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moins que l’induslrie n’avail pas encore mise à la portée des ingénieurs et des architectes qui nous avaient précédés. Cette matière ne pouvait jias être la fonte, laquelle résiste très mal des efforts autres que ceux de simple compression; ce devait être exclusivement le fer ou l’acier, par l’emploi desquels les plus difficiles problèmes de construction se résolvent si simplement, en nous permettant d’établir couramment soit des charpentes, soit des ponts è grande portée, qui auraient paru autrefois irréalisables.
§ 2. — Considérations générales sur les piles métalliques.
.l’avais eu l’occasion, dans ma carrière industrielle, de faire de nombreuses études sur les piles métalliques, notamment en 1869 avec M. Nordling, ingénieur de la Compagnie d’Orléans. Je construisis, sous les ordres de cet éminent ingénieur, deux des gi'ands viaducs de la ligne de Commentry à Gannat, ceux de la Sioule et de Neuvial.
Les piles de ces viaducs, dont la j)artie métallique atteint une hauteur de 51 /// au-dessus du soul)assenienl en maçonnerie, étaient constituées par des colonnes en fonte, réunies par des entretoises en
fei-.
.le me suis attaché depuis à ce genre de construction, mais en remplaçant la foule par le fer afin d’augmenter les garanties de solidité.
Le type de piles (|ue j’y al substitué consiste à former celles-ci j>ar (piatre grands caissons tpiadrangulaires, ouvcu'ts du côté de l’intérieiu* de la pile, et dans lesquels viennent s’insérer de longues barres de <-ontrcventement de section carrée, susceptibles de, travailler aussi bien à la compression qu’à l’extcmsion sous les efforts du vent.
Ce ly[)c est devenu eoui’ant et je l’ai employé à de nombreux viaducs. Parmi ceux-ci je ne .citerai .que le. pont du Douro, à Porto, — dont l’arche centrale comporte un arc métallique d(? 160 m d’ouverture et de 42,50 )/i de tlècbe, — et le viaduc de Garabit (Cantal), qui franchit la Tniyère à une hauteur de 12.2 nt. On sait que ce viaduc, d’une longueur de 564 ;//, a été établi sur b* tyj)e du pont du Douro (d (jue son arche centrale ('st formée par un ai'c parabolicpie de 165 m d’ouverture et de 57 m de flèche. C’est dans ce deniicr ouvragt' que je
ORIGINES DE LA TOUR
réalisai le type définitil’ do ces piles, dont la hauteur atteint 6i m pour la partie métallique seule.
La rigidité des piles ainsi constituées est très grande, leur entretien très facile et leur ensemble a un réel caractère de force et d’élégance.
Mais si l’on veut aborder des hauteurs encore plus grandes et dépasser loo m, par exemple, il devient nécessaire de modifier le mode de construction. — En clTet, si les pieds de la pile atteignent la largeur de 25 à 30 m nécessaire pour ces hauteurs, les diagonales d’entretoisement qui les réunissent prennent une telle longueur que, môme établies en forme de caisson, elles deviennent d’une eflicacité à peu près illusoire et en môme temps leur poids devient relativement très élevé. Il y a donc grand avantage à se dél)arrasser com[)lètement de ces pièces accessoires et à donner à la pile une forme telle que tous les eiïorts tranchants viennent se concentrer dans ses arêtes. A cet effet il y a intérêt à la réduire à quatre grands montants dégagés de tout treillis de contreventement et réunis sinq)lement par quehjues ceintures horizontales très esj)acées.
S’il s’agit d’une pile supportant un tablier métalli(|ue, et si l’on ne lient compte (|ue de l’efiet du vent sur le tablier lui-mème, lequel est toujours considérable par rapport à celui (jui s’exerce sur la pile, il suffira, pour pouvoir supprimer les barres de contreventement des faces verticales, de faire passer les deux axes des arbalétriers par un j)oint unique placé sur le sommet de celte pile.
Il est évident, dans ce càs, que l’effort horizontal du vent pourra se décomposer directement suivant les axes de ces arbalétriers, et que ceux-ci ne seront soumis à aucun effort tranchant.
Si, au contraire, il s’agit d’une très grande pile, telle' que la Tour actuelle, dans lacjuelle il n’y a plus au sommet la réaction horizontale du vent sur le tablier, mais simplement l’action <lu vent sur la pile ellemême, les choses se passent différemment, et il convient, pour supprimer l’emploi des barres de treillis, de donner aux montants une courbure telle que les tangentes à ces montants, menées en des points situés à la même hauteur, viennent toujours se rencontrer au point de passage de la résultante des actions que le vent exerce sur la partie de la pile qui se trouve au-dessus des points considérés.
Enfin, dans le cas où l’on veut tenir compte à la fois de l’action du
LA TOU U UIFFLL FiN 1900
vent sur le tablier supérieur du viaduc et de celle que subit la 'pile ellciiiôme, la courbe extérieure de la pile est moins inlléchie et se rapproche de la ligne di’oite.
Ce nouveau système de piles sans entretoisements et à arêtes courbes fournit pour la première fois la solution «complète des piles d’une hauteur quelconque.