‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 10 sur 205 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

explicalion rouinil comme les pièces justificatives à l'appui des idées générales développées dans des leçons d'histoire et de critique littéraire; elle nous fait pénétrer plus avant dans le génie des peuples par le génie de la langue, que chacun d'eux s'est faite h son image, qu'il a enrichie et transformée selon les besoins de sa vie à travers les siècles. Si belle que soit la langue grecque, et bien que les Grecs l'aient quelquefois appelée, i\ la lettre, le langage même des Dieux, elle ne s'est pas développée autrement que toute langue humaine. Son seul avantage, et il est déjà grand, c'est d'avoir servi d'expression au développement le plus large et le plus varié de l'esprit humain, dans la poésie, dans l'éloquence, dans les sciences abstraites et dans la philosophie naturelle. Mais c'est là bien assez pour qu'elle mérite une étude spéciale et directe, etpour que Ton ne se contente pas de l'apprécier dans l'image, toujours infidèle, que nous en offrent les traductions.

A cet égard, l'exemple donné depuis quarante ans dans quelques cours de nos Facultés, et particulièrement dans le mien, s'est étendu de l'Hellénisme à la littérature et à la langue latine, puis aux langues vivantes de l'Europe, et s'il y a eu un temps où les leçons de critique littéraire ont paru l'emporter sur les autres, aujourd'hui la leçon philologique tend ;\ prédominer par l'effet d'une réaction trop commune en toutes choses humaines (1). Cette prédominance, je n'hésite pas à la combattre et à soutenir Futilité des leçons d'un intérêt général où le mouvement des idées, la diversité des phases de la poésie et de l'éloquence, les progrès de la science dans le sein de l'Hellénisme soient exposés avec ensemble. C'est là, en effet, le fond solide sur lequel repose ce qu'on pourrait appeler la conscience raisonnée de notre civilisation européenne.

On peut assurément rattacher beaucoup de considérations générales à l'explication d'un texte de Sophocle, d'Hérodote ou de Platon ; mais si l'on y insiste trop, l'explication du texte lui-même peut en soulfrir.

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