XVI. — SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIUES DF. NORMANDIE
souci de se survivre à soi-même. Celles-là n'ont point davenir pour qui le passé n'est rien, et qui, selon la belle expression de Plutarque, laissent chaque jour tomber dans un goutïre d'oubli le trésor de leurs sentiments et de leurs pensées. La ciyilisation est une chaîne qu'il ne faut pas laisser rompre, et à laquelle chaque génération doit ajouter un anneau. C'est ce qui donne à Thistoire, à l'étude des antiquités, un si noble rôle dans les sociétés humaines vraiment dignes de ce nom. Personne, Messieurs, n'admire plus que je ne fais, les merveilleux progrès de la géométrie, de la physique, de la chimie, de la physiologie, de l'histoire naturelle ; l'alliance de plus en pkis étroite de la théorie des nombres et des grandeurs, avec celle des lois delà matière inerte ou de la matière organisée ; les applications brillantes et fécondes de tant de belles découvertes au bien-être de l'humanité: mais personne aussi ne sent plus vivement que moi combien l'histoire et toutes les études qui la desservent, contribuent, par la connaissance du passé, à éclairer les voies de l'avenir, à raffermir notre raison, et à maintenir dans le monde l'éternelle et salutaire domination du bon sens. Que nos sociétés d'érudition historique se multiplient donc avec une ardeur croissante (elles ont encore tant à faire ! Qu'elles se relient l'une à l'autre par des liens chaque jour plus nombreux, élevant sans cesse leurs vues, et sans cesse ajoutant à la précision de leurs méthodes ; unissant d'une façon plus étroite la connaissance des langues à celle des monuments de l'art ! Elles peuvent être assurées que leur œuvre touche aux plus grands intérêts de notre vie.
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