I. — SEANCE DU 9 MAI
Messieurs,
... Apres l(3s diverses et iutéressaules lectures que vous venez d'entendre, je ferais mieux peut-être de me borner ;i remercier simplement en votre nom les orateurs qui ont si longtemps captivé l'attention de ce nombreux auditoire. .Mais, appeb' comme je le suis ]»ai' nue Lri'acieuse conliance à |tr(''si(ler cette |»i'emière reiiiiidii piililiiiiic des Aiili(|iiaires Orléanais, je manquerais à iiii devoir si je n Cssayais de répondre à leur attente et à la xùlre, par quelques jiaioles qui résument au moins l'esprit de la solennité à ia(|uelle vous avez bien voulu vous rendre sur notre appel.
Les souvenirs du passé, qui sont le fond de la science bistorique, nous parviennent sous deux formes principales.
Tanini. pas>aiit par Te^prit. par riniauinatiou, el '\r jniis
XYII. — SOCIÉTÉ AlîClIÉOLOGIQUE Dl£ L'ORLEANAIS. 209
dire aussi par le cd'ur d'un homme d'élite, ces souvenirs prennent la forme d'un récit régulier, d'un livre d'histoire. Tantôt le témoignage des faits nous parvient tel qu'il s'est produit, au jour le jour, dans la vie même des particuliers et des nations, par les monuments de l'art, par les chartes, par les inscriptions et les médailles. A chacune de ces expressions diverses de la réalité s'attache pour nous un intérêt différent.
Certes, je ne voudrais rien rabattre de l'estime que méritent et obtiennent les grands écrivains d'Histoires et de Mémoires historiques. Quand le témoin d'une période mémorable dans la vie des peuples est un Tacite, un Retz, un Saint-Simon, la vérité prend, sous sa plume, un relief saisissant qui nous passionne. Ce que l'écrivain y ajoute de ses sentiments personnels et de ses pensées peut bien fausser un peu le caractère des événements et celui des hommes; mais cette personnalité même du narrateur est unirait caractéristique de l'histoire qu'il nous raconte. Les exagérations ou les erreurs de ses jugements provoquent notre critique, excitent en nous une attention plus vive, et nous associent comme des spectateurs contemporains au drame qui nous est représenté
Et pourtant cette autre forme plus naïve de la tradition historique ou, si vous le voulez, la tradition historique elle-même, nous parvenant tout informe dans les documents originaux et contemporains, garde, même à coté des œuvres du talent et du génie, un cachet de franchise particulière, un genre particulier d'intérêt. Quand vous avez lu le beau livre de M. \Yallon sur Jeanne Darc, êtcs-vous découragé de lire encore dans les quatre volumes de M. Jules Quicherat les pièces authenti([ues sur lesquelles repose le récit de l'historien français? Ces vieilles ciiartes, ces procès-verbaux, ces intei'i'ogatoires, ces pièces de
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tiii.iiicc. l'es légende? de iiit'd,iill(>s. Ions ces doeiiiiit'iil-, ddiil cli.'u'im lions apporle un soinciiir cl |ir('S(|ii(' un cclio direet de la vérité, ont pour nous comme un accent (jiie ne remplace pas l'art le plus scrupuleux: et le plus sincère. Même isolés, même avaut (pir la critique les féconde par d'ingénieux rapprochements, ils ]>arlent directement (>t naïvement à notre esprit ; ils nous attirent comme autant de reli(|iu'S, et nous ne les regardons pas sans éprouver un seuliincul de cnricMix respect. Les vieux pai'clicmins, les pierres couvertes d"inscri])tious, nous a[tpoi'tent (|uel(|uet"ois des témoignages de la vanité ou du mensonge, et nous sentons qu'il les faut consulter avec défiance ; mais notre esprit se passionne à cette étude, comme il se passionnait à lire le récit d'un habile et impartial historien.
Or, 3Iessieurs, la recherche et l'explication des documents originaux de l'histoire, si petits qu'ils soient, c'est la science projire de ceux qu'on appelait autrefois tout simj)lement des antiquaires, et qu'on appelle plus ambitieusement aujourd'hui des archéologues. Ae disputons pas, pour le moment, sur l'utilité d'un uéologisnn: qui paraît consacré dans l'usage. Laissons les mots jMiui' ne nous occuper que des choses.
Sanssortir de noIic \ illc cl de votre déjiartenienl. navezvous pas sous la main, dans les Archives et dans le .Musée; d Orléans, mainte |ii('ce d'aidieiuité (fui ]>orle avec elle le témoignage naïf et clair d nii fait iniporlanl de votre lii<toi re ?
^'oici une inscription (jue mon confrère L. Renier coni- Mii'iilait naguère d'une façon magistrale, et (fui prouNc (pic le nom de Ge;môw?i apjiartienl au vieil Orléans, et non pas a (iicn sa voisine.
\ <iiei nne |)i(;rr(.' de î\Iesves([ni l'ail rexivre poui' nous le son\enir d'une di\iiiil('' locale, dans une \illc siluee sui' la