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XVII. — SOCIÉTÉ ARCnÉOLOGIQUE DE L'ORLÉANAIS

puisque les sénateurs que Claude amenait dans Rome comptent parmi nos lointains ancêtres.

Les poètes anciens ne sont pas moins éclairés que les prosateurs par de tels rapprochements. Que de pages dans Horace ont besoin d'un commentaire archéologique ! Quand par exemple le poète, dans la vingtième et dernière pièce du premier livre de ses Épitres, fait ses adieux au volume qu'il va lancer dans le public, le professeur qui l'explique devant ses élèves n'aura pas tout dit s'il leur a seulement fait sentir la gracieuse mélancolie de ses adieux; il y a plusieurs vers de la vingtième épître qui sont inintelligibles si l'on ne sait quelle était la forme et la condition des livres dans l'antiquité. On a écrit là-dessus de gros volumes; c'est un abus d'érudition dont il faut se garder. Au xviii" siècle, on avait retrouvé en Italie, parmi des ruines antiques, un encrier en argent; la découverte devint l'occasion de recherches minutieuses sur le papyrus, sur le parchemin, sur le calame, qui a précédé la plume pour l'usage de l'écriture, sur l'encre qu'employaient les scribes grecs et les scribes romains, etc.; ces recherches du savant Martorelli remplissent deux in-quarto dont assurément la lecture n'est pas nécessaire, si instructive qu'elle soit, pour un professeur de seconde ou de rhétorique. Mais, sans recourir à ces amas de lourde érudition, il trouvera les plus utiles renseignements dans l'ouvrage de feu Dezobry, intitulé : Rome au siècle d Auguste.

Ce qu'il n'y trouvera pas, c'est la mention de quelques documents moins connus et cependant bien précieux pour le critique jaloux d'ap[)récierau point de vue moral Horace et son ami Virgile. Une des choses qui nous choquent le plus chez d'aussi admirables écrivains, c'est l'adulation qu'ils prodiguent à l'empereur Auguste ; c'est surtout l'apothéose qu'ils lui décernent avant sa mort. Considérés isolément, de

232 LA THADITION KT LES ULFURMES.

tels li'ails semblent iiiiiciidoiiii.ililes; mais voici que tles monuments de ranti(|iiité nous aideront à les comprendre et à les juger avec plus d'indulgence. Les Grecs déjà avaient parfois décerné les honneurs divins à leurs grands lionini(>s: une inscription récemment découverte en témoigne pour Pliilojxrmcn. Cela nous étonne sans trop nous olTenser, Le même usage se retrouve comme une sorte de tradition olTieielie en EgN|>te, oîi les Plulémées sont l'iin a|)ivs l'autre divinisés comme Tétaient avant eu\ les Pharaons. Les sociétés païennes étaient donc l'amilières avec cette pensée d'élever au rang des dieux maint personnage qui avait joué sur la terre un grand rôle. Un exemple plus surprenant se montre dans une inscription grecque provenant de Cyme en Éolide, et que vous lirez, si vousen êtes curieux, au cabinet des médailles de notre Bibliotlu'([ue nationale; elle est presque certainement datée de la première année de l'ère chrétienne et, par consé(iuent, conlem|toraine d'Auguste et des deux poètes ses favoris. Or, on y voit les honneurs divins décernésàun sini|»le citoyen romain, Vaccins Labéon, bienfaiteur de cette petite ville. Si l'adulation descendait à ce degré dans l'ordre des dignités sociales, doit-on s'élonnei' (pTelle se permît l'apothéose anticipée d'un ('ésar, du fondateur d'un })uissant enqiire?

Dantres inscriptions, et souvent très nonilucnsi^s, nous aident à constater des usages, t\i's lois, (\cs insliliilioiis de la société grecque (|ui. saii< ces témoignages, nous resteraient absolinuenl liieonniis. Lu des plus touchants drames d"l']uri|»i(l(', \'I>j/i, nous montre attaché au culle d'Apollon dan» le templr de Delphes un jeiuie orphelin (|ui doil. au denoùmeîil de la pièce, retrou\er ses parents, (-"est, \onsle vo\e/., l'original du pei-sonnage d'I^^liaein dans VAf/ia/ir' de llaciiie. Ce genre de sei'\ice ou de seixiliide religieuse n'elail-il (|u'iiiie eveepliou. (priine liclioii même du poi'le?

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