‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 54 sur 75 · I0TEL-UE-\1LLE · texte numérisé non relu

I0TEL-UE-\1LLE

Après la réunion, en 1555, de la ville de Ghàleauneuf à la commune de Tours, le nouveau corps de ville, dit M. Champoiseau, vint occuper, ilans la paroisse de Saint-Pierrc-le-Puellier, la maison d'un bourgeois nommé Pierre Berruyer. Le Tablier de la Ville (c'est ainsi qu'on désignait alors le corps municipal) se tint dans cette maison jusqu'en 1584. Il prit ensuite à loyer, moyennant sept livres par an, l'hôtel de Jeanne Judith, veuve de Symphorien de Foui jiics. Puis, successivement, l'hôtel de la Belk-Haran, près de l'église de Saint-Pierre-le-Puellicr, appartenant au chevalier Robert de Villeneuve ; l'hôtel de Pierre Bérard, trésorier de France, à Tours; puis, en 1450, l'hôtel de la Massequière, qui existe encore aujourd'hui, et qui, à cette époque, était la propriété d'un notaire nommé de Slontbazon, ainsi que cela résulte d'une délibération extraite des registres de l'Hôtel-de-Ville, et que nous croyons devoir rapporter parce qu'elle a rapport à Jeanned'Arc: « Le septième jour de février de l'an 1429 (vieux style), au lieu de la Massequière, y présents Jean « Godeau, lieutenant, et Guion Farmeau, juge de Touraine, se sont assemblés les Elus, maître Pierre « Lconart, officiai de Tours pour monscijjncur l'archevêque ; maître Jehan Ghemier, chanoine et archiprêtre « (îe l'église de Tours, pour ladite église; Jehan Deslandes, dit Bonamy, pour le chapitre de Saint-Martin; « Jean de Brion, Pierre Briçonnet, etc...., et autres, par lesquels, sur lettres closes envoyées par Jehanne « la Pucelle aux quatre Elus de la ville et à sire Jean Dupuy, faisant mention que l'on baille à lleulves « Polnoir, paintre, la somme de cent écus pour vêtir sa fille et qu'on la lui garde, il a été délibéré : qu'à la « lillc d'Hcuves Polnoir, paintre, qui de nouvel est mariée, pour l'honneur de Jeanne la Pucelle, venue en ce « royaume devers le roi pour le fait de la guerre, disant à lui avoir été envoyée de par le roi du ciel, contre « les Anglois ennemis de ce royaume, laquelle a écrit à la ville que pour le mariage de ladite fdie, icelle « ville lui paie la somme de cent écus; que de ce, rien ne lui sera payé, ni baillé, parce que les deniers de « la ville convient employer à ses réparations et non ailleure; mais pour l'amour et l'honneur de ladite « Pucelle, iceux gens d'église, bourgeois et habitants, feront honneur à ladite fille à sa bénédiction, qui serj « jeudi prochahi et d'icelle feront prier au nom de ladite ville : et pour faire ladite prière aux hommes « notables d'icelle ville, est ordonné Michau llardouin, notaire, et à icelle fille, sera donné du pain et du « vin le jour de sa dite bénédiction, c'est à savoir le pain d'un septier de froment et quatre jalloyes de vin. »

En 1465, le corps de ville ayant été constitué sur de nouvelles bases par Louis XI, les maire et échevins songèrent à faire acquisition d'un local spécial pour y tenir toutes les assemblées. Ils achetèrent, de la veuve Bérard, la maison qu'ils occupaient à loyer, et y adjoignirent une autre maison connue sous le nom bizarre de la Truie qui file, laquelle dépendait du licf de Charcutais La vente ayant été faite par contrat passé devant Saintou et Foucaut, le 50 juillet i4(>7, pour le prix de six cents écus d'or neufs, payés comptant, on cou-

slruisil sur l'emplacement de ces deux maisons l'hôtel que le corps de ville occupa jusqu'en 1786. Cet hôtel éliiit composé seulement de deux salles : dans l'une se tenaient les assemblées ; l'autre, plus grande, servait d'arsenal ; on y entassait les armes, piques, hallebardes, cuirasses dont on pouvait avoir besoin pour la défense de la ville, et même, si cela devenait nécessaire, on y cascrnaitles gens de guerre, officiers, capitaines, chargés de cette défense.

En 1786, cet édifice, remarquable au reste par ses sculptures gothiques, son large et magnifique escalier, dans les parois duquel étaient sculptés les écussons des maires et échevins de la ville, fut détruit. Le corps numicipal alla dès lors occuper un nouvel hôtel commencé en 1777, sur les dessins de M. de Liniay, et terminé dans le courant de cette même année 1786. Ce monument, situé sur une place demi-circulaire, fait face au pont de la Loire et aux charmants coteaux qui bordent cette rivière au nord. La façade principale est d'un bon eflet. Le fronton qui la couronne, d'une forme triangulaire, est orné de figures allégoriques représentant le Commerce et l'Abondance. Au centre du tympan sont les armes mutilées de la ville, trois tours sur fond de sable, le livre de justice, trois fleurs de lys et la devise : Sustentant lilia turres, emblèmes qu'un zèle révolutionnaire fort mal entendu a fait brutalement disparaître de ses armoiries. Déjà, en 1793, le bonnet républicain avait remplacé les lys et s'était vu remplacé lui-même plus tard par l'aigle impériale, qui, à son tour, avait dû fuir devant les lys restaurés. Le milieu de la façade, au premier étage, est orné de deux bas-reliefs d'assez bonne exécution représentant le Cher et la Loire. Enfin on montre, dans les appartements, quelques tableaux dont les plus remarquables sont un bon portrait de Louis XIV et un portrait en pied du généra! Meusnier, par M. Lobin, jeune peintre tourangeau plein de talent et d'avenir.

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