LL. AA. le grand-duc et la grande-duchesse de Mecklembourg
M. Kniger, le vénérable Pi’ésidenl de la Hépublique Sud-Africaine.
En 1901, ralbuni des visiteurs porte le nom de Hanavalona, ex-reine de Madagascar, et ceux des amljassadeurs marocains Al)del Kerim ben Sleinan, Hen Nasser Gbannam et Mohammed ben el Kaab, ipii y ont écrit les phrases dont nous donnons ci-dessous la traduction :
« Gloire à JJieii. — Lorsque celui qui a écrit ces lignes est arrivé à cet « endroit merveilleux, (pii est un témoignage d’un génie unique, il a été « convaincu jiai' sa ju’opre vue de ce que la renommée avait fait jiarvenir « jusqu’à lui, el (pi’il résume ainsi : cet endroit est la preuve que celui « qui l’a élevé el l’a conçu n’a pas de pareil dans la science de l’in- « génieur et qu’il est une des gloires de la nation, qui est elle-même « unifpie.
(( Fait le 6 Rabi-el-lbani 1309 par l’Ambassadeur de sa Majesté (■ cbériüenne le Sultan du Maroc, auprès du Gouvernement de la Hépublique « Fi’ançaise. »
Le prix Henry Deutsch et M. Santos-Dumont.
Le 24 mars 1900, M. Henry Deutsch institua, de concert avec l’Aéro- Cluh, un grand-prix de 100.000 /'/•. destiné à favoiâser les progrès de l’aéroslation par ballons dirigeables.
Les conditions de l’épreuve imposée ont été détinies par la Commission de l’Aéro-Club ainsi qu’il suit :
« Partir du Parc d'aérostation de l’Aéro-CIub (situé sur les coteaux de Saint-(doud, à 3,3 /,i/i de la d'our EilTel); déci'ire, sans toucher terre el par les seuls moyens du bord, une c(3urbe fermée de façon que l’axe de la lourLidel soit à l’intérieur du circuit; revenir au point de déjtart dans le temps maximum d’une demi-henrc'. »
11 avait paru au fondatmir de ce prix, (pii est à la tète de l’industrie des jiéiroles en h rance, (jue les progrès considérables récemment réalisés dans la labrie.ation des moteurs à essence de pétrole et l’emjiloi de ce combustible si léger et si riche en énergie, donnaient lieu de jienser
KXi‘HI{ll]NCES \)K M. S AN TOS- IJ U MOX T
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qu’on se trouvait désormais en possession du moteur tant désiré pour la direction des hallons. A la fois puissant et léger, il permettait de renouveler, dans des conditions plus favorables, les belles expériences de MM. Henard et Krebs, faites avec des moteurs électriques et de tenter davantage qu’un commencement de solution pour le problème tant cherché, et dont les difticullés sont si grandes, non seuleimmt en raison de l’action considérable de la pression du vent sur un mobib' llottant dans l’air, mais encore en raison de l’irrégularité de sa vitesse et de sa direction.
Le seul concurrent qui tenta l’é[)reuve indi([uée fut M. Santos- Dumont, dont b's expériences successives dans le courant de l’année 1901 ont attiré l’attention du monde entier.
Dès 1898, M. Santos-Dumont avait fait une série d’c'ssais de ballons dirigeables, en leur donnant la forme habituelle de fuseau, c’està-dire celle d’une enveloppe cylindriipie terminée par di's cônes, et en les munissant d’un moteur à pétrole de Dion-Douton. Le Sanlos- JJumonl n" i avait une largeur de 25 m id un rayon de 1,75 m ; son cube était seulement de 180 et son moteur, qui était un moteur d’automobile, de 3 1/2 chevaux. L’hélice en aluminium avait i m d’envergure. Nacelle et machine, tout compris, pesaient 64 kg, soit moins de 20 /iv/ par cheval-vapeur, ce qui constituait déjà un grand jirogrès sur les appareils Giffard.
Ces essais se poursuivirent sans discontinuer, et, au milieu de péripéties de toute nature', avec une ténacité et un courage absolument dignes d’éloges, M. Sanlo^-Diniionl construisit successivement trois autres ballons portant les n“" 2, 3, 4, et entin le « Santos-Dumont n" 5 » en 1901. Ce ballon avait une longueur de 34 m et un cube de 330 m. Sou volume était engendré par un segment de cercle ayant 77" d’angle au centre. Une légère poutre armée, servant de quille, était suspendue directement à l’enveloppe eu soie, imperméabilisée à l’huile de lin, (|ui renferme le gaz hydrogène. Elle portait à l’intérieur, souh'iiu à l’aide de fils d’acier, un moteur à essence à 4 cylindres de 16 chevaux de force; en un autre point de cette poutre armée, était disposée la nacelle, d’où l’aéronaute dirigeait le moteur avec des cordelettes et actionnait la voile-gouvernail placée à l’arrière. Le moteur lui-mème faisait mouvoir une hélice en toile agissant à l’arrière par propulsion. Cette hélice avait un diamètre de 4,00 /??, une
LA TOI |{ LIFFLL F N 1900
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vilosse de 140 tours, et était capable de donner une traction de 60 /,'ÿ aux essais sur un point lixe.
Avec ce ballon, le 13 juillet 1901, parti du Parc d’aérostation, .M. Santos-Duinont doubla la Tour biilïel (voir tigure ci-contrej, et revint à son j)oint de départ en 40 minutes. Ce succès était sans précédent, parce que c’était la piannière l'ois qu’on se trouvait en pi’ésence d’un programme de parcours nettement déterminé.
Le H août, eut lieu un nouveau voyage : le ballon doubla la Tour Kiiïel à la hauteur de la troisième plate-forme, après un [)arcours très rapide de 5,5 /,/n en 9' 7^ Malbeurcmsement, au retour, une dél'ormation de l’enveloppe et l’enchevêtrement de l’hélice dans les cordages de suspension amenèrent une chute violente sur l’iiotel du Trocadéro. L’aérostat fut complètement brisé, mais M. Santos-Dumonl eut le bonheur de s’en tirer sain (>t sauf.
M. Emmanuel Aimé décrit ainsi cet accident dans la Pevue mensuelle rAérophilo^ numéro d’août 1901.
« Les conditions atmospliéiTpies attendues de[)uis quinze jours |)araissent assez favorables. Le ciel, lavé par une semaine de j)luies, resplendit sous les feux du soleil. Cependant du côté de l’Orient (|uel(|ues nuages ternissent encoia* l’azur et présagent hî vent qui trop souvent succède à l’accalmie du matin.
« Du haut des coteaux de Saint-Cloud, la Tour Eiffel émerge de la brunie matinale avec son drajteau (jui pend en jilis rassurants à 300 m, tandis que, plus bas, les arbres du Dois de Doulogne se partagent la line mousseline du brouillard en lambeaux.
« Si la Tour Eiffel n’existait pas, il faudrait l’inventer pour les besoins de l’aérostation. Son drapeau, à 5 kni à la ronde, donne spontanément le signal des ascensions et pour l’aéronaute (jui cherche, dans la molle inclinaison de ses trois couleurs, l’augui’e jiarfois trompeur d’un beau tmnps et pour h*s Parisiens cpii l’interrogent avant de risijuer une [iromenade sur la rive gauche de la Seine, mitre Suresiu's et Saint-Cloud.
« Le matin du 8 août, il semble se pencher pour dire : venez au Parc d acrostation. Fl deux cents personnes, avant (jue soient [larus les journaux annoiujant, pour varier leur cliché (juolidien, la remise de l’ascension a plus tard, accourent à pied, à cheval, à bicyclette, en fiacre et en automobile.
l'ig. ôi ter. — .Sanios-Dumont doiihlant la Tour Eiiïel le l S juillet 1901, à 11 h. 55 du watiu. (D'après un cliché commiinifpié parja Ueviie l' AérophUe.)
1>A TOT H El FF El. EN 1900
« Très acclamé, Santos-Diiinont commande le départ à 6" Le
ballon, comme nn oiseau géant elîarouché par le tonnerre des apj)laudissement rpii éclatent en bas, semble hésiter un instant et cberche sa route à droite et à gauche.
(( Une bouffée de vent l’écarte au-dessus de la Seine dans la direction de Meudon. Mais, après quelques embardées vite corrigées, il pointe direclem(‘nt vers la Tour Liffel. Il arrive au poteau è 6" 21' 37", opère un virage rapidt' sur une circonférence d’vine vingtaine de mètres de rayon au niveau du troisième étage de la Tour et achève de doubler le but à 6'' 21' 30", soit 9'“ 7" j)our une distance de 3,5 //// à vol d’oiseau.
(( Du Parc d’aérostation, on le voit revenir à toute vitesse et |)ersonne ne doute de son heureux reloue, en moins de temps qu’il n’cm faut j)our rem[)lir les conditions du (îraud-Prix, bien qu’il ait à ce monumt vent contraire, et que le drapeau de la Tour, relevé horizontalement, indique un courant assez j’apide à l’altitude de 300 m.
H Cep(>ndant, vue à la jumelle, l’enveloppe du ballon paraît se dégonller et la pointe avant se replier contre la résistance de l’air. La faute en est au mauvais fonctionnement du l)allonnet à air et à la faiblesse des ressorts des sou[)apes automaticpies.
« Tout à coup, au-d(*ssus des fortitications de Paris, vers la Muette, l’bi'dice s’arrête dans une agitation désoi'dotinée de tout le
système.
« Ses ailes viennent de loucher les susp(“nsions llottantes du ballon (Ml partie dégonllé, et l’aéronaute, forcé d’arrêter son motiuir, s’en va è la dérivi' directiMiient vcm’s la Tour Liffel, sans aulre moyen d’éviter le teri-ible écueil que de briser son ballon sur les toits du quartier du Trocadéro.
« Avec une grande présence d’esprit, il ouvi'e la soupape de mameuvre, brise d'un coup de corde le panneau de déchirure, et abat son ballon ipii, à 6'' 30', cboijue, à 32 m de hauteur, avec un bruit d’explosion, la corniche du Grand Ibütel du l'rocadéro, rue Alboni.
(( L’élolTe vole en lambeaux et le ballon subitement vidé tombe comme um' masse dans la cour de l’iiùtel, où il (hmieure suspendu à 13 /// du >ol ; la nacelle d’osiiu' est renversée pn'scpie horizontalement, mais reste supporlée pai- la poutre' armée (pu, malgré le poids du mot('ur et le choc elTroyablc, résiste merveilleusement. »
EXPÉHIK.NCES DE M. SANTOS-DIM OX T
Enfin, sans se décourager, rintré|tide aéronaule construit eu’ 22 jours un nouveau ballon, le n* 6, à peu ])iès semblabU' au n“ ^ que nous venons de décrire.
Nous extrayons du numéro d’aoùt de V Aérojthile le schéma ci-dessous et les caractéristiques du nouveau ballon :
Sa forme est celle d’un ellipsoïde allongé de 3} yn de grand axe et
A. Uallon.
B. Ballonnet à air.
CC’. lii-rno des points DI. l’outre armée.