AU LECTEUR. VII
Alexandre (1), de Brunet de Presles (2), de Letronne (3) ; enfin, car je ne puis les citer tous, celui de J. V. Le Clerc (-4), qui m'encouragea dès mes débuts, et ne cessa de me soutenir dans ma carrière, avec une bonté toute paternelle.
A ce dernier nom s'attache pour moi un souvenir qu'on me permettra de rappeler ici. En 1836, j'avais exposé dans le Journal général quelques observations sur le Conciones latin, sur l'abus qu'on en faisait dans nos classes, sur les améliorations que demandait ce manuel de nos rhétoriciens, pour être mis au courant de la science et pour avoir toute son utilité dans notre enseignement. Deux jours après, lorsque j'entrai chez le bon doj'cn, dans son cabinet en Sorbonne : u Monsieur Egger, me dit-il, vous avez médit du Conciones ; cela « vous portera malheur, et vous aurez un jour à faire le dis- « cours latin pour la distribution des prix du concours géné- « rai. » La prédiction n'eut point d'effet, et j'entrai en 1840, comme suppléant, à la Faculté des Lettres, sans avoir eu l'honneur périlleux de prononcer le fameux discours latin. Ce qui vaut mieux, c'egt que le Conciones, quelques années après, se
(1) Article sur son édition des Oracles sibyllins, Jouimal général de l'bis- Iruction publique, t. X, n° 70; t. XXII, n" 72, et t. XXVIl, n" 20; et sur son Dictionnaire grec-français. Revue de l" Instruction publique, t. XVII, n°' 44 et 60.
(2) Examen critique do ses Recherchfs siir les établissements des Grecs en Sicile, t. XIV, n" 68, du Journal général de V Instruction -publique.
(3) Le 20 décembre 1848, dans une leçon en Sorbonne, quelques jours après la mort de ce grand critique, j'esquissais un résumé de sa vie et de ses travaux, qui fut imprimé dans le Journal général de l'Instruction publique, le ;îO du même mois. Ce morceau, complété dans une révision ultérieure, a été reproduit en tête du recueil intitulé : Œuvres choisies de A. J. Letronne (première série, Egypte ancienne), publié par M. Fagnan. Paris, 1881, 2 vol. iu-8°.
(4) Article sur son mémoire intitulé : Des Journaux chez les Romains et les Annales des Pontifes, Journal général de l'Instruction publique, t. VU, n"' 124 et 149.
Vlll AU LECTEUH.
IroiivaiL aiiu'iioré «ians un snis conforme à mes vues (1). L'Universitô de ce temps n'était pas aussi étrangère à l'esprit de progrès qu'on se plaît quelquefois à le dire. Il y en a bien d'autres témoignages, parmi lesquels on me pardonnera de rappeler un discours sur l'alliance des études archéologiques avec l'enseignement de l'histoire "et des langues anciennes, discours lu en 1831) dans la séance publique de la Soriété des méthodes (V enseignement, et dont un extrait a été seul publié (2). Ce discours m'a paru peu utile fi imprimer : le style en a vieilli el les idées en sont devenues banales. J'en puis dire autant de quelques morceaux insérés dans divers recueils périodiques (3i. J"ai beaucoup écrit, j'ai trop écrit peut-être ; mais je crois savoir me défendre contre les illusions et les complaisances de la paternité littéraire. Il y a vingt ans, lorsque parut un premier recueil de mes opuscules, certain critique, très courtois d'ailleurs, dans le compte-rendu (ju'il eu lit, me reprocha doucement d'avoir trop songé à vider mes cartons pour grossir le volume ; il ne savait pas que je m'étais borné au (juart environ des courts écrits par moi publiés dans divers journaux ou recueils académiques. 11 n'est que juste de faire au temps de larges sacrifices. En tout cas on ne trouvera, dans le présent volume, que deux ou trois morceaux qui datent de la première période de mes publications relatives à l'iuslruction de la jeunesse. Il m'a pai ii convenable de choisir
(1) Dans l'édition qu'en donna M. .lulien Girard, alors jjrofesscur de, lllii"toriquc au lycée Bonaparlo, et r|ui a été bien des l'ois réinipiinié. Comparer plus bas dans ce volume, p. ;îI5.
{'!) \)a.i\^ \(i ymrntA l'EnscKjnoiient, par M. lîernard Jullien, jjublication ()ui ne fut pas continuée au delà du pr('mier volun)e (isiO).
(3) Tel est le u)orcoan intitulé : L'Eqiipte et tu Grèce {Hnvite française de 18-38, t. X, p. 1 12), <'l larlide sur Versailles et l'histoire du cbàteau de Versailles (Hevue franritise de 1837, 1. 1); tels sont aussi plusieurs articles de biographie et de critique littéraire, publics dans divers journaux quotidiens, surtout dans le Journal des Déhats.