CANTON DE HK'.HELIEII
AssAV, BnAsroii. HnAVE, Chaveioes, Ooitrcoué, Faye-la-Vi>euse, Faii.nav, l>E)iEnÉ, Ijohé, Ll'zé, Marçav, Marigjîv-Mabmande, Hazines.
Champignv (Campiniacum ) prenait autrefois le -titre de ville : aujourd'hui ce n'est i)li;s f|u'un gros i)oarg arrosé, dans un pays plat, par la Vende. La puissante seigneurie qui en dépendait lui assigne une place dans l'iiisloire. Bernier, premier seigneur qui l'ait habitée, dont nous sachions le nom, vivait au commencement du Xll" siècle, et les siens en furent possesseurs jusqu'à Gossclin de Blo, un des chcvalicrs-hannerels de Philippe-Auguste. Apres Gosselin, Hugues de Bauçay, dont la seconde fille épousa Charles d'Artois, et porta ainsi cette seigneurie dans In maison royale de France. Vinrent ensuite, et successivement, Louis de France, fils du roi Jean; Louis II, duc d'Anjou, roi de Jérusalem, de IVaples et de Sicile; Pierre de Bcauveau, seigneur de la Roche-sur-Yon; Louis P de Bourbon, prince de la Uoche-sur-Yon. Louis fit, abattre la vieille forteresse qui défendait Champigny, et, vers 1510, commença à construire le château et la sainte chapelle dont nous allons avoir à parler. Louis II, son fils, duc de Monlpensier, acheva l'œuvre. Sous son gouvernement, la ville, assiégée par les protestants, fut. malgré ses murailles, obligée de capituler. Marie de Bourbon, dernière descendante de cette famille, épousa Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et lui porta en dot le domaine de Champigny ; sa fille, la grande Mademoiselle, eii laissa la propriété à la maison d'Orléans ; à la fin du XVII' siècle le château n'existait déjà plus : aujourd'hui nous n'en retrouvons que des dépendances qui, cependant, par l'espace qu'ils occupent, peuvent donner une idée de son ancienne magnificence.
La sainte chapelle, gracieux monument de la période ogivale tertiaire, beureusement respecté par la faux du temps et la main des hommes, sera, dit-on, sous peu, restaurée par les soins de M. le marquis de Costa de Beauregard, à qui elle a|iparlient actuellement. On y remarque de .splcndides vitraux représentant la vie complète de saint Louis, des écussons et plusieurs (onibeaux. Un collège de onze chanoines et de cinq dignitaires y était autrefois attaché, et l'on y conservait précieusement une des épines de la couronne du Christ et Vun des trente deniers au prix desquels il fut traîtreusement vendu.
Richelieu. — Xette ville, comme Versailles, tirée du néant par le caprice d'une volonté devant laquelle tout s'inclinait humblement, comme Versailles encore s'est vue envahir par la solitude et le silence, dès que son tout-puissant fondateur eut fermé les yeux. En 1637 ce n'était qu'un tout petit village, lorsque le cardinal-ministre, après avoir réuni dans ^es mains et fait ériger en duchépairie les seigneuries de Cliinon et de l'Ile-Bouchard, voulut donner à ce vaste domaine un centre digne de son nom et de sa haute fortune, et dépasser par son luxe tous les grands seigneurs, .sans exception, que son génie tenait courbés devant lui. La ville et le château de Richelieu sortirent de terre comme par enchantement. Des châteaux forts, des villages, une ville même furent successivement détruits pour fournir les matériaux nécessaires ù leur construction. Création splendidc dont la magie ne devait durer qu'un seul jour! ^
Le château (la bande noire s'en est partagé les dépouilles) était un palais grandiose, mais morne et froid comme toutes les inspirations architectoniques du siècle qui l'avait produit. Il offrait, par sa façade j)rincipale, quelques points de ressemblance avec le Palais-Royal. Ses jardins dessinés, taillés et brossés suivant le goût de l'époque, étaient vastes et magnifiques, si l'on veut, mais d'une magnificence froide et compassée, anguleuse et sévère. Tous les trésors entas.sés dans cette royale demeure ont été dispersés par les héritiers du cardinal, et rien n'en est resté dans le pays que quelques tableaux déposés au musée de Tours.