XVIII. — ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAlXItS
science complète sur les matières de droit public et de droit privé chez les Grecs. M. Fustel de Coulanges, sous le mot Attica respublka, nous présente le sommaire des recherches et des idées ingénieuses qu'il a jadis exposées dans son beau livre sur la Cité antique. M. Heuzey, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts, s'est chargé de tout ce qui concerne l'histoire du costume; M. Boissier, de l'histoire du théâtre romain. J'en omets, et des meilleurs. Mais puis-je oublier de rappeler l'excellent et spirituel Ernest Vinet, l'antiquaire et l'homme de goût si apprécié que nous avons perdu l'an dernier !
Quelques articles vont bien au delà de ce qu'on y cherche. Je trouve signalés dans le charmant livre de Sénèque Sur la brièveté de la y/e(chap. XI) certains oisifs, habitués des basiliques, et que, le soir, en chasse non sans peine l'arrivée des chiens de garde : Quos a basilica ijnmissi demum canes ejiciunt. Là dessus, je vais au mot canisànn?, le Dictionnaire, et j'y lis un chapitre en forme sur les chiens, sur les races que les anciens en ont connues, sur leur domestication, sur les services divers auxquels on les employait, sur les modèles qu'ils ont fournis à la peinture, à la sculpture, etc. C'est un habile humaniste, M. Gouo-nv, qui, avec l'aide sans doute de M. Saglio l'antiquaire, a rédigé cette monographie. 3Iais elle me conduit au mot basilique, où je remarque une erreur légère. On y si'^nale comme gardée par les chiens la basilique Porcia, dont Sénèque ne parle pas dans le passage latin que je viens de citer, et auquel on nous renvoie. Dans l'article même de M. Cougny, une erreur simplement typographique placeau troisième siècle après Jésus-Chrisl le règne de Ptolémée Philadelphe, qui est du troisième siècle avant notre ère. Rien ne sera plus facile à corriger. Il faudra aussi chano-er le titre d'un ouvrage grec que M. Gougny appelle les Heures
Egger. \ G
Samicnncs. Le vrai titre serait A?înales saynieimes (1). Après ces petites erreurs, que je relève par acquit de conscience, faut-il parler de quelques lacunes? A l'article Amnistie [Amnestia; le mot et la chose sont d'origine grecque), pourquoi ne lit-on rien sur lanuiislie, hélas I peu durable, qui lui lnuyainmeut proclamée à Rouie ajjrès la mort de César? De tels souvenirs ont en ce moment ime opportunité particulière. Larticle Archives [Archcioii] me semble trop court aussi pour l'importance du sujet. On aimerait à y voir distingués, pour la matière et pour le contenu, les documents sur marbre et sur bronze, les documents sur planches de bois, sur diverses espèces do papier. Les trois mille tables de bronze rétablies à Rome dans le Taôî^/«;7'2<??i du Capitole par Yespasieii, après Tincendie (jui avait détruit cet cdilice, ces trois mille tables (jue Suétone appelle instrumetitian bnpcru pulcher/'imiim, ne rcjjrésentent qu'une espèce d'archives. 11 y en avait bien d'autres plus sujettes aux ravages du feu. Assurément, l'inscription sur une matière dure est la forme la plus ancienne de consécration cl de ])ublication officielles ; mais, avec le teinps et le progrès des formalités administratives, avec la diffusion du [»;ipicr, on recourut sans doute à des moyens moins coûteux de reproduire les actes publics sur des feuilles de parchemin ou de pajtyrus. Ces documents se multipliaient, s'entassaient dans des dépôts où ils tenaient moins de place, mais où ils étaient exposés à beaucoup plus d'accidents. Tout cela murilail [»eul-èlre une explication plus détaillée.
Le lecteur n'éprouvera-t-il pas un inécouipte plus grave quand il cherchera ou \;iin uuarlii'h; Antiquaire on Archéu-
(1) Le vieux mot grec /iôrof signifiant aniici; et employé au pluriel désignait des annales de cité. Ce mot, diversement nllcrc dans les manuscrits et dans les éditions des auteurs, a causé mainte méprise aux traducteurs modernes.