‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 126 sur 205 · XVII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE L'ORLÉANAIS · texte numérisé non relu

XVII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE L'ORLÉANAIS

tien avec sot ei sceau. Ce dernier, à son tour, n'eùt-on pas mieux fait de Fécrire et de le prononcer, comme autiefois, sccl? he^ sceaux de nos communes, de nos corporations, de nos anciennes seigneuries, ne causeraient pas à ceux qui les étudient (or, c'est là, vous le savez, tout une science) l'embarras d'une confusion déplaisante. Le moyen que les savants qui s'occupent de ces petits monuments se réunissent en société des sceaux? Aussi, ont-ils inventé, à leur usage, les deux lourds barbarismes sujUlographe et sigillocjraphie. Je serais trop long si je me laissais aller à ces plaintes et à ces regrets. Il faut conclure, pour ne point abuser d'une attention et d'une bienveillance qui me touchent plus que je ne saurais vous le dire.

Dans l'innombrable variété des formes et des mots qua produits notre langue depuis douze ou quinze siècles, il y a la matière d'une érudition qui n'a guère trouvé que depuis cinquante ans ses règles et sa méthode, mais qui faii sous nos yeux les plus rapides progrès. De ces formes et de ces mots, beaucoup ont, sans retour, disparu de l'usage, et ne méritent pas moins pour cela d'être recueillis, analysés, classés avec une rigueur scientifîc[ue, car ils expliquent souvent l'état actuel du français et, en tous cas, ils appartiennent à son histoire. D'autres répondent à la diversité des mœurs provinciales ; ils constituent ces dialectes, trop méprisés sous le nom de patois, qu'on a vainement essayé de détruire en un temps d'ivresse révolutionnaire (1) et qui

(1) Grégoire, « Rapport sur la ncccssito et les moyens d'anéantir les patois « et d'universaliser l'usage de la langue française » (lu à la séance de la Convention nationale du IG prairial an II de la République). Il est du reste remarquable que l'auteur de ce Rapport, où beaucoup d'idées justes et généreuses se mêlent au paradoxe, avait institué, en son propre nom, une véritable enquête dans toutes les provinces de France, pour y constater l'état de nos dialectes, le nombre et la valeur des œuvres littéraires qu'ils avaient pu produire. M. Gazier en a retrouvé les témoignages dans les papiers de Grégoire

LA TRADITION ET LES lŒFORMES.

oui hicti le droit de s'oItsIiiiiM' à vivre dans Iciii' indépendance, jxuii'vu (jnils n'entravent pas l'unité de notre vie nationale. D'ailleurs, ces dialectes peuvent toujours nous aider à enrichir, par d'utiles emprunts, le lexique dont l'usage restera comniini à la l'^-anee 1(miI entière. Etudier avec ordre, avec une sévère critique, ces richesses de tous les temps et de toutes les provinces, tel est aujourd'hui le tia\ail où s'attache et se passionne une école de savants qui s'appellent avec raison des romanistes, puisque l'idiome des Romains a fourni les principaux éléments de notre langue, puisque c'est en se transformant qu'il en a fait une des belles langues de l'Europe modem;'. .le voudrais, Messieurs, que la première société savante de; l'Orléanais prît une part plus active à ces intéressantes et fécondes recherches. De tous cotés lui viennent juxir cela les plus encourageants exemples. Chaque année voit paraître quelque grammaire, quehpie vocahidaire d'un de nos dialectes provinciaux. A Montpellier, s'est môme fondée récemment une Société |)onr l'étude des langues romanes, société qui prospère et (pii a déjà publié six volumes de mémoires. Sans vous enfermer dans le cercle de ces études spéciales, vous pourriez du moins leurouNrii' plus largement les portes de vos laborieuses séances, les volumes de vos belles publications. Ce serait ajouter un fleuron à votre couronne académique; ce serait agrandir la carrière où vous avez déjà si honorablement déployé de patrioli(iucs elforts.

lui-même, et il a publié, dans la Revue des Imigucs romaties, des pages intéressantes de la correspondance de Grégoire sur ce sujet. Tirage à part, in-8. Paris, Pedonc-Lauricl, 1880.

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