‹ La Tournée du petit ducChapitre 5 sur 36 · OU MAUGIS S'AVISE QUE PARIS PEUT APPARTENIR A CEUX QUE SÉ LÉVENT FARD · texte numérisé non relu

OU MAUGIS S'AVISE QUE PARIS PEUT APPARTENIR A CEUX QUE SÉ LÉVENT FARD

Maugis s'était couche, de fatigue accablé:

Depuis cinq. jours, il cherchaït vainement le moyen de présenter en liberté le petit duc de Lodi à la famille Jouarre. Il avait d’abord pensé, tout naturellement, qu'Aminte lui pourrait servir d'intermédiaire. Mais la cadette des Jouarre, lui manquant de parole, s'était fait remplacer à son mercredi habituel par tn petitbleu fort bien tourné, expliquant àäu romancier qu’elle s’occupait, pouf le moment, d'acquérir des « connaissances utiles ». Henry Maugis connaissait trop les difficultés de la vie parisienitie pour en vouloir à sa petite amie d’une franchise qu'il était d’ailleurs le premier à encourager.

Ce samedi-là, où Aminte devait venir fui demander à diner vers huit heures, Maugis, qui s'était couché de bon matin après une nuit partagée éntre le travail et la noce, goûütait encore, vers six heures du soir, les suavités d’un sommet! tombal. La doûceur de son fartienite s’augmentait du sentiment vague que tout Sagttait autour de lui. (Musique de Victor Massé.)

La fenêtre, ouverte derrière les stores baissés, laissait entrer dans sa chambre les légers bruits qui approfondissent le silence résolu de la rue Chambiges : un roulement fetrtré d'automobile, la plainte régutière d'un mendiant obstiné, la corne ‘lointaine d’un tramwaÿ vers la place de l’Aïma.

Le timbre éléctrique vibra tout à coup. -

Maugis ouvrit un œil humide et ‘bleu, et se dit simplement : d

= C'ést en face !

Maïs comme on ‘insistait avec énergie, ï sentit grandir en lui le ferme propos de ne pas se lever, et se répandit en ‘invectives coftre le a Fred es absent, l'animal! j'

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__ woudrait-elle se faire pardonner son lapin de « mercredi en arrivant une heure trop tôt ce «soir? Les femmes ont de ces attentions qui dé-

utent notre pauvre logique. Mais, j'y pense, si Fred est sorti, il a dû, suivant son habitude, … jaisser la clef sur la porte; Aminte, Qui

bras.

Le timbre, un instant Silenciens cote maïntenant en appels désespérés.

= Oui est la? se décida à crier Maugis, hahté par la vision d’une théorie de créanciers déroulant ses méandres à travers l'escalier.

À travers les boïs et les cloisons, une voix

leintaine, mais sürement féminine, répondit.

des choses confuses où Maugis discerna pour-

ee tant le nom d'Aminte.

«+ — Mais entre donc, petite tourte! La clef est

‘sur la portel :

: On entra. Dans la pénombre de sa chambre, Maugis, de ses yeux myopes, entrevit, s'enca* drant dans la porte ouverte, une Aminte qui.

lui sembla singulièrement épaissie et comme

Re gonflée.

ne Une juste inquiétude l’envahit. Il s'adossa

See à ses oreillers et demanda, tout encauchemardé : — Ben quoi, ma pauvre gosse, t’es tombée sur un essaim d'abeilles? Miel, alors!

L Une voix inattendue lui répondit :

— Mais ce n’est pas Aminté, ce n’est que

57 Moi sa Maman]

Ée…. — Nom de Dieul “rs

ë Et, comprenant que cette exclamation traduisait mal tout l’honneur qu’il devait ressentir d’une visite aussi flatteuse, Maugis développa :.

— Alors duois On fait les extras maintenant, la petite mère?

Mo Jouarre ne se fâcha point. Flle Siral le cynisme cordial du gros homme, peut-être son gendre intermittent (on ne sait jamais), et lui permettait des familiarités qui, de tout

- autre, l’eussent révoltée.

— Gros polisson, répondit-elle, vous mériteiez que je vous coiffe ayec votre seau de toilette. - $ - — Ne m'en veuillez pas de ne pas vous avoir. seconnue d’abord...

.. — Comment donc, minauda la douairière,

. vous m'avez prise pour Armnter.

+ a. — Que voñiez-Yous|

est assez gentille. Lie ; : — À qui le dites-vous? Maïs sans vous com- mander, madame J ouarre, 8i vous vouliez rele<

tous les stores sont de votre côté — ça va bien, nous en causerons plus à d'aise!.. Je ne

m'excuse point de vous recevoir ‘avec si peu . 4 Sérémonie,

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