XVIII, — ANTIQUITÉS GRECQUES ET ROMAINES
chcsses est cfuelquefois une cause d'embarras dans l'usage de nos dictionnaires ; mais aussi n'est-elle pas, pour de jeunes esprits, une occasion précieuse de s'instruire à première vue, dans les riches articles d'un lexique latin comme celui de M. Quicherat ou celui de M. Lebaigue? Bien plus, j'entends dire que, par cela même, ces livres, lorsqu'ils parurent, ont fait sensation parmi les bons écoliers, par la variété des renseignements qu'ils mettaient à leur disposition, et cette variété laissait encore une assez large place à la sagacité personnelle des jeunes traducteurs. On va leur imposer un autre genre d'efTorts, au moins pour les jours de composition ; Dieu veuille que les résultats répondent aux bonnes intentions des réformateurs! Je ne demande pas mieux que d'être prochainement converti par le succès.
En tout cas, il ne faudrait pas décourager les lexicographes d'améliorer et de compléter sans cesse les vrais lexiques de la langue grecque et de la langue latine, en y faisant entrer le plus qu'ils pourront de la riche matière que leur offrent les auteurs anciens. Les maîtres surtout ne s uiraient avoir sous la main, pour leur enseignement journalier et pour leur travail de correcteurs, des grammaires trop riches et des dictionnaires trop complets. Je vais même jusqu'à souhaiter que tout professeur ait dans sa bibliothè([ae un de ces volumineux dictionnaires comme ceux de Forcellini, de Freund ou de Georges pour la langue latine, et d'Henri Estienne pour la langue grec(jue. Le vieil Estienne avait bien eu raison d'appeler Tréso)' son Dictionnaire de la grécité qui, de quatre volumes, s'est grossi jus(ju'à neuf dans la belle édition publiée parla librairie de l'helléniste A. -F. Didot. Ce sont en effet de vrais trésors que ces recueils où se trouvent rangés par ordre alphabétique tous les mots d'une langue, accompagnés
246 I..\ TRADITION KT I.l'S liETOliMIiS.
(l'cxoniplcs (>\ti'ails des .lulciii^ le-; [iliis divci-s; avec le sens dos mois, on y n|(j>i'(Mid aussi les clioscs; avec la <j:ranimaii'C, on v apprend rai'elu'olouie. Je ni(> souviens (et Ton pardonneia hien ee SDUveuii' à un vieux prof(>sscur) (juinie de mes premières ac({uisitions, lorsque j'entrai dans renseignement des lyeées, fut un exemplaire du lexique latin de Foi'cellini, le meilleur alors ([ue l'on pût consulter, eidui ([lie me recommandait à ee litre le vénéral)le ^ ictoi' Le (ilere. .l'y trouvais amplement de ([uoi expliquer avec une honnête érudition, devant mes élèv(\s, el (VieiMoii, c\ Virgile, et Tacite. Ma méthodi^ de pn-paralion était un peu laborieuse sans doute, mais très instructive. Ajoutez qu'elle était assez économique, car les (piatre volumes infolio de Forcellini me dispensai(>nt de mainte édition savante des classiques latins, dont l'achat eût vidé ma bourse et encombré ma bibliothèque alors bien étroite. Les neuf volumes d'ilenri Estienne, que la librairie Didot vend à des conditions si douces jxxir la modeste InrtiiiK^ des professeurs débutants, leur peuvtMit i-e'idre un semblable siM'vice. En fait de langue fi'aneaise, le grand Dictionnaire de Littré qui. Dieu merci! a fait rapide fortune j)armi toutes les classes de lecteurs, ne fournit-il pas les meilleurs éléments d'un commentaire historique et grammatical de nos classiques français? Cela soit dit sans décourager les ])bilologues éditeurs qui gardent tous leui's droits à la reconnaissance el à l'estiuHî des érudils et des hommes de goût.
J'ai pai'lé de ralliance des choses et des mois dans l'explication des auteurs aneieiis. E'esl là une des l'ccoinmandations qui, sous toutes les formes, se r(q>roduis(Mit aiijoiiid'hui à l'adresse des maîtres. Mais la l'ccommandation n\!st pas neuve. Pour n'en citer (pTune preuve entre plusieurs, en 18.10, elle élail expi'imée très liant par un professeur, aloi's j(Mine. de II niv(M'sit{', dans une