AU LECTEUR
Souvenirs et Co7}seiIs, ces deux mots résument la pensée qui m'a dirigé pour former le choix d'opuscules que je présente aux amis de l'éducation. Mes souvenirs ne sont pas des mémoires, et mes conseils ne sont pas ramenés ici à l'unité d'un livre de pédagogie ; mais les uns et les autres sont répandus dansune série de notices biographiques, d'allocutions, de rapports, de conférences, de leçons, d'articles critiques, dont la réunion^ a paru pouvoir être utile h la jeunesse et à ses maîtres. Voilà par quelles raisons je me permets de faire une seconde foisappel à la bienveillance du public, pour tant de pages dont une vingtaine seulement sont inédites.
Je compte aujourd'hui un demi-siècle de services dans l'enseignement. A dix-huit ans, la mort prématurée de mon père me força de donner des leçons, tout en suivant le cours de philosophie dans un lycée. Trois ans plus tard, comme je venais d'obtenir le grade de docteur à !a Faculté des Lettres de Paris l'une de mes thèses trailait de V l'JducaLum chez les Romains), M. P. F. Dubois voulut bien m'offrir de prendre part ;\ la rédaction du Journal général de l' Jus l rue /'ion publique qui était, depuis 183J, le journal ofliciel de l'Université, mais qui s'ouvrait assez libéralement ;\ la critique impartiale des livres classiques de toute origine, et qui admettait dans ses colonnes une certaine dose d'érudition classique, sans trop craindre
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d'effrayer sa clientèle. C'est là que j'écrivis, pendant près de vingt années, des articles nombreux et de genres très divers: examens de livres à l'usage des classes ; notices bibliographiques sur les questions et les ouvrages compris dans les programmes pour les concours d'agrégation; analyses de cours publics ; quelquefois, comptes rendus de soutenances pour le doctorat es lettres, et, depuis 1840, analyses de quelques-unes de mes legons en Sorbonne. Cette collaboration s'étendit, selon l'occasion, à d'autres recueils périodiques, comme la Revue de ilnslruciion ^mblique, la Reçue des cours (illéraires et, en dehors de l'Université, la Revue française et la Nouvelle Revue encyclopédique. Tant d'articles réunis formeraient à eux seuls un gros volume, et je ne puis songer à les réimprimer ; pourtant, dans ces pages condamnées à l'oubli, j'aime encore à retrouver, sans parler d'amis survivants, comme mon confrère M. Adolphe Régnier (1), bien des noms dont la mémoire m'est chère, ceux de J. L. Burnouf [-2), de Fauriel (3), de Frédéric Ozanara (4), de Bureau de la Malle (5), de Boissonade (^G), de Ch.
(1) Article sur son Traité de la formation des mots dans la lanr/ue grecque, avec des 7wlions comparatives sur la dérivation et la composition en sanscrit, en Iati7i et dans les idiomes germaniques, dans V Athe7iaeum français du 10 mai 18âG.
(2) Article sur sa Méthode latine, dans le Journal gétiéral de l'histrûction publique, t. X, n" 27.
(3) Articles sur son Cours de littérature provençale ; même journal, t. XV, n" 40. Le compte rendu, que j'avais publié en douze articles, du mémorable cours de Fauriel sur 1 "épopée homérique, a été résumé par mon collègue et ami M. Eugène Talbot, dans VAnnuaire de l'Association pour l'encouragctneut des études grecques, 14« année, 1880.
(4) Articles sur son livre intitulé : Les (Jcimains avant le Cliristlanisme môme journal, t. XXVII, n" 30.
(5) Article sur son Econouiie politique des Romains ; même journal, t. X, n* 23.
(G) Article sur diverses publications de ce savant helléuiste ; même journal, t. XIV, n" 01. — Sur le recueil postliunio de ses opuscules intitulé Critique littéraire sous le premier Empire au Journal des Débats du 23 octobre 186J.