‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 55 sur 75 · MUSÉE · texte numérisé non relu

MUSÉE

Le Musée, dont le bâtiment forme un parallélogramme avec celui de l'Ilôtel-de-Ville actuel, fut commencé en 1778 et terminé seulement en 1828, époque où eut lieu l'inauguration des salles d'exposition. Sa façade, décorée d'un fronton grec, comme à peu près tous les monuments moilernes, est assez pauvre d'ornementation architcctonique. On voit, sculptés, dans le tympan de ce fronton, la Peinture, la Sculpture et leurs attributs, et, au-dessus des fenêtres du premier étage, l'Astronomie et l'Agriculture. Les salles de l'exposition, assez bien disposées, et construites dans de bonnes proportions, sont mal éclairées. Le'premicr étage contient le musée des arts, proprement dit ; le second est affecté aux collections d'histoire naturelle et d'antiquités.

Les richesses de diverses natures que renferment ces salle,s ont été, pour la plupart, recueillies dans le pays, ou sont le produit de dons volontaires. Parmi les tableaux des anciennes écoles, on remarque surtout : Apollon visitant Latone, par Boucher; le Triomphe d'Amphitrite, la Vaclie lo, l'Enlèvement de Proserpine, par Bon Boullongne ; Louis XIII, par Lebrun ; Jésus guérissant les malades, par Antoine Goypel ; le Centenier aux pieds de Jésus, par Jouvenel; le Triomphe de Silène, par Le Poussin; des Vues de Rome, par Robert; des Paysages, par Sarrazin; Saint Sébastien, par Lesueur; Saint Antoine, par le Valentin ; un Soleil couchant, par Vanderburg ; le Bon Pasteur, par Philippe de Champagne ; la Victoire couronnant Mars, Plantin et sa femme devant la Vierge, par Rubens; un Portrait de Claude Lorrain, par lui-même; Saint Sébastien et la Sainte Famille, par Caravage; Céphale et Procris, la Mort de Cléopdtre, Esther et Assuérus, Agar dans le désert, par le Guerchin ; une Vierge, Sainte Catherine de Sienne, la Charité et ['Enlèvement d'Europe, attribués au Guide ; Judith entrant da/i.» la tente d'Holopherne, ]cs Portraits de Michel-Ange Buonarotti et du Titien, par le Tinloret; la Mort de sainte Ursule, peinte sur marbre, par Paul Véronèse; un Portrait de Louis XIV, attribué à Mignard, et un Portrait de Descartes, par un auteur inconnu. Ces deux derniers tableaux ont été donnés par feu M. Bouilly à la ville de Tours. Le musée de peintures possède en outre deux tableaux de M. le comte de Forbin, les Ruines de Pahmjre, cl d'autres Ruines dans la haute Egypte, pendant une inondation du îs'il, toiles dont le gouvernement, dans sa munificence, a daigne doter Tours.

Parmi les sculptures, peu nombreuses, nous n'avons guère à citer qu'un Saint Sébastien, par Iloudon, deux bas-reliefs en bois, représeotant rAnHoncJa<ion et la Mort de fa Vierge, et quelques plâtres d'après les chefsd'œuvre antiques.

La galerie d'histoire naturelle, au milieu de laquelle est une grande table chargée des modèles en relief de la Bastille, du grand escalier de Marmoutier, du chœur de Saint-âarlin, ainsi que des débris fossiles ayant appartenu aux animaux des falunières de la Touraine et à une grande espèce d'annnonite, possède une riche collection de minéraux et d'antiques trouvés, en majeure partie, dans le département d'Indre-et-Loire. On y admire notamment un cippc funéraire provenant de Césarodunum. Ce cippe porte sur une de ses faces l'inscription suivante :

DM

CALENDARVM JANVARll

AMANS AMAÎSTI

Page 1