‹ La Tour Eiffel en 1900Chapitre 88 sur 134 · X. Cône d’enibravage · texte numérisé non relu

X. Cône d’enibravage

Y. Batterie pour ralliiinage.

Dessin scliéinatiiiiic du Saiilos-Dttiiioiil 11® G. (Kclielle île 1 18.')'.)

de 6 yyi de petit axe. 11 est terminé en avant et en arrière par deux cônes. Son tonnage est de- 622 nie. Il déplace t^oo hfj d’air. Si on retranche de ce cbifîi'e le poids de l’enveloppe (120 /’y), du moteur (98 hj)^ de l’aéronaute (50 /r^), des 622 me d’hydi’ogène (120 /’iyi et de divers accessoires ou agrès, il reste 150 hrj jiour le lest de siïreté. Le moteur est de 20 chevaux.

Après (juelqucs avaries vite ré]iarécs, et malgré un vent qui était de 6 m par seconde au sommet de la Tour, le défiart officiel devant

la Comiiiission avait lieu le 19 octobre à 2'’ 42', le virap:c était pointé à 2*’ u', soit 9 minutes après le départ, ce rpii représentait une vitesse d’environ 3H /w à l'iieure. Le ballon remontait ensuite dans le vent et, à soit 29' 30" après le départ, il passait au zénith du parc

d’aérostation. La vitesse de |)ropulsion a été évaluée à 7 m.

Le i)rix était gagné. C’est ce rpic décida la Commission scientifique réunie le 4 novembi’e. aju'ès la clôture du concours prononcée le 3 1 oclobi’e. Le montant du |)rix de 100 000 //• fut versé à M. Santos-Dumonl, ipii en attribua généreusement la moilié aux pauvri's de Paris et l’autre moitié à ses collaborateurs.

L’Administration de la Tour LilTel, qui avait mis à la disposition de r.Véro-Club le salon réservé du quatrième étage, adi'cssa à M. Santos- Duinont une médailb* d’or commémorative. C’était la (juatrième fra|)péc à l’intention d’illustres visiteurs de ce monument. Les trois premières médailles avaient été afiectées au Tsar, à la Tsarine et à l’amiral Avellan.

M. Santos-Dumont a répondu, le 26 octobre, à cet envoi jiar la lettre suivante ;

« .Je vous remercie' de votre lettre si batteuse pour moi et de la « magnilifpie médaille d’or epie vous m’avez olîerte au nom de la Société « d(' la Tour l'bnel.

« Je conserverai avec reconnaissance, comme premier et précieux « souvenir de mon voyage du 19 octol)r(', l’image si artistique du plus « haut monument du globe, ap[>elé à jouei' un rôle dans les régales « aériennes.

«I Agréez, etc... »

S.VNTOS-ÜüMONT.

On annonce en c(' moment (novembre 1901) que .M. Santos-Dumont Va continuer ses expéi-iences è Monaco, où, grâce à l'intérêt que porte le prince de Monaco au progi'ès des sciences, il sera mis à sa disposition un hangar, une usine à hydrogène et enün un yacht pour le suivre dans s('s excursions. 11 se propose, en effet, d’aller en (iorsc, à Calvi, et de revenir à son point de départ.

Le Santos-Dumont n“ 7 différera assez notablement du n” 6 j)ar

EXrKIUKNCES DE M. SAXTOS-DL MOX 1'

s('s dimensions el sa pnissanee. Snivanl les renseignements j)ul)liés, le nouveau ballon aura un eube de 1.200 m. (Lonj^ueur 49 diamètre au maître eouple 7 m).

La [)outre armée sera j)ortée de i8/// de longueur à 28 m. La naeeUe sera placée au milieu. Les deux moteurs, situés l’uu à l’avant, l’autre à l’arrière, actionneront chacun une hélice de 5 m de diamètre placée aux extrémités de la poutre armée. Ces moteurs pèsent chacun 160 hg et développent ensemble une force de 90 chevaux.

On ne peut que faire des vu)ux pour la réussite de ces belles exj)ériences.

Les aperç;us (pie j’ai exposés précédemment sur le vent sont contirmés dans une note publiée dans V Aéroj)/ûie (mars 1901) par M. le comte .Iules Carelli.

