HENRI PATIN
Messieurs,
En la personne de M. Henri Patin, la Facnlté des Lettres perd aujourd'hui non seulement un chef aimé, honoré de tous, mais un des plus parfaits représentants de notre profession.
Pour tous les hommes de labeur consciencieux, pour tous les maîtres de la jeunesse, c'est une vie pleine de bons et encourageants exemples que celle de l'homme qui, en cinquante années, s'était élevé, par Jetaient et le travail, des modestes fonctions de professeur de collég-e auv postes éminents de doyen de la Faculté des lettres de Paris et de secrétaire perpétuel de l'Académie française. L'un des premiers et brillants élèves de l'Ecole .Normale en 1811, M. Patin débutait, en 181.3, dans une chaire du lycée, alors français, de Gand en Belgique, puis au collège de Meaux. L'agrégation, le doctorat, plusieurs succès dans les concours académiques, lui méritaient bientôt de rapides avancements qui, du lycée Bourbon et du lycée Henri IV, le
(1) Discours prononco h; jour do ses fiincraillos (le '20 février 1870), par M. Egger, au nom de la Faculté des Lettres.
iMiilricill (I .ilMiid ,1 iiiic ((ilirciriicc d.ilis le si'ill de ri']colc Niuiiialf. a une --iipiili'am-c. ciiliii .1 une [ilacc de titulaire (laii- la l'aciiltc de l*;iiis. dont il devait |iliis tard d('^(Mli^ le dn\cii. (.rs| a la SnilKtiiiic (|ii('. daiis la (diaii'c d"(''l(>(jii('nce IVaiicai^i' et ^iirttMit daii'-la cliairi' de [xx-sic latine, nous ^a\lln'^ \ii >-i IniiLîtein |)-- pidles^er a ver 1111 l'idiuienx aiiioiir du de\(Hi'. a\ec |(Mile I aidoi'ite dii savoir et du lioùl le |tlus délicat. Le caractère [iropre et, a (|U(d([uos éfrards, original de •^es leçons l'ut d unir eti'oiteuH'iil renseiiiiuMinuil de I histoire litlei'aire id cidiiides lanuucs aneiennes, dont il avait à l'aii'e ap|»reriei- les cli(d"s-d"(rnvr(>. A pari ti'ois (dojxcs acadeini(jues et (|U(d(|Hes noiices sur ^\^'< écrivains C('Ièbr(?s, tous les ou\raL!es qu il a pul)lios proviennoiit de ces excellentes leçons, et les reproduisent avec une fidélité générale qui fait ([n'en "le lisant, on croit toujours entendre sa parole élégante et grave, nourrie de la j)lus solide science, attentive jus(pi"au scrupule a ne rien affirinei' (pii ne s'ajipuie sur un ti'Uioignage |>récis. ou sur la niaturilc' d'une longiu' uiedilation. (le sont les fruits de cette undliode sc'vèi'e. ([ui douneni tant de valeur aux rares leçons douverture qu'il a pris Je soin (le rédiger, aux articles dont il a enrichi le Journal des Snrnnts, articles presque tous consacrés à des livres con- •ei-nant lessujids hahituidsde sou enseigneniiMit : à sa traduction d lloracr, écrite pres(fue tout entière, au jour le jour, pour ses auditeurs de la l'^acidli', eulii) et surtout à S(>s ludle-^ l^tudes su r les Ti'agi(|ues grecs, mon uinen I tiniipie peut-être eu sou geui'e. certaineuuMil le |dus l't'gulieipal' les |iinporlions. le |dus précieux, parla \ arieli' couiuie pai- la surele de reniditioii. (|u ait pn»duil. depuis la lieu li-saiice. l'école de> hellenisles fiançais. Ti'ois l'-ditions d un tel oii\rai:e. éditions doii I (diai'iine aun'diore et <'oniplele 1,1 |iii<'edente. m- sont pas uuuiediocre honiu'ur pour la lilleialiire sa\anle de notre pa\s. Les élevés de I Lcole