‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 129 sur 205 · XVII. — SOCIETE AliCIIEOLOGIQUE DE L'OHLÉANAIS · texte numérisé non relu

XVII. — SOCIETE AliCIIEOLOGIQUE DE L'OHLÉANAIS

A quoi lient un pareil contraste ? Je pourrais Jà-dessns vous ren\o\er simplement à un chapitre du Voijarje (TAnarharsis, livre beaucoup trop dédaifi-né aujourd'hui, où lahbé Barthélémy signale la délicate coffuetterie des Athéniens dans le choix des noms qu'ils donnaient à leurs enfants ; mais quelques mots d'explication vous satisferont peut-être davantage. A Athènes, aucune loi n'imposait aux générations successives de citoyens la perpétuité d'un nom de famille ; à la naissance de chaque enfant le père était libre de lui donner le nom qui lui plaisait le mieux. Ordinaii'ement c'était le nom de l'aïeul, mais cela même ne se pouvait toujours, quand le père avait plusieurs enfants. En tout cas si. par quelque^ fàclnnix hasard, un sobriquet mal sonnant s'était attaché à la personne d'un citoyen, son fils n'en subissait point l'héritage. Cela n'était pas sans des conséquences bien gênantes pour la régularité de l'état civil ; nous en avons la preuve dans un discours de Démosthène. Mais enfin cela permettait aux compatriotes de Phidias et de Sophocle de garder jusque dans la désignation des p(u*sonnes certaines lois de décence qui sont un des (raits de l'atticisme. jNous trouvons précis(''m(Mit un tc'moignage explicite de l'usage athénien en matière de noms propres dans une scène des Niices d'Aristophane, scène qui reçoit à son tour quelque lumière par la comparaison des autres faits que je viens de aous signaler.

Par ce côté la tradition romaine se distingue nettement de la grecque. La loi romaine exige que sur le registre du^ cens un citoyen soit désigné par son nom de famille, ses jtrénoms et surnom, le nom de la triitu à la([uelle il appartient; vous reconnaissez là les origines de l'état civil tel qu'il est constitué aujourd'hui chez tous les peuples de la grande famille européenne.

(iC souvenir me ramène à l'un des auleiu's les plus juste-

23U LA TlUianON I:T I,ES IlÉFOIiMI-S.

incnl admires dans nos classos, au llomaiii Tacilc. .Nos rlu';toriciens cxpliqiicMit dordinaire, dans le \l' livre de ses Annales, le discours dans lequel rempercur (llaude cncourap:c le si'nat à faire bon aecueil à une pcci'ue de sénateurs qu'il veut y iiilrodiiii'e et (|iii son! oriiiinaircs de la (Jaule. On signale volontiers à nos élevés les savantes leçons de politique contenues dans ce discours. A la bonne Jieure! Mais, depuis quelques années seulement, et sucles instances des critiques et des antiquaires, nos rhétoriciens ont appris que l'original de ce morceau oratoire existait au musée de Lyon, qu'il avait été découvert dans cette ville depuis plus de trois cents ans, ([iie plusieurs éditeurs de Tacite Tavaient réimprimé cw regard de la version très libre ou plutùt de labrégé (jue riiistorien latin nous en donne : l'approeliement plein dinslruclion pour la cri(i(pie. IJi elTel. nn s'est toujours demandé (jucUe contiance méritait le texte des belles harangues dont les annalistes grecs et romains ont coutume d'oi-ner leurs récits. On savait que plusieurs de ces harangues doivent être de leur invention et ({ue, là même où les originaux étaient entre leurs mains, ils n'avaient guère pu les rejtroduire intégralement; mais la comparaison du texte Kdiinais avec celui de Taeile mellail clairement à nu le procédé lro[) artificiel des historiens classiques; elle nous laissait voir (juelle liberté se j)ermettait le plus austère des historiens dans ces sortes de remaniements. Chez Tacite, Claude parb; avec la noble dignité d un emjtereur ; sur les tables de Lyon, oii le discours aiillienli(jue nous est parvenu, le véritable Claude étale avec naïvet('' son pedanlisnie d Crudil.sa lU'gligenccMri'-crivain. i'ist-il besoin d insister sui' lintérét (|ui s'a t tac lu; à ces sortes de pai'alleles? Je n'y ajouterai (pi'uuiî rer,îar(pie : c'est (pu' le document retroiivti à Lyon et (pii, lielasi n'est pas complet, est a vi'ai dire la jdiis ancienne cbaiie de notre histoire nationale,

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