis bien longtemps déjà.
\ oici la hauteur des jdus hauts monuments du monde actuellement existants :
Colonne de la place \’en(lôine. .
Colonne de la bastille
Tours de Notre-Dame de Paris .
Panthéon
Caj)itole de W ashington ....
Cathédrale d’Amiens
Flèche des Invalides
Dôme de Milan
Sainl-Paid de Londres
Cathédrale de Charli’cs
Tour Saint-Michel à Bordeaux .
Cathédrale d’.\nvers
Saint-Pierre de Rome
Tour Saint-Étienne à Vienne . .
Cathédrale de Straslmurg . . .
Pyramide de Chéops
Cathédrale de Rouen
Cathédrale de Cologne
Obélisque de W ashington. . . .
Tour Môle Antonelliana à Tui in
L’édifice, tel que nous le projetions avec sa hauteur inusitée, exigeait donc rationnellement une matière sinon nouvelle, mais au
'|5 mètres.
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