‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 164 sur 205 · XXII. — L'HISTOIRE LITTÉRAIRE DANS LES LYCÉES · texte numérisé non relu

XXII. — L'HISTOIRE LITTÉRAIRE DANS LES LYCÉES

sièclo d'Augiisle. Ce n'était là qu'un essai, mais qui n'a pas été sans protît pour les études latines. Un essai du même oenre devrait être tenté pour l'étude historique de la langue grecque. On rendrait un grand service aux maîtres et aux élèves, si l'on savait réunir et classer en un petit volume de courts spécimens du grec parlé dans les divers âges de riiellénisme, et dans les divers pays où il s'est développé avec de si nombreuses variétés. Un épigraphiste allemand, M. Gauer, a publié naguère un recueil de ce genre, mais dans lequel ne figurent que des textes conservés sur la pierre ou sur le bronze. Il y aurait lieu de choisir et d'insérer dans le cadre d'un tel recueil quelques pages des auteurs dont les ouvrages se sont conservés dans les manuscrits. Pour ne pas trop excéder les dimensions raisonnables, il faudrait sacrifier beaucoup de documents épigraphiques et faire ainsi place aux textes purement littéraires. Le mélange de ces deux classes du textes fournirait l'occasion de maint rapprochement curieux, rectifierait bien des idées fausses sur l'orthographe et la prononciation de la langue grecque, ferait circuler mainte notion nouvelle sur les institutions de l'ancienne Grèce. Par exemple, tel document rédigé en vieille langue éolienne se trouve le plus ancien traité de paix que conservent les archives diplomatiques de l'Europe; tel décret athénien, contemporain d'une tragédie d'Euripide, montre sous quelle forme étaient lus alors les drames de ce poète; tel autre, qui contient un registre des dépenses publiques pour l'un des plus beaux mcuiuments de l'Acropole, est le commentaire naturel des belles pages de Plutarquc sur ce sujet dans la Vie de Périclès. Ces comparaisons et ces excursions d'un domaine dans l'autre seront naturellement très limitées par la prudence des maîtres qui n'ont pas à former des érudits de profession ; mais, renfermées dans ces justes bornes, je ne saurais dire

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Je vais plus loin, et je dénia iule si, pour renseignement des règles élcmenlaires du grec el du latin, on ne pourrait pas utiliser des inscriptions courtes et claires, dont chacune aurait l'avantage de fixer la règle par un exemple formel et de laisser en môme temps dans la mémoire le souvenir d'un fait historique important. Ces sortes d'exemples ne seraient pas jilus longs que d'autres et ils oifriraient assurément à l'esprit des écoliers une nourrituic jdus agréahle que ne font tant de phrases détachées un peu au hasard du texte des auteurs anciens, ou même inventées par le grammairien moderne, qui s'en sert pour appuyer chaque règle (1).

Ces réflexions et ces conseils auraient peut-être besoin d'être éclairés par quelques exemples. Faute de temps aujoiwd'hui. (|u"il me suffise de les recommandera l'altenlion bienveillante de nos collègues. Nous serions heureux si elles provoquaient de leur j)art d'autres conseils ou d'autres propositions utiles au progrès de nos chères études classi([ues.

(1) Vo}\ plus haut p. 357 et suiv.

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