‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 148 sur 205 · XX. — ÉTUDES GRECQUES DANS L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

XX. — ÉTUDES GRECQUES DANS L'ENSEIGNEMENT

qu'elle ne rétait au temps oii Barthélémy en présentait le tableau dans le Voyage cC Anacharsis . Les fouilles des antiquaires ont mis à nu des milliers d'inscriptions, parmi lesquelles beaucoup sont de première importance pour l'histoire ; d'heureuses découvertes dans les bibliothèques nous ont rendu maint ouvrage d'un caractère classique, comme les fables de Babrius, et les papyrus d'Egypte viennent de nous rendre trois discours inédits de l'orateur Ilypéride, le contemporain et le rival de Démostbène. Encore, neparléje pas des acquisitions nombreuses dont s'est enrichie la littérature ecclésiastique. De tous côtés donc, l'esprit des amateurs de Tantiquité voit s'ouvrir des horizons nouveaux, reparaître des chefs-d'œuvre qui s'imposent à l'attention. Que dire des sciences naturelles et mathématiques, de la chimie et de la physique surtout, dont on s'occupait si peu dans nos classes au temps du bon Rollin, et qui depuis ce temps se sont transforméespar d'innombrablesdécouvertes? Aussi, lorsque tant de nouvelles nécessités nous forcent à étendre, à varier l'enseignement secondaire, il faut bien nous résigner à en changer les conditions et la méthode. La vieille pratique de nos collèges avait des qualités excellentes, nous n'avons pas à en rougir; mais les temps nouveaux ont des besoins qui demandent une juste satisfaction. Avant tout, nous cherchons des heures vacantes dans cette journée scolaire qui nous offre toujours, comme autrefois, douze heures à peine pour le travail. Si donc, parmi les exercices qui les remplissaient, il y en a quelques-uns ([ue l'on peut restreindre ou supprimer sans trop de dommage, c'est un sacrifice auquel il se faut résoudre. Tel est le sort des vers latins; je regrette pour ma part leur disparition sur nos programmes d'étude, mais je crains bien qu'elle n'ait été nécessaire. Tout au jdus demanderais-je qu'on leur laissât le rôle d'exercice facultatif. Certes, Dieu me garde;

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dt' iiu'clire de la musc lafino! Jo lui dois dans ma carrière quelques succès dont je lui suis l'econnaissant, et si je me croyais moins refroidi par Fàge je voudrais écrire en sa langue son oraison funèbre. Mais je ne me flatterais pas de la rappeler à la vie.

D'autres changements parmi ceux qui viennent d'être décidés sont peut-être discutables, mais ce n'est pas le lieu d'en parler ici. Je voudrais seulement vous faire comprendre comment l'étude de la langue et de la littérature grecques, accommodée au nouveau régime de nos classes, pourrait avec beaucoup de lectures, d'explications et peu d'exercices pratiques, conserver une grande efficacité. A cet égard, je n'ai point à faire efîort pour me mettre d'accord avec l'esprit novateur qui souffle à travers notre Université, et ce que je recommande aujourd'hui, je puis me rendre le témoignage de l'avoir déjà recommandé, soit dan? ce cours, soit dans ([uelques pages dont je vous prierai d'entendre la lecture.

Pour dire là-dessus ma pensée en quelques mots, si Ton veut que renseignement des lettres grecques ait toute son utilité, il faudrait que nos professeurs fussent plus grammairiens, plus historiens, et môme un peu antiquaires.

Plus grammairiens, ils posséderaient mieux l'ensemble de la langue grecque, ils en connaîtraient mieux les rapports avec le latin et le français, et ils sauraient faire la |(lace dans leur enseignement journalier à la démonstration de ces rapports, sans imposer pour cela plus de fatigues à leurs élèves, sans dépenser plus de temps que l'on n'en consacre aujourd'hui à l'étude des langues anciennes. On a fait, il y a vingt ans, une expérience que le ministre de l'Instruction pu!)lique, dans sa récente circulaire, juge prématuré(> pour le teuii)s où on l'essaya et qui, en tout cas, est devenue tout à fait o]>j)ortune. Cette expérience échoua

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