INTRODUCTION. XXI
la vitalité de ce petit peuple, dont l'Europe a soutenu et salué la renaissance, depuis cinquante ans, avec l'enthousiasme que vous savez. Cet enthousiasme, nous le partageons, mais non sans y mêler la sincérité de nos défiances devant l'esprit de division qui agite encore l'hellénisme moderne, non sans y mêler nos doutes sur la prétention que montrent les nouveaux Hellènes, de ressaisir à travers les siècles l'usage de leur vieille langue classique, pour en refaire leur langue nationale d'aujourd'hui. Ce n'est pas le moment pour nous, messieurs, d'insister sur un débat qui d'ailleurs n'est pas purement littéraire, et j'ai hâte d'arriver à la seconde partie des réflexions que je me proposais de vous soumettre.
Si l'Hellénisme est pour nous tous une grande école de savoir et de goût, s'il est une école de haute culture morale et de raison pratique, c'est à la condition d'être étudié dans ses manifestations diverses, apprécié dans son ensemble. Pour cela, il faut allier à la connaissance de ses œuvres celle de sa langue, deux choses en réalité inséparables, et dont l'union ne peut être rompue sans grave dommage pour l'efficacité de nos leçons.
Ces œuvres sont de nature très diverse, et je ne vais pas jusqu'à l'ambition dy comprendre ici, avec l'éloquence et la poésie, les monuments de l'art plastique. Bien que j'aie souvent prêché l'alliance de nos études littéraires avec l'archéologie (1), je n'ose espérer qu'elles puissent être toutes ramenées à l'unité d'un même enseignement. Le savoir et le talent d'un seul maître ne sauraient suffire à une tâche aussi complexe. Mais du moins l'enseignement littéraire ne doit pas être séparé, ni pour le grec, ni pour le latin, ni peut-être pour les langues modernes, de l'interprétation philologique des textes. Une telle
M) Voyez surtout, (l;nis rp volunir', les n"* Wl et suivants.