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XXI. — OBSERVATIONS SUR L'ENSEIGNEMENT DU GREC

faire une place, dans le travail journalier, à tant d'exercices qui se disputent les heures laborieuses de nos élèves. A la rigueur, il suffit que le thème grec soit maintenu pour les classes élémentaires (et nous souhaiterions qu'il fût rétabli au moins en Troisième), comme moyen d'enseignement grammatical. Même en ces limites, il peut, sans prendre beaucoup de temps, rendre de véritables services. A cet effet, il conviendrait de recommander Tusage des traductions orales du français en grec. Bien dirigé par le professeur, cet exercice, qui, d'ailleurs, est déjà pratiqué dans nos classes, otfre deux avantages considérables : d'abord il habitue les élèves à trouver de mémoire les mots et les formes, et à faire valoir sur-le-champ ce qu'ils ont appris dans les grammaires et les dictionnaires; puis il les habitue à prononcer plus couramment hi langue grecque.

10° Une mesure beaucoup plus grave est indiquée dans le rapport de M. le Ministre, et elle a trouvé quelques défenseurs dans le sein de l'Association : ce serait « de sépac reries cours par nature d'études et de répartir les élèves, « non plus, comme aujourd'hui, d'après le numéro de la « classe, mais par ordre de force dans les facultés princi- « pales (1) ». Cette réforme aurait pour conséquence de créer des professeurs spéciaux pour le grec, comme il y en a pour l'histoire, et quelques personnes pensent qu'étant, par cela même, moins nombreux, ces professeurs seraient plus facilement induits à suivre une voie nouvelle oii l'enseignement du grec serait assimilé à celui d'une langue moderne. Mais de très graves objections s'élèvent contre une telle assimilation. D'abord, en devenant spécial comme celui de l'histoire, l'enseignement du grec serait moins

(1) Rapport à l'Emporeur, p. 150 (en tète de la Statistique de l'Enseignement secondaire en France eu 18GÔ. Paris, 18G8, in-4).

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éj^alcmcnt suivi qu'il ne l'est jus([u'à ce jour par tous les élèves d'une classe. Puis le grec, que nous éludions dans les classi([urs anciens, surtout dans les poètes, est vraiment une langue morte : nous Tétudions pour les hautes leçons de morale et de goût que Ton tire de la lecture des chefs-d'œuvre littéraires; nous l'étudions aussi pour son iitijilé j)hilologique. L'intérêt prati([ue de cette étude, en vue de nos rapports avec les Hellènes d'Orient, est jusqu'à présent secondaiic. Pour satisfaire à ce dernier intérêt, il suffira que, d'ahord à l'Ecole normale, on institue des exercices réguliers de prononciation grecque orientale, qui soient dirigés par un Hellène; cela ])i'éparerait chaque année une vingtaine de professeurs à pratiquer cette prononciation et à connaître la langue du maître qui en enseignerait la pratique. Le séjour de tant de jeunes Français à l'Ecole d'Athènes a déjà contrihué beaucoup au progrès de ce rapprochement entre l'enseignement universitaire et la société savante de la Grèce régénérée. La mesure que nous proposons ferait circuler (}uel([ues idées nouvelles parmi nos professeurs, sans troubler pour cela le régime de nos classes, qui repose tout entier sur l'étude également oldigatoire des trois langues et des trois grandes littératures grecque, latine et française.

11° Un dernier point nous était signalé, soit par nos collègues présents, soit par nos correspondants de la province. Partout, on regrette ([ue l'explication des auteurs grecs n'ait plus de note spéciale dans l'exanum pour le baccalauréat ; il en résulte que les candidats s'exagèrent, à cet égard, les facilités du règlement et l'indulgence de ceu\ qui l'appliquent. En réalité, l'explication grecque compte pour une notable part dans la décision du jury d'examen ; mais il vaudrait mieux éviter l'apjiarence même d'un désaccord entre la forme et le fond du jugement.

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