.le crois (pi’on en lira avec intérêt les extraits suivants

« On jieut dire (jue le vent agit toujoui's par rafales. On peut dire encore exactement (pi’un courant aérien se subdivise en plusieurs autres courants plus niinc('s, (|ui agissent à leur tour |)ar intermittence', par rafales, conservant ou cbaugeant leur oblicpjité relative et mai'cbant avec des vitesses diirérentes,

« Celui (|ui, comme moi, par exemple, a étudié le vent, a remarqué qu’il commence doucemeiit el prend une vitesse [irogressivc', juiis qu’il devient très violent. Aussit()t après, il diminue d’intensité et (b'vient un zépbir, (jui fait bientôt place au calme parfait. Lt ainsi de suite alternativement : tantôt vous sentez le vent en jileine figure; tantôt vous le sentez oblique, à droite ou è gauche, et toujours par rafales., d'une durée plus ou moins longm*.

« La direction générale exist(', mais av('c intermittence, avec gradation ou sans gradation, avec des moments d’accalmie, avec des impétuosités soudaines, mais vous remarquerez toujours les subdivisicjiis de ce courant général, (jui s’entre-croisent, horizontales, ascendantes et môme descendantes.

« Lorsqu’un ballon dirigeable est transporté par un couiant aérien, il n’est pas du tout eaact de dire cpi’i/ )i'exisle pas de rent pour lui et qu’il n’est pas soumis à des mouvements giratoires horizontaux.

I,A Torn KIFFI-L FX 1900

« Nous avons vu (jiic le ballon, ayanl été trans|>orlé ri'truliôrenicnl j)cn(lant (jiiebiiies ininnb's, le venl cesse tout d’un cou|> de sonfib'r, puis revient \n\i- ra fa /ck; on bien il cesse de souflb'i’, gradnelleinent, cl puis il l’evient. 'l’ians, tpialre rafales, b'-^crenn'nl obliques entre elles, s’entrecroiseiil cl a<;issenl sur le ballon, avec des vitesses différentes. Le ballon ne peut jias être transjiorté j>ar tonies à la fois dans la direction de chacune! Le seront plusieurs forces (jui solliciteront le mobib' f/al/on, ipii SC trouve dtqà sollicité j»ar la force propulsive du moteur. Or, nous savons (pi'en mécanique existe le t>frand principe suivant :

« (Juand un mobib' est sollicité par deux ou plusieurs forces (( dilféi-enles, il obéit à l’action de cbacuiK' de C(‘s forces ; sa vitesse « cl sa trajectoire sont les rf^sulltmles des vitesses et des trajectoires qui (( correspondent aux dilTérenles foi’ces auxqiudb's il est soumis. »

« On voit donc i»ar là (pic le ballon, pris cnti-e les forcc's dilîénmtes de deux ou plusieurs rafales, doit pirouptler, décrire des courlies. Sa marebe, (pioicpu' sa vitess(* soit supéiâeure à la vitesse* de tous ces courants d'air, sera la ré^ulhmle (b* toutes ces forces, et non la lii^ne (pi'il voudra suivre.

« hans le récit di* son expérience, M. Tissandier dit : « L’aérostat « tenait télé au courant aérien et restait immobib*. Malbeurcusement « il ne restait pas longtemps dans celte position favorable; il se trouvait « soumis, tout à cou|), à des mouvements giratoires que le jeu du gou- « veniail était im|)uissantà maîtrise!-. »

« L’aéi-oslat de .M. le comte Z<'p|)clin n’a exécuté (pic des courbes et des zigzags, tout en oscillant énorimunent dans b* sens vertical. On voit donc combien se lroiii|»cnt ceux «pii prél(*ndenl assimiler le ballon dirigt'able à un bateau lrans|)orlé par un courant d’eau.

« Ce (pii a déroulé (*l dt'-couragé les inventeurs, c’est jirécisément la fanülé exlrèim* (b* diriger un ballon dans l’almosplièrc calme, et la diffiatllè extrême de diriger un ballon dans l’air agité. »

Il n’(*st pas inutile de remanjuer que cet air nfpté est d’une grande Iréipience «b'-s (jiic l’on atteint des hauteurs de 300 //(, pour lesquelles la vitesse du vent est (‘iiviron trois fois jilus grande que celle au niveau du sol tmoyenne exacte 2.S0). Lu consultant les slalisti«pics dressées jiar .M. Angol, d’apri's b',s observations borain's faites à la Tour pendant sept

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