JOSEPH-VICTOR LE CLERC
Messieurs,
Lue (les lumières de rinstitut vient de s'éteindre. Après trente ans de coopération dévouée à tous les travaux de l'Académie, M. Victor Le Clerc nous est ravi, en sa soixanteseizième année, dans la plénitude d'une intelligence que n'avaient atïaiblie ni les infirmités de l'âge ni les fatigues d'une carrière constamment laborieuse. Le dernier vendredi d'octobre, nous l'avons vu parmi nous, à son poste d'activé assiduité; le jeudi suivani, un coup soudain et dont les suites devaient être mortelles, la surpi'is au milieu de ses plus chJ'res occupations. Depuis quelque temps déjà, nous tremblions pour lui; mais nos cœurs s'ol»stinaient à l'espérance. Nous savions tous ce que l'Académie devait à
(I) Discours prononcé le -jour de ses fiuiéraillcs (14 novonibrc 1805;, par M. Egger, au nom do l'Académio des Inscriptions ot bolh's-lcttros.
Egger, I
LA TIUUITION ET LES HÊFÛRMES.
son zi'Ic. ;i son niiiiiciit >,i\(iii', ;i s;i \ iiidiiiTiisc r.iison il lii^toiit'ti l'I lie criliiinc : ikhi^ s,i\i(tiis ce (|ii"fllo en pouvait altcmirc riicorc La l*nt\ idciicc en avait aiiticiiiciit
déci.i." :
An jniiid'liiii. ,M('v>ii iif>^. les souvenirs vl los st'ntii'n'iits (|ui nous imissiMil ciniis autour tl-o cvWv toinbo, ne iicummiI li-ouNcr iri Icui' coiiiplcte cl l(''p:itiin(' cxju'ossiou. l'ouriiia (lait. (li'vaiil le ccrcui'il dUn maître et ami viMK'rt', j'aurais licinc a -iirmonît'r mon émotion, poiiivous racoiiter celte loiiLTue et luilile vie. c[ je suis JuMireux de jtouvoir, au moins, jtaptaiicr une tâche si douloureuse avec le digne itilerjirete des i'eL:rets de l"l uiversiti' (1).
(lest II nivcrsité, en ofli-t, qui vous donna .M. ^ iclor Le Clerc. Il y avait di'lmté comme élève, et bientôt comme pi'oCcsseiii', jtar de luillaiits succès; mais, de bonne lunire, ou put deviiUT chez lui, sous l'élégant humaniste, la vocation de l'eriidit. les ambition^ et les goûts (pii le prédestinaient a dexenir un joiii' le modèle des ac;idémiciens.
An milieu d Une renoNalion des études, oii pi-édominail l'emplit de la eiitiipK' littéi'aire. les livres (pu' publie alors le jeune protesseiii' nous le montrent déjà i'amiliei'. j>ar ses leeluie-, a\ee tou^ les àg(>s de lantiquite grecque et latine. S il cnnqiose mi icein'il de textes grecs à lusagc! des classes, s il tiadiiil et commente de^ exti'aits de Platon, c'est en" htdleni'^le qui a remue hieii d autres livi'e< (pu' les nu)di'les cla>--iques. et ipii <e jdail aux conq»araisoiis sa\antes, aux l'approclienn'iit^ curieux. S'il continue à veisilierau sortir lin collt-ge. le laliii e| le liaiiçais ne suflisent pas à ces jeux de mmi esprit: il écrit des vers grecs, ipu- dis-je?
(I) M. l'.iiiii, profossfur do poôsio latine à la Faculté des Lottrps, où il surcoda coiiinic doyen îi M. J.-V. Le Clerc — Noir aussi la notice de ^\. (iinirniaul (Paris, IKHC), et colle de M. Henan, insérée en tOtc du tome \XV de ïllistoire lillt'rairc d'' In l-'rn>i<>' (Paris, I8G'J).