XXI. — OBSERVATIONS SUR L'ENSEIGNEMENT DU GREC
Les considérations et les propositions qui précèdent ne paraîtront peut-être pas répondre entièrement à Timportance du sujet qui nous était soumis. Mais la pluralité des personnes dont on résume ici l'opinion pense qu'il ne conviendrait pas de songer, en matières d'études grecques, à des réformes radicales, et qu'on peut obtenir beaucoup de bien sans changer notablement le régime actuel de notre enseignement secondaire. Si les pères de famille sont de plus en plus persuadés que les études grecques forment une partie essentielle de toute forte éducation ; si les professeurs qui dirigent ces études ont conscience de remplir là un noble devoir, et s'ils croient ne savoir jamais trop bien la langue et la littérature qu'ils ont à enseigner, alors leur zèle suppléera sans trop de peine à ce que toute méthode a d'imparfait. La grande génération des lettrés français du seizième et du dix-septième siècles s'est formée avec des livres élémentaires dont l'imperfection nous étonne aujourd'hui : c'est que, si les livres et les méthodes ont leur efficacité, ce qui importe avant tout au succès de l'enseignement, ce sera toujours le savoir et le dévouement des maîtres, la confiance et le courage des élèves.