‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 14 sur 205 · I. JOSEPFI-VICTOR LE CLEHC · texte numérisé non relu

I. JOSEPFI-VICTOR LE CLEHC

(les vers en dialecte éolien; et ces difficiles liardie.^ses nous rappellent, en plein xix" siècle, Fécole des Estienne et des Casaubon. S'il réalise un projet de Fénelon en rédigeant pour la jeunesse une Rliétorique, môme dans ce modeste manuel on voit percer le profond connaisseur des anciens. Une édition complète, ave- traduction en regard, des œuvres de Cicéron, l'a surtout désigné à vos suffrages : c'est que là encore se joignaient aux leçons du goût celles de l'érudition. Pour ce grand travail, M. Le Clerc s'était associé plusieurs habiles collaborateurs; mais sa part de philologue y était restée distincte et principale. Enfin ses dix années d'enseignement public, dans la chaire d'éloquence latine à la Sorbonne, avaient achevé de le recommander à l'estime des connaisseurs, comme un des premiers critiques de notre temps, dans les matières d'antiquité.

L'Académie, qui le récompensait en l'appelant à elle, put bientôt se féliciter à son tour dun pareil choix. Ses beaux mémoires sur les Annales des Pontifes, et sur les Jonrnaur chez les Romains^ montrèi^ent ce que valait son ferme jugement, aux prises avec les plus délicates questions de l'histoire romaine ; ils ne firent pas moins apprécier en lui les qualités, chaque jour plus sévères, de l'écrivain. Aussi, lorsque la mort ouvrit une vacance dans la Commission chargée, en votre nom, de rédiger VHistotre littéraire de la France, l'Acadi-mie n'hésita pas à v faire entrer M. Le Clerc. Subitement appelé sur ce terrain un peu nouveau pour lui, 3L Le Clerc s"y engagea aussitôt avec une vive et méthodi([ue ardeur, si bien qu'en peu d'années il avait à la fois doublé (c'est beaucoup dire) sa bibliothèque et les richesses de son savoir. H apportait à cette œuvre un mérite qu'on pouvait dire original, même après les Rivet, les Brial et les Daunou : on n'avait pas encore exploré notre vieille litiératiire a\ec une si parfaite

i.\ TiiAniTiON i:t les uéformes.

cnniiaissMiiri' (\r< lit Ii'm'.iI lires i:f('C([iic o( 1,-itino. (jiii mil lait rfiliif.ilioii .11' I (U-ciilciit l'Iiri'ticn, et (('Ile connaissaiii't' l'Iail mil' iiirrx cillcii^c jin'|(arali(iii |M)tii' a|i|ir(i|(iii(li r cl a|i|>i('(i('r toutes les tiaiisloniiatidiis des iauuiics, des iiivlitiitiims. (les idées. (|ui reiii|)lisseiit le moyen àjjo. Le enllaliuiMleiir di' -MM. l.ajard. l'aria el j-^aiirie! lui liicii \ile <aliie par eii\ eoiiiiiu' leiii' |ii'ésideiil naturel. Il devint le • niitle sur de leurs travaux et le consciencieux éditeur de roiivi-aixe où concouraient tant de volontés studieuses. Mais le< eveelleiiles notices (\u\\ a fournies en si grand noniln-e à riiisloire du xnT' siècle, ne devaient pas être le deruicielloit d(> son talent, sans cesse alTenni etassoupli par Texer- <-iee. On \eiiait d'atleiiidre le xiv'' siècle ; il a (dé donné a Al. Le (llerc d'en tracer le tableau jiénéral, tableau qui. |U"éjtai'<'' i»ar vingt ans de recberchcs et de méditations, écrit d'une main vraiment magistrale, restera son chef-d'œuvre. Il en avait conscience, et nous ne Ten blâmerons pas, ]mis(]ue cette conscience de la pleine malui'itt' de son talent ne la l'endii que plus scrupuleux el |dns exigeant envers bii-inème. D'ailleurs, ne loublions pas, notre confrère sa\ail. il aimait à rappeler avec une modestie sincère, ce (|ue, dans ces œuvres collectives et continues, comme \' Histoire littérdirc (le la Fnnicr. le mérite de clia(pie auteur gagne à s"appu\er sur la science de ses collègues et sui' les exemple^ {\r< inailres. Il a jugé ses devanciers dans le Ira- \ail eoiiiMiuii. a\ee nii respect et un accent de piété (pii tonidie a I eln(|iieiiee. On ne le regi'ellera |tas |i|ii.s (jnil ne lex regrettait lui-même; on ne le louera pas mieux (piil ne lésa loïK's. Ses successeur^, en |irolitanl de^ matériaux ijii il aii'.asvail leiileuii'iil el pal ieiiiiinii I poni'enx. ne laisseront rien perdr(\ \ous en ili's ^iii^. .Messieurs, ni de ses lraililion<. ni de raiitorite «pii s attachait à lesprit libéral ♦•t ( |r\r de «-a eiitiipie.

